L'Appli Pro de Société Générale : tout savoir sur cette formule

L'Appli Pro de Société Générale

Télécharger l'Appli Pro de Société Générale ne sert à rien tant qu'il manque une pièce du dossier : le compte professionnel ouvert en agence, l'abonnement au service en ligne, puis les codes qui arrivent par courrier. L'application est la dernière marche d'un parcours qui en compte trois, et c'est cette chronologie que les pages commerciales passent sous silence.

Le compte pro vient d'abord, l'application arrive après

Société Générale existe depuis 1864 et tient des comptes d'entreprise depuis des décennies. On lit parfois que la banque aurait lancé son offre professionnelle en 2016 : c'est faux, 2016 correspond au moment où les conditions d'ouverture ont été détaillées en ligne, pas à la naissance du produit. La confusion vient des comparateurs, qui datent une offre à partir de sa première fiche web.

Depuis le 1er janvier 2023, le réseau a changé de visage. Société Générale et le Crédit du Nord ont fusionné sous une marque unique, SG, et le nombre d'agences a nettement baissé depuis. Pour un professionnel, ça compte : si votre interlocuteur habituel dépendait du Crédit du Nord, votre point de contact et parfois votre numéro de compte ont bougé pendant cette période.

Un artisan consulte les comptes de son entreprise sur son telephone

Qui peut ouvrir ce type de compte

La banque adresse ses formules professionnelles à peu près à toutes les formes juridiques :

  • entreprises individuelles ;
  • entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée ;
  • sociétés à responsabilité limitée ;
  • sociétés par actions simplifiées, unipersonnelles ou non ;
  • sociétés d'exercice libéral ;
  • sociétés en nom collectif ;
  • syndicats de copropriété ;
  • micro-entrepreneurs.

Le dernier cas mérite une précision que les conseillers oublient volontiers. Un micro-entrepreneur n'a aucune obligation d'ouvrir un compte professionnel tarifé. La loi PACTE lui impose seulement un compte bancaire dédié à son activité, et uniquement s'il dépasse 10 000 euros de chiffre d'affaires deux années civiles de suite. Un second compte courant classique remplit cette obligation, gratuitement ou presque.

Ouvrir le compte : le rendez-vous reste obligatoire

Trois entrées possibles pour lancer la procédure : pousser la porte d'une agence, remplir le formulaire de rappel sur le site, ou téléphoner. Les trois aboutissent au même endroit, un rendez-vous avec un conseiller entreprises. La banque prend ensuite en charge le transfert de domiciliation si vous quittez un autre établissement, ce qui évite de courir après vos clients et vos organismes sociaux pour changer le RIB.

Prévoyez les pièces justificatives avant le rendez-vous : extrait Kbis de moins de trois mois, statuts signés, pièce d'identité des dirigeants, justificatif de domicile de l'entreprise, et le détail de la répartition du capital pour une société. Un dossier incomplet fait généralement perdre une semaine.

Ce que la convention professionnelle apporte

La formule Compte Pro regroupe des services que l'on retrouve chez la plupart des concurrents :

  • accès aux comptes à distance, sans passer par l'agence ;
  • un conseiller identifié pour les questions de trésorerie et de financement ;
  • des cartes bancaires dédiées à l'activité, dont des cartes de type Business ;
  • des supports d'épargne calibrés pour la trésorerie d'entreprise ;
  • des contrats d'assurance pour les locaux, le matériel et les salariés.

Le prix, lui, n'apparaît nulle part sur les pages de présentation, et c'est le point qui fâche. La tarification d'un compte professionnel se négocie au rendez-vous, en fonction du volume d'opérations et des produits souscrits à côté. Demandez la plaquette tarifaire complète avant de signer, celle qui liste les commissions de mouvement et les frais de tenue de compte trimestriels.

