Hausse de prix assurance auto : un français doit débourser en moyenne 630€
630 euros par an en moyenne pour assurer sa voiture : le chiffre publié fin 2022 par les comparateurs cache des écarts de un à trois selon l'âge, la motorisation et le département. Voici qui paie plus, qui paie moins, et pourquoi.
La moyenne nationale est le pire indicateur qui soit pour un automobiliste. Personne ne paie 630 euros. Un conducteur de 60 ans en Bretagne, au tiers, avec vingt ans de bonus, tourne autour de 450 euros. Un permis de deux mois à Paris, tous risques, dépasse les 1 200 euros. La hausse d'environ 3 % constatée entre 2021 et 2022 s'est d'ailleurs appliquée de façon très inégale : elle a surtout frappé ceux qui payaient déjà le plus cher.
Pourquoi les primes ont augmenté à partir de 2022
Deux mécanismes se sont additionnés cette année-là, et ils n'ont rien de mystérieux.
Le premier tient à l'atelier. Le prix des pièces détachées a bondi d'environ 10 % en France sur l'année, avec en amont la pénurie de semi-conducteurs et la hausse du coût des métaux. Résultat : le coût moyen d'une réparation a progressé de l'ordre de 3,5 %. Comme l'assureur paie les réparations, il répercute. C'était l'année où tout montait en même temps, du panier de courses au coût des stades de la Coupe du monde 2022, en passant par le prix d'un vélo électrique ou celui des modèles d'iPhone 14 vendus en France.
Le second tient au climat. Les épisodes de grêle de juin 2022, particulièrement violents dans le Sud-Ouest et le Centre, ont endommagé plusieurs centaines de milliers de véhicules. Une grêle sur une carrosserie, c'est un débosselage sans peinture au mieux, un remplacement de pavillon au pire. Ces sinistres climatiques sortent du calcul actuariel habituel et se retrouvent, l'année suivante, dans le tarif de tout le monde.
Les 18-25 ans paient deux à trois fois la moyenne
C'est l'écart le plus brutal de tout le marché. Un conducteur de 18 à 25 ans se situe autour de 1 255 euros par an, quand un 26-35 ans paie environ 718 euros et un 56-65 ans environ 450 euros. Le rapport entre les deux extrêmes dépasse 2,7.
L'explication tient en un mot : la sinistralité. Les jeunes permis déclarent beaucoup plus de sinistres dans leurs trois premières années au volant, et la surprime légale suit. Elle est encadrée par le Code des assurances : au maximum 100 % la première année, 50 % la deuxième, 25 % la troisième, puis plus rien si aucun accident responsable n'est survenu. Autrement dit, cette surcharge s'éteint mécaniquement au bout de trois ans. Elle n'est pas une punition définitive, c'est un péage temporaire.
Quelques leviers existent pour l'alléger. La conduite accompagnée réduit la surprime de moitié dès la première année chez la plupart des assureurs. Être inscrit comme conducteur secondaire sur le contrat d'un parent construit un antécédent avant même d'avoir sa propre voiture, à condition que la déclaration soit sincère. Il existe aussi des astuces plus classiques pour faire baisser le prix d'une assurance jeune conducteur, du choix d'un véhicule de faible puissance à l'acceptation d'une franchise plus élevée. Pour un besoin ponctuel, quelques semaines l'été par exemple, l'assurance auto temporaire revient souvent moins cher qu'un contrat annuel résilié en cours de route. Et si le permis n'est pas encore obtenu, sachez que l'élève en formation auto-école est couvert par le contrat de l'établissement, y compris quand il choisit de passer son permis en accéléré.
Tous risques ou tiers : le calcul qu'on fait rarement
Le réflexe majoritaire consiste à prendre le tous risques et à ne plus y penser. Sur une voiture de plus de dix ans, ce réflexe coûte cher pour rien, et voici pourquoi : en cas de destruction, l'assureur indemnise à la valeur de remplacement à dire d'expert, pas au prix du neuf. Si votre véhicule est coté 2 500 euros à l'Argus, vous payez chaque année une garantie dommages tous accidents dont le plafond est de 2 500 euros, franchise déduite. Sur ce point, le calcul ne tient pas.

