Comment trouver une assurance pas chère ?
Une assurance moins chère se gagne rarement en changeant d'enseigne. Elle se gagne sur trois lignes du contrat : la franchise, le niveau de garantie et la façon dont vous payez la prime. Le comparateur vient après, pas avant.
Le réflexe habituel consiste à ouvrir un comparateur, à trier par prix croissant et à signer la première ligne. Ça marche, au sens où la mensualité baisse. Mais le prix affiché ne dit rien du montant que vous sortirez le jour du sinistre, et c'est là que se joue la différence entre un contrat économique et un contrat simplement bon marché. Un tarif auto à 28 euros par mois avec 800 euros de franchise bris de glace coûte plus cher qu'un contrat à 34 euros sans franchise, dès lors que le pare-brise casse une fois en deux ans.
La franchise est le levier le plus rentable, et le plus risqué
Monter sa franchise fait baisser la prime immédiatement. Passer de 150 à 500 euros de franchise dommages tous accidents allège souvent la cotisation de 10 à 15 %. Le calcul tient si vous avez de quoi absorber ces 500 euros sans découvert. Il ne tient plus si la franchise devient un montant que vous ne pourriez pas payer : vous auriez alors une assurance qui ne vous sert pas au moment où vous en avez besoin.
La règle que je retiens : la franchise maximale acceptable est celle que vous pourriez débourser deux fois dans la même année sans que ça change vos plans. En dessous de ce seuil, augmentez-la. Au-dessus, vous achetez une réduction de prime avec de l'argent que vous n'avez pas.
Le paiement annuel, une remise silencieuse
Le fractionnement mensuel se paie. La plupart des assureurs appliquent des frais compris entre 3 et 8 % de la prime pour un prélèvement mensuel. Sur une habitation à 240 euros par an, ça représente une dizaine d'euros. Sur une auto tous risques à 900 euros, on approche des 50 euros annuels, pour un service qui consiste à découper une facture en douze.
Choisir les garanties que votre situation réclame vraiment
Beaucoup de contrats sont vendus avec des options qui ne servent à rien dans le cas précis de l'assuré. Une protection juridique payée deux fois, une fois dans le contrat auto et une fois dans le contrat habitation, arrive plus souvent qu'on ne le croit. L'assistance rapatriement en doublon avec celle de la carte bancaire aussi.
Prenez une demi-heure et listez ce que vous possédez et ce que vous faites. Si vous partez deux fois par an dans l'Union européenne, la carte européenne d'assurance maladie et la garantie de votre carte bancaire couvrent une bonne partie du terrain, et une assurance voyage à la carte ne se justifie que pour les destinations lointaines ou les sports à risque. Si vous n'avez pas de véhicule au quotidien mais empruntez celui d'un proche trois week-ends par an, regardez du côté de l'assurance auto temporaire plutôt que d'un contrat annuel.
Les remises existent, mais elles ne sont pas toutes bonnes à prendre
Le regroupement de contrats chez un même assureur donne généralement 5 à 15 % sur le deuxième contrat. C'est réel. Le piège est ailleurs : une fois les trois contrats au même endroit, on ne les remet plus en concurrence, et la dérive tarifaire annuelle de 3 à 5 % passe inaperçue pendant six ans.
Les jeunes conducteurs relèvent d'un cas à part, puisque la surprime légale peut atteindre 100 % la première année et se résorbe ensuite par moitié chaque année sans sinistre. La conduite accompagnée la ramène à 50 %. Les astuces pour faire baisser le tarif d'un jeune conducteur valent le détour, parce que c'est le seul profil où l'écart entre deux assureurs dépasse couramment 600 euros par an.
Ce que le comparateur voit et ce qu'il ne voit pas
Un comparateur en ligne interroge une trentaine de compagnies, pas la totalité du marché. Les mutuelles sans intermédiaire et certains assureurs directs n'y figurent pas, alors qu'ils se placent souvent bien sur les profils sans sinistre. Utilisez l'outil pour vous donner une fourchette, puis demandez deux devis en direct pour la vérifier. Un comparateur de devis gratuit reste le moyen le plus rapide d'obtenir cet ordre de grandeur en un quart d'heure.
Négocier : ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas
Demander une remise sans argument n'aboutit à rien. Arriver avec un devis concurrent chiffré, sur un périmètre de garanties identique, change la conversation. Les conseillers disposent d'une marge commerciale, souvent de l'ordre de 10 %, qu'ils utilisent pour retenir un client sur le point de partir. Le meilleur moment pour appeler est donc la semaine où vous avez le devis en main, pas au moment de l'échéance.
Le courtier, lui, se rémunère sur la commission de l'assureur. Il a intérêt à vous placer, ce qui n'est pas un défaut en soi, mais posez-lui la question du nombre de compagnies qu'il représente. En dessous de cinq, il vous propose son catalogue, pas le marché.
Dites la vérité dans le questionnaire
Minorer son kilométrage annuel ou oublier un sinistre de l'année précédente fait gagner quelques dizaines d'euros et fait perdre beaucoup plus. La fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat, l'assureur conservant les primes déjà versées. Le relevé d'information demandé à l'ancien assureur contient le détail des sinistres des cinq dernières années, il sera lu.
Reste le cas des contrats souscrits il y a longtemps et jamais touchés. Ce sont eux qui coûtent le plus cher, parce que la revalorisation annuelle s'est appliquée huit fois de suite sur une base qui n'a jamais été renégociée. Commencez par ceux-là, avant même d'ouvrir un comparateur.
Résumer cet article avec :
Partager :