L'abonnement au service en ligne, l'étape oubliée

La banque distingue deux choses que les clients confondent en permanence : le compte, et l'accès en ligne à ce compte. L'abonnement au service à distance, longtemps commercialisé sous le nom Progéliance Net, se souscrit séparément lors du rendez-vous. C'est lui qui ouvre le portail web, et par ricochet l'application mobile.

Une fois l'abonnement signé, le conseiller déclenche l'envoi d'un identifiant et d'un code secret. Les deux arrivent par la poste, dans des courriers distincts, en général dans la semaine. À la première connexion, le code provisoire doit être remplacé par un code choisi par vous. Tant que cette personnalisation n'est pas faite, l'application refuse l'accès.

Depuis le portail comme depuis le mobile, l'abonnement donne accès à la consultation des comptes, au suivi des virements, à l'édition des relevés au format PDF, aux justificatifs de paiement par carte, aux virements SEPA vers la zone euro et au contact avec le service client. Rien d'original, mais rien d'absent non plus.

Ce que fait l'application au quotidien

L'appli mobile existe sur Android et iOS, elle se récupère sur Google Play ou l'App Store. Elle joue le même rôle que l'application mobile de BNP Paribas chez son concurrent : un raccourci vers le portail, avec quelques fonctions pensées pour le téléphone. Ses points utiles :

  • la gestion des comptes professionnels et personnels dans la même session, sans se déconnecter ;
  • l'envoi du RIB par courriel ou par SMS depuis le téléphone, pratique en rendez-vous client ;
  • les alertes réglables sur le solde, les virements reçus et les débits importants ;
  • la mise en relation avec le conseiller depuis la messagerie intégrée ;
  • la validation des virements par authentification forte, sans lecteur de carte.

Le RIB par SMS est le genre de détail qui fait gagner dix minutes par semaine à un artisan sur un chantier. La gestion conjointe perso et pro, elle, évite la manipulation la plus pénible chez d'autres banques : se déconnecter d'un espace pour entrer dans l'autre. C'est aussi ce que propose l'appli mobile du Crédit Mutuel, et le confort d'usage se joue désormais sur ces petites choses plus que sur la liste des fonctions.

Face aux néobanques professionnelles

La comparaison revient à chaque ouverture de dossier. Qonto, Shine ou Blank affichent des tarifs lisibles dès le premier écran, une souscription en ligne sans rendez-vous et des outils de facturation intégrés. Sur ces trois points, une banque de réseau perd. Elle reprend l'avantage ailleurs : le découvert autorisé, le crédit d'équipement et l'escompte, que les acteurs mobiles proposent peu ou pas. Une entreprise qui aura besoin d'emprunter dans les deux ans gagne à construire une relation bancaire classique dès le départ, même si l'application est moins agréable à l'oeil.

Autre différence rarement citée : plusieurs néobanques professionnelles délivrent un IBAN français mais opèrent sous licence d'établissement de paiement, sans la garantie des dépôts d'une banque. Chez Société Générale, les fonds de l'entreprise sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, dans la limite de 100 000 euros par déposant. Au-dessus de ce seuil, la question du fractionnement entre deux établissements mérite d'être posée au conseiller, et elle l'est rarement.

Ce que l'application ne remplacera pas

Un dépôt d'espèces, la remise d'un chèque, la négociation d'un découvert autorisé ou un dossier de financement passent toujours par l'agence ou par le conseiller. L'application affiche l'information et exécute les opérations courantes ; elle ne décide rien. Pour une entreprise qui manipule beaucoup d'espèces, la question à poser au rendez-vous porte donc sur l'automate le plus proche et ses horaires de dépôt, bien plus que sur la note de l'application dans les magasins d'applications. Demandez aussi qui reprend votre dossier quand votre conseiller change de poste, ce qui arrive tous les deux ou trois ans dans un réseau : c'est le genre de réponse qui pèse plus lourd, au bout de cinq ans de vie d'entreprise, que la liste des fonctions du téléphone.

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