Une précision qui corrige une erreur très répandue : le tiers simple ne couvre que la responsabilité civile, c'est-à-dire les dommages que vous causez à autrui. Ni le vol, ni l'incendie, ni le bris de glace n'y figurent. Ces garanties appartiennent au tiers étendu, souvent appelé tiers plus ou tiers confort, qui se situe entre les deux formules. C'est ce niveau intermédiaire qui convient à la majorité des véhicules amortis, et non le tiers nu. Pensez également à vérifier la garantie du conducteur, la seule qui vous indemnise vous : elle est absente de beaucoup de contrats d'entrée de gamme, alors que les passagers, eux, sont couverts par la responsabilité civile.
En France, 38 % des conducteurs novices souscrivent un contrat comportant des garanties dommages, quand 17 % des conducteurs se limitent à la responsabilité civile pour faire des économies.
Là où vous garez la voiture pèse plus que ce que vous croyez
Les assureurs zonent le territoire au code postal. Paris, la petite couronne, le Nord et les Hauts-de-France concentrent les vols, les bris de glace et les accrochages à basse vitesse, ces sinistres peu graves mais très nombreux qui coûtent le plus cher aux compagnies. Environ un tiers des conducteurs de ces zones déclarent au moins un sinistre sur trois ans.
À l'inverse, la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté affichent des taux de vol et d'accident nettement plus bas, et les tarifs suivent. Un même profil, avec la même voiture, peut payer 200 euros de moins par an en changeant de département. Le stationnement compte aussi : un garage fermé déclaré fait baisser la prime chez la plupart des assureurs, un stationnement sur voie publique la fait monter. Les zones à faibles émissions, elles, ne jouent pas sur la prime mais sur l'usage, et par ricochet sur le kilométrage déclaré.
Électrique, essence, diesel : l'écart s'est inversé
Fin 2022, un véhicule électrique s'assurait autour de 562 euros par an, soit sous la moyenne nationale, quand un diesel tournait à 647 euros. Le résultat surprend, puisqu'une voiture électrique coûte plus cher à l'achat. L'explication tient au profil de ses propriétaires, plus âgés et mieux dotés en bonus, et au kilométrage annuel souvent inférieur. Cela ne dit rien du coût total d'usage : le passage à l'électrique reste une opération à calculer de près, batterie et recharge comprises. Les citadines japonaises et coréennes, peu puissantes et faciles à réparer, se situent également dans le bas du tableau.
Le sujet vaut la peine d'être creusé, notamment sur les conséquences exactes d'un défaut d'assurance. Les indépendants qui roulent beaucoup ont un poste de plus à surveiller, l'usage professionnel du véhicule, qui figure d'ailleurs parmi les erreurs les plus fréquentes des auto-entrepreneurs.
Trois façons de faire baisser la facture cette année
L'assurance auto est obligatoire, la dépense l'est donc aussi. Son montant, en revanche, se négocie.
- Faites le tri dans vos garanties. Le prix d'une assurance voiture dépend directement du niveau de couverture retenu : assistance 0 km, véhicule de remplacement, protection juridique. Chacune a un intérêt, aucune n'est automatique. Relisez le tableau des garanties de votre contrat, il y a presque toujours une ligne payée sans usage.
- Faites jouer la concurrence, vraiment. Comme le souligne l'article de duret-cottet.fr, le marché compte des dizaines d'acteurs aux tarifs très différents pour un même profil. Depuis la loi Hamon, on peut résilier à tout moment après un an de contrat, sans motif et sans frais, le nouvel assureur s'occupant des formalités. Un devis moins cher ailleurs est aussi un argument à présenter à votre assureur actuel.
- Passez par un comparateur, puis vérifiez à la main. Les comparateurs rassemblent les offres au même endroit, et l'on peut faire une demande d'assurance auto en ligne en quelques minutes. Ils ne référencent toutefois pas tout le marché, et classent souvent par prix d'appel. Retenez trois offres, puis ouvrez les conditions générales pour comparer les franchises. C'est là que se joue la différence réelle.
Pour aller plus loin, nos guides sur le choix d'un assureur auto, sur le comparateur de devis pour jeune conducteur et sur une première assurance auto pas chère détaillent chacun de ces points.
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