Comment choisir une pompe à chaleur de piscine ?
Choisir une pompe à chaleur de piscine se joue à un seul endroit : la puissance rapportée au volume du bassin. Tout le reste, modèle vertical ou horizontal, marque, options, pèse infiniment moins lourd sur le résultat final qu'un dimensionnement bâclé de 3 kW.
Une précision d'abord, parce qu'elle revient dans toutes les brochures et qu'elle est fausse : une PAC de piscine ne vous donnera pas une eau à bonne température toute l'année. Ces appareils puisent les calories dans l'air extérieur et décrochent quand celui ci descend sous 10 à 12 degrés. Leur rôle est d'allonger la saison de baignade des deux côtés, typiquement d'avril à octobre au lieu de juin à septembre. C'est déjà beaucoup. Ce n'est pas un chauffage d'hiver.
Le COP, à lire avec la température qui va avec
Le COP d'une pompe à chaleur, dont nous détaillons le fonctionnement dans un autre article, est le rapport entre la chaleur restituée et l'électricité consommée. Un COP de 5 veut dire 5 kW de chauffage pour 1 kW payé. Plus il est élevé, moins l'appareil coûte à faire tourner.
Le piège est dans les conditions de mesure. Les fabricants annoncent volontiers des COP de 6 ou 7, obtenus à 26 degrés d'air et 26 degrés d'eau, c'est à dire un jour de canicule où vous n'auriez de toute façon pas allumé la machine. La valeur qui compte est celle mesurée à 15 degrés d'air, plus proche d'une matinée de mai. Elle tourne généralement entre 4 et 5 sur du matériel correct. Exigez les deux chiffres, et méfiez vous d'une fiche technique qui n'en donne qu'un.
La puissance, calculée sur le volume et la région
Une PAC sous dimensionnée mettra une semaine à monter le bassin en température et tournera en permanence. Une PAC surdimensionnée chauffera vite mais enchaînera les cycles courts de démarrage et d'arrêt, ce qui use le compresseur. La règle empirique la plus répandue rapporte la puissance au volume, à l'écart de température visé par jour et à l'ensoleillement local.
Voici les ordres de grandeur communément retenus pour un bassin découvert, en France métropolitaine :
- 5,5 kW pour un bassin d'environ 15 m3 ;
- 7 kW pour 30 m3 ;
- 8 à 9,8 kW pour 40 m3 ;
- 9 à 12 kW pour 50 m3 ;
- 12 à 15 kW pour 60 m3 ;
- 15 à 18 kW pour 70 m3 ;
- 18 kW pour 80 m3.
Ces valeurs supposent une piscine couverte la nuit. Sans bâche ni volet, majorez d'environ 30 %, parce que l'évaporation nocturne emporte l'essentiel de la chaleur gagnée dans la journée. Dans le nord et l'est du pays, ajoutez encore une marge. Un bassin de 50 m3 en Bretagne et le même en Provence ne demandent pas la même machine.

Vertical ou horizontal, une question d'encombrement
Les deux familles se distinguent par la position du ventilateur, et cela n'a aucune incidence sur le rendement. Le modèle horizontal souffle par la face avant et évacue à l'arrière : il est plus compact, moins cher, et se pose au sol le long du bassin. Laissez lui deux mètres de dégagement devant, sans mur ni haie, sinon il réaspire son propre air refroidi.
Le modèle vertical rejette l'air par le haut. Plus imposant et plus cher, il est nettement plus discret sur le plan sonore, argument sérieux quand la machine tourne à sept mètres de la terrasse du voisin. Son ventilateur exposé vers le ciel ramasse en revanche feuilles et débris.
Côté budget, il faut compter de quelques centaines d'euros pour une mini PAC de piscine hors sol à plusieurs milliers pour un modèle vertical de forte puissance, pose comprise. C'est un investissement de loisir qui se situe dans les mêmes eaux qu'un vélo électrique pour femme correctement équipé, et sensiblement au dessus d'un drone 4K d'entrée de gamme. À ce niveau de dépense, l'écart de prix entre deux modèles compte moins que le bon calibrage.
Les critères qui départagent deux modèles équivalents
Une fois la puissance fixée, quelques points techniques valent la peine d'être comparés ligne à ligne sur les fiches :
- Le niveau sonore, mesuré à 10 mètres et non à 1 mètre. En dessous de 45 dB à 10 mètres, on ne l'entend plus depuis la terrasse.
- La température minimale de fonctionnement, entre 5 et 15 degrés selon les gammes. C'est elle qui détermine si vous baignez encore en octobre.
- Le débit d'eau minimal, à confronter à celui de votre pompe de filtration existante.
- La matière de l'échangeur : le titane résiste au chlore, au sel et aux traitements agressifs, contrairement à d'autres alliages.
- Le type de compresseur : les modèles Inverter modulent leur puissance au lieu de fonctionner en tout ou rien, ce qui les rend plus silencieux et plus sobres.
Sur les modèles réversibles, capables de rafraîchir l'eau en canicule, l'usage réel est limité : la fonction se justifie dans le sud, sur un bassin peu profond qui dépasse 30 degrés en août.
Si vous devez retenir une seule chose : faites calculer la puissance à partir du volume exact de votre bassin, de sa couverture et de votre région, avant même de regarder les marques. Un vendeur qui vous conseille une machine sans vous poser ces trois questions ne vend pas une pompe à chaleur, il vend un carton.
Résumer cet article avec :
Partager :