Bois de chauffage : Bûches ou pellets, lequel est le moins cher pour économiser des centaines d'euros?

À l'usage, la bûche reste le combustible le moins cher du marché français, environ deux fois moins que le granulé au kilowattheure. Le granulé rattrape une partie de l'écart par son rendement et son automatisme, mais il ne le comble pas.

La stabilité des prix : l'argument s'est effondré en 2022

On lit encore que le granulé serait moins sensible aux soubresauts du marché que la bûche. L'automne 2022 a démenti cette idée de façon brutale : la tonne est passée de 300 euros au printemps à 600, parfois 700 euros en novembre, avec des ruptures d'approvisionnement dans une bonne partie du pays et des livraisons repoussées de plusieurs semaines. Les prix sont redescendus depuis, autour de 380 à 450 euros la tonne en sacs, mais la leçon reste.

Le granulé dépend d'une industrie de transformation, donc du prix de l'électricité des usines de pressage et de la disponibilité de la sciure, elle-même liée à l'activité des scieries. La bûche, elle, s'achète souvent à moins de 50 km de chez soi, parfois directement au bûcheron. C'est un circuit plus court, moins exposé.

Le coût de la machine change la donne

Un poêle à bûches de qualité se pose pour 2 500 à 4 500 euros, conduit compris. Un poêle à granulés de puissance équivalente demande 4 000 à 7 000 euros, parce qu'il embarque une vis sans fin, une carte électronique, un extracteur de fumées et un ventilateur. Cette électronique consomme d'ailleurs de l'électricité : comptez 80 à 120 kWh sur une saison de chauffe, plus la résistance d'allumage à chaque démarrage.

Stockage : trois mètres cubes contre un mètre carré

C'est le point où le granulé reprend l'avantage sans discussion. Une saison de chauffage principal réclame 8 à 12 stères de bûches, qu'il faut abriter, ventiler et laisser sécher deux ans si vous achetez du bois vert. Cela suppose un appentis, un hangar ou un garage, et un bon dos.

Deux tonnes de granulés en sacs de 15 kg tiennent sur une palette et demie, à l'abri de l'humidité, dans un cellier. En silo textile ou en soute maçonnée, la livraison se fait par camion souffleur une fois par an, sans manutention. Pour un appartement, une maison de ville ou un logement sans dépendance, la question est réglée d'avance.

Et sur le plan écologique ?

Le granulé est fabriqué à partir de connexes de scierie, sciures et copeaux, donc à partir de déchets industriels. La bûche vient d'arbres abattus, mais en France l'essentiel provient de coupes d'éclaircie et de bois de taillis qui n'ont pas d'autre débouché. Les deux filières sont considérées comme neutres en carbone à l'échelle du cycle forestier.

La vraie différence se joue sur les particules fines. Un appareil à granulés récent en émet nettement moins qu'un poêle à bûches ancien, et beaucoup moins qu'une cheminée ouverte, dont le rendement plafonne à 10 ou 15 %. Si vous chauffez encore au foyer ouvert, changer d'appareil aura plus d'effet sur votre facture comme sur l'air ambiant que le choix entre bûche et granulé.

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