Destination Cameroun : les 5 plus beaux endroits à visiter
Le Cameroun tient dans 475 000 km2 une forêt équatoriale, une savane sahélienne et un volcan de 4 100 mètres. Les cinq sites qui valent le déplacement sont dispersés du sud au nord sur près de 1 500 kilomètres : voici où ils se trouvent exactement, comment on y accède et à quelle saison.
Une précision d'abord, parce qu'elle revient dans presque tous les guides en ligne et qu'elle fausse tout le reste. Le Cameroun n'est pas en Afrique de l'Ouest. Il appartient à l'Afrique centrale, aux côtés du Gabon, du Congo, de la Centrafrique et de la Guinée équatoriale, et c'est à ce titre qu'il est membre de la CEMAC. Sa monnaie est le franc CFA d'Afrique centrale, distinct de celui de la zone ouest-africaine bien qu'ils aient la même parité avec l'euro.
Yaoundé, capitale de collines au centre du pays
Yaoundé se trouve dans la région du Centre, à 700 mètres d'altitude, et non dans le nord comme on le lit trop souvent. Cette altitude change tout pour le voyageur : les nuits y sont fraîches, autour de 19 degrés, quand Douala étouffe à 26 avec une humidité écrasante. La ville est bâtie sur sept collines, d'où son surnom, et cette topographie explique ses vues dégagées autant que ses embouteillages.
Le mont Fébé domine l'ensemble à 1 070 mètres. On y monte pour le panorama, et surtout pour le musée d'art camerounais installé dans le monastère bénédictin : masques, statuettes et objets rituels des différentes aires culturelles du pays, présentés sans esbroufe. C'est la meilleure introduction possible avant de voyager plus loin.
Le quartier de Bastos concentre ambassades, résidences et restaurants. On y mange bien, on y paie le prix européen. Pour la ville réelle, il faut descendre au marché du Mfoundi ou à Mokolo, plus rugueux et infiniment plus vivants. Comptez deux jours sur place, pas davantage : Yaoundé est un point de départ plus qu'une destination.
Waza, la savane du grand nord, et la question de la sécurité
Waza occupe 1 700 km2 de savane sahélienne dans la région de l'Extrême-Nord, près de la frontière nigériane et à une centaine de kilomètres du lac Tchad. Classé réserve de biosphère par l'Unesco en 1979, il a longtemps été le parc le plus visité d'Afrique centrale, avec ses éléphants, ses lions, ses girafes et ses antilopes concentrés autour des points d'eau en fin de saison sèche.
Il faut dire les choses telles qu'elles sont : la région de l'Extrême-Nord a été durement touchée par les incursions de Boko Haram à partir de 2014, le tourisme y a chuté à presque rien et le parc a été fermé plusieurs saisons. La situation a évolué depuis, mais elle reste mouvante. Avant d'inscrire Waza à un itinéraire, consultez les conseils aux voyageurs du ministère français des Affaires étrangères, qui classe encore une partie de cette région en zone déconseillée. Ce n'est pas un détail de fiche pratique, c'est la première décision à prendre.
Campo Ma'an, la forêt du sud et ses grands singes
Le parc national de Campo Ma'an se trouve dans la région du Sud, à la frontière de la Guinée équatoriale, à environ 70 kilomètres de Kribi. Aucun rapport avec le nord du pays : on est ici en pleine forêt équatoriale de basse altitude, dense, humide, avec plus de 4 000 millimètres de pluie par an sur certains secteurs.
Le parc protège 2 640 km2 et abrite gorilles de plaine de l'Ouest, chimpanzés, mandrills, éléphants de forêt et une flore d'une richesse peu commune. L'observation y est bien plus exigeante qu'en savane : la végétation bouche la vue à vingt mètres et les grands singes fuient. On y va avec un pisteur, tôt, et on accepte de rentrer bredouille un jour sur deux. C'est le prix de la forêt primaire.
Les chutes d'Ekom Nkam, dans le Littoral
Encore une erreur de géographie qui circule : les chutes d'Ekom ne sont pas au nord. Elles se situent près de Melong, dans le département du Moungo, région du Littoral, sur la route qui relie Douala à Bafoussam. Depuis Douala, comptez environ 150 kilomètres et trois heures de route, avec une piste de quelques kilomètres pour la fin.
