Imprimer son livre à la demande

Imprimer un livre

Faire imprimer un exemplaire unique d'un livre coûte aujourd'hui le prix d'un bon repas, et c'est ce chiffre qui a tout changé. Reste à savoir ce que recouvre le devis, à quel moment le numérique cède la place à l'offset, et ce que l'impression à la demande ne fera jamais pour vous : trouver des lecteurs.

L'impression à la demande, ou POD pour print on demand, consiste à imprimer un ouvrage au moment où quelqu'un le commande, sans tirage préalable et sans stock. Album de famille, mémoire de fin d'études, recueil de recettes, roman auto-édité, catalogue d'exposition : le procédé ne fait aucune différence entre eux. Il produit un exemplaire aussi facilement que trois cents.

Le calcul qui décide de tout : le coût à l'exemplaire

Un devis d'impression se compose de trois blocs. La préparation du fichier, facturée une fois, quel que soit le nombre d'exemplaires. L'impression proprement dite, proportionnelle au nombre de pages et au nombre de copies. La finition, reliure, pelliculage, vernis, qui pèse souvent plus lourd qu'on ne l'imagine sur un petit tirage.

La conséquence est mécanique : le premier exemplaire est cher, le vingtième beaucoup moins, le trois centième dérisoire en comparaison. En numérique, le coût unitaire baisse doucement et se stabilise vite. En offset, il faut payer la fabrication des plaques avant la première feuille, ce qui rend les petits tirages absurdes et les gros tirages imbattables.

Ce que vous devez fournir, et ce qui coince

Un imprimeur attend un fichier PDF aux normes de l'impression : polices incorporées, images à 300 points par pouce, fonds perdus de trois à cinq millimètres sur les bords, et un profil de couleur adapté au papier. Un document composé dans un traitement de texte et exporté sans réglage passe rarement du premier coup.

Les deux erreurs les plus courantes sont toujours les mêmes. Des photos récupérées sur un téléphone ou sur le web, correctes à l'écran et floues une fois imprimées en pleine page. Et une couverture dont le dos est calculé au jugé : l'épaisseur du dos dépend du nombre de pages et du grammage du papier, l'imprimeur donne cette valeur, il faut la lui demander avant de dessiner la couverture.

Une maquette bâclée coûte plus cher que l'impression elle-même. Si le fichier vous dépasse, faites appel à un maquettiste indépendant ou à une agence spécialisée dans la création graphique et web : une journée de mise en page évite de payer deux fois un tirage raté.

Le papier, la reliure, et pourquoi le livre a l'air amateur

Trois choix distinguent un ouvrage soigné d'un document sorti d'une photocopieuse. Le grammage du papier intérieur, autour de 80 à 100 grammes pour un roman, plus lourd pour un livre illustré. Le type de papier, couché brillant pour les photos, offset ou bouffant pour le texte, plus agréable à lire et plus opaque. Et la reliure.

Le dos carré collé convient à presque tout, à partir d'une soixantaine de pages. En dessous, il faut passer au piqué à cheval, deux agrafes dans le pli. Pour un ouvrage destiné à rester ouvert à plat, un livre de cuisine ou une partition, la reliure spirale reste la solution la plus pratique, même si elle fait moins sérieuse en rayon.

Un livre destiné à être vendu ou diffusé au public a besoin d'un numéro ISBN. En France, il est attribué par l'AFNIL, gratuitement, à qui déclare une activité d'éditeur, y compris quand cet éditeur est l'auteur lui-même. Sans ISBN, aucun libraire ne peut commander l'ouvrage et aucune plateforme ne le référencera correctement.

Le dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France est une obligation prévue par le code du patrimoine, et il incombe à l'éditeur. Concrètement, quelques exemplaires à envoyer avec un formulaire de déclaration. La démarche est gratuite et prend une demi-heure.

S'ajoutent les mentions à faire figurer dans l'ouvrage : nom et adresse de l'éditeur, nom de l'imprimeur, date d'achèvement du tirage, numéro ISBN et prix. Un livre destiné à la seule famille, tiré à dix exemplaires et jamais mis en vente, échappe à cette mécanique. Dès que le mot vente entre en jeu, elle s'applique.

