Conforama une nouvelle gamme d’objets déco pour l'automne
Chaque automne, les enseignes d'ameublement sortent une collection de saison faite de coussins ocre, de plaids et de vases en céramique. Celle que Conforama a mise en ligne à l'automne 2022, autour de sa ligne Doggon, obéit exactement à cette mécanique. Voici comment ces gammes sont construites, ce qui vaut la dépense et ce qui finira au fond d'un placard en mars.
Comment se fabrique une collection de saison
Une collection d'automne ne naît pas en septembre. Les bureaux de style des grandes enseignes travaillent avec douze à dix-huit mois d'avance, à partir des cahiers de tendance couleur publiés par des agences spécialisées et des salons professionnels, Maison et Objet à Paris-Nord Villepinte en tête.
Le résultat suit une recette assez stable. Une palette dominante, deux ou trois matières, une famille de motifs, et une déclinaison sur des produits à faible risque : textile de lit, coussins, tapis, petits objets. Le mobilier lourd, lui, bouge beaucoup plus lentement, parce qu'un canapé se garde huit ans et ne peut pas suivre une mode annuelle.
Conforama, enseigne née en 1967 et passée en 2023 sous le contrôle du groupe propriétaire de BUT, joue sur ce terrain avec une contrainte de prix forte. D'où le choix systématique de matériaux accessibles : céramique émaillée, verre pressé, bambou, métal peint, tapis en polypropylène tissé machine.
La palette 2022 : orangé, terre, ocre
La collection Doggon repose sur les orangés des années soixante-dix, associés à du brun, du crème et du bleu profond. Rien de nouveau sous le soleil : ces tons reviennent par vagues d'une dizaine d'années, et ils étaient déjà partout dans les intérieurs de 1974.
Le calcul commercial est simple à comprendre. Ces couleurs chaudes se vendent bien à partir d'octobre, quand la lumière du jour raccourcit et que l'on rallume les lampes à 17 heures. Un coussin terracotta sur un canapé gris change effectivement la perception d'une pièce, pour vingt euros et sans travaux.
Un détail mérite d'être relevé, parce qu'il a été repris partout de travers. Les motifs de la ligne, courbes, rectangles et traits abstraits, ont été présentés comme inspirés de l'artisanat berbère d'Afrique du Nord. Or le nom Doggon renvoie aux Dogon, peuple du Mali, en Afrique de l'Ouest, dont l'art et l'architecture n'ont rien à voir avec les tissages amazighs du Maghreb. Ce genre de raccourci est fréquent dans les fiches produit du secteur, et il ne rend service ni à l'un ni à l'autre.
Ce qui vaut l'achat, ce qui n'en vaut pas la peine
Le tapis est l'objet qui trompe le plus. Un tapis en polypropylène à 60 euros fait très bien l'affaire dans une chambre d'enfant ou sous une table basse peu utilisée. Dans un couloir ou sous une table à manger, il s'écrase en six mois et l'on rachète. Regardez la densité en points par mètre carré et le poids au mètre carré plutôt que la photo d'ambiance.
Les vases en céramique et en verre tiennent, en revanche, parce qu'ils ne s'usent pas. Un vase acheté dans une collection d'automne se ressort dix ans plus tard. C'est le type d'objet où le prix bas ne coûte rien à la longévité, contrairement à un canapé.
Les parures de lit imprimées sont le pari risqué. Un motif géométrique orangé plaît en novembre et fatigue en février, surtout dans une chambre où l'on passe huit heures par nuit. Le compromis raisonnable consiste à garder du uni sur la housse de couette et à mettre le motif sur les taies, qui coûtent trois fois moins cher à remplacer.
Composer sans repeindre
La question qui revient le plus en automne concerne les murs. Repeindre coûte cher en temps, et la couleur choisie sous une lampe de magasin déçoit souvent une fois posée. Il existe deux solutions plus souples.
La première consiste à travailler la décoration murale : cadres, miroirs, panneaux de bois ou de métal, suspensions textiles. On modifie la perception d'un mur sans toucher à sa peinture, et l'on démonte quand on veut. La seconde consiste à jouer sur la lumière : deux lampes d'appoint à 2 700 kelvins réchauffent une pièce bien plus efficacement qu'un coussin, et pour un budget comparable.
Pour ceux qui veulent aller vers plus de sobriété, l'inspiration japonaise offre une porte de sortie élégante à la surenchère saisonnière : bois clair, lignes basses, peu d'objets. Nous avons détaillé les principes de la décoration japonaise appliquée à la chambre, qui vieillit mieux que n'importe quelle palette de l'année.
Le cas des décorations éphémères
Octobre amène aussi son lot de décors jetables, citrouilles en plastique et guirlandes noires. Autant les fabriquer soi-même quand c'est possible : nos idées de décorations pour Halloween reposent sur du papier, des bocaux et des bougies, et rien ne survit à novembre de toute façon.
Le raisonnement vaut d'ailleurs au delà de la maison. En déco comme dans la garde-robe, la question n'est pas de suivre la saison mais de savoir ce qu'on garde, un principe que nous appliquons aussi à nos conseils pour s'habiller après 50 ans. Trois pièces bien choisies valent mieux qu'une collection entière.
Un mot enfin sur le moment de l'achat. Les collections saisonnières sont soldées dès la mi-janvier, quand les rayons se réorganisent pour le printemps. Celui qui accepte de décorer avec un mois de retard paie souvent 30 à 40 % de moins les mêmes coussins et les mêmes vases, avec un choix réduit mais suffisant.
Reste la question de fond. Une collection d'automne n'est pas faite pour durer, elle est faite pour vous faire entrer dans le magasin en octobre. Ce qui n'empêche pas d'y trouver de bonnes choses, à condition de savoir ce qu'on vient chercher : deux ou trois objets qui réchauffent une pièce quand la nuit tombe à 17 heures, et rien d'autre.
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