La rivière Nkam s'y jette d'une soixantaine de mètres dans une gorge tapissée de fougères. Le lieu a servi de décor à Greystoke, le film de Hugh Hudson sorti en 1984 et consacré à la légende de Tarzan, ce qui lui vaut sa notoriété auprès des voyageurs européens. La descente jusqu'au pied de la cascade prend une vingtaine de minutes et se fait sur un sentier glissant : chaussures fermées obligatoires. Le débit est spectaculaire de septembre à novembre, réduit en février et mars.
Kribi, la seule plage où une cascade tombe dans la mer
Kribi, dans la région du Sud, est la station balnéaire du pays : sable clair, cocotiers, eau à 27 degrés toute l'année. La ville a beaucoup changé depuis la mise en service du port en eau profonde en 2018, avec l'arrivée d'une route bitumée depuis Douala qui a raccourci le trajet à trois heures environ.
Sa curiosité tient en un site, les chutes de la Lobé, à sept kilomètres au sud du centre. La rivière Lobé s'y déverse directement dans l'Atlantique en une série de bras et de paliers, configuration rarissime à l'échelle mondiale. On y accède en pirogue, et le lieu conserve une dimension rituelle pour les populations Batanga et les campements pygmées Bagyeli installés à proximité. Le poisson braisé se mange sur la plage, autour de 3 000 à 5 000 francs CFA, soit 5 à 8 euros.
Kribi est aussi le point de départ logique vers Campo Ma'an, et l'endroit du pays où l'on prolonge volontiers un séjour de trois jours en une semaine. Ceux qui cherchent une plage africaine pour un voyage à deux y trouveront de quoi tenir la comparaison avec les destinations classiques d'un voyage de noces.
La réserve du Dja, patrimoine mondial depuis 1987
Presque entièrement ceinturée par la boucle de la rivière Dja, cette réserve de faune de 5 260 km2 est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987. C'est l'une des forêts tropicales africaines les mieux conservées, avec plus de 100 espèces de mammifères recensées, dont le gorille et le chimpanzé, et une avifaune considérable.
L'accès se fait par Somalomo ou Lomié, à cinq ou six heures de Yaoundé sur des pistes qui deviennent difficiles en saison des pluies. Le cœur de la réserve n'est pas ouvert au tourisme de masse et se parcourt à pied, avec autorisation et guide. On y vient pour la forêt elle-même et pour la rencontre avec les communautés Baka, pas pour cocher des animaux sur une liste.
Le mont Cameroun, pour ceux qui montent
À 4 100 mètres, le mont Cameroun est le point culminant de l'Afrique de l'Ouest et centrale, et un volcan toujours actif dont la dernière éruption remonte à 2012. L'ascension depuis Buea prend deux à trois jours, avec un dénivelé de plus de 3 000 mètres et un passage brutal de la forêt tropicale à la lande d'altitude battue par le vent.
La course annuelle qui s'y déroule, la Course de l'Espoir, fait monter et redescendre les meilleurs coureurs en moins de cinq heures. Pour le commun des randonneurs, il faut un guide agréé, des vêtements chauds et une bonne condition physique. Buea se trouve dans la région du Sud-Ouest : la remarque sur la sécurité formulée plus haut s'applique pleinement, et cette ascension ne se prépare pas sans un point récent sur la situation locale.
Se déplacer : la route, le train, et le temps qu'on perd
L'axe Douala Yaoundé est bitumé et desservi par des bus de compagnies privées, avec un départ toutes les heures et un billet autour de 6 000 francs CFA, soit une dizaine d'euros. C'est confortable et sans surprise. Le train relie les deux villes et monte jusqu'à Ngaoundéré, au nord, en une quinzaine d'heures de nuit : lent, mais c'est la façon la plus simple d'aborder la moitié septentrionale du pays sans deux journées de voiture.
Ailleurs, la piste domine. Une moyenne de 40 km/h est une hypothèse optimiste en saison des pluies, et un trajet annoncé à quatre heures en prend six. Louer un 4x4 avec chauffeur coûte 60 000 à 100 000 francs CFA la journée, carburant compris selon les agences, et reste la solution la plus sûre pour rejoindre le Dja ou Campo Ma'an. Le chauffeur connaît l'état des routes du mois, ce qu'aucune application ne sait.
Pour suivre l'actualité du pays avant ou après un séjour, plusieurs titres en ligne couvrent le Cameroun en français, dont Journal du Cameroun, pure player fondé en 2008 et basé à Yaoundé. Ces sources locales restent le meilleur moyen de vérifier l'état d'une route, l'ouverture d'un parc ou le calendrier d'une fête traditionnelle, informations qu'aucun guide papier ne tient à jour.
Résumer cet article avec :
Partager :