Cinq prestataires, et ce qu'ils font vraiment

ImprimerieClip

Spécialiste de l'impression numérique installé en Provence, il travaille pour toute la France par correspondance. Reliure soignée, respect du cahier des charges, papiers éco-labellisés : c'est un imprimeur classique qui a ouvert un guichet en ligne, pas une plateforme d'auto-édition. Le prix se donne sur devis, après examen du fichier.

Bookelis

Une précision s'impose ici, car la confusion est répandue : Bookelis n'est pas une imprimerie mais une plateforme d'auto-édition. Elle fabrique le livre, oui, mais elle propose surtout ce qui vient autour, création de couverture, mise en page, attribution de l'ISBN, mise en vente sur les grandes librairies en ligne. On y va pour le service complet, pas pour le meilleur prix à l'exemplaire.

L'imprimerie Villière

Imprimeur généraliste maîtrisant le numérique et l'offset, connu pour son engagement environnemental et ses certifications en la matière. C'est le profil vers lequel se tourner quand le tirage dépasse quelques centaines d'exemplaires et que la question du papier certifié compte, par exemple pour une collectivité ou une association qui doit justifier ses choix.

Aquiprint

Positionné sur l'accompagnement des éditeurs, de la reliure à la finition en passant par la couverture, avec une expérience longue du secteur. Le devis dépend du nombre de pages, du format et des options retenues. C'est souvent l'option la plus abordable pour un premier tirage modeste, ce qui en fait un bon point de départ pour un éditeur qui se lance.

Pumbo

Orienté auto-édition, roman et nouvelles, avec impression à l'unité et prise en charge de la couverture et de la correction. Le fonctionnement se rapproche de celui de Bookelis : l'auteur reste propriétaire de son texte et paie à l'exemplaire vendu ou imprimé.

Ce que l'impression à la demande ne fait pas

Elle n'écrit pas, elle ne corrige pas, et surtout elle ne vend pas. C'est le malentendu qui coûte le plus cher aux auteurs qui se lancent. Un livre imprimé à la demande n'entre pas en librairie par magie : la diffusion et la distribution sont deux métiers à part, et aucune plateforme d'auto-édition ne remplace un représentant qui passe voir les libraires.

La relecture professionnelle n'est pas non plus incluse, sauf option payante. Un texte publié avec ses coquilles reste publié avec ses coquilles, et l'ISBN ne se recycle pas d'une version à l'autre : une nouvelle édition corrigée en demande un autre.

Sur le plan financier, le calcul se pose autrement qu'on ne l'imagine. Le POD supprime le risque du stock invendu, mais il laisse un coût unitaire élevé, donc une marge faible par exemplaire. Vendre trois cents livres à la demande rapporte moins qu'un tirage offset de trois cents exemplaires écoulé en totalité. Le POD achète de la tranquillité, pas de la rentabilité.

Les usages où le POD est imbattable

Le livre de famille, l'album de photos de vacances, le recueil de recettes de la grand-mère : quelques exemplaires, aucune ambition commerciale, et une fabrication qui rivalise avec un beau livre du commerce. Un cadeau de ce genre marque durablement, et cela vaut aussi bien qu'un saut en parachute offert pour un anniversaire, pour une somme souvent inférieure.

Le rapport de stage ou le mémoire, ensuite, où la reliure change la perception du travail avant même la première page lue. Le catalogue d'une petite exposition. Le carnet de voyage mis au propre, qui rejoint parfois un carnet de voyage en cuir choisi pour l'occasion sur la même étagère. Et l'épreuve d'auteur : imprimer un seul exemplaire de son manuscrit pour le relire sur papier reste la meilleure façon de repérer ce que l'écran cache.

Le reste tient à la comparaison. Une dizaine d'imprimeurs sérieux couvrent ce marché en France, avec des écarts de prix qui atteignent parfois le double pour un projet identique. Prenez le temps de faire jouer la concurrence : c'est la seule étape de la chaîne où quelques courriels rapportent immédiatement de l'argent.

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