étapes cruciales pour réagir face à une odeur de gaz dans votre maison !

Une odeur de gaz se traite en trois minutes et sans réfléchir : on ne touche à aucun interrupteur, on ouvre, on ferme le robinet si on l'a sous la main, on sort, et on appelle le 0 800 47 33 33 depuis la rue. Tout le reste vient après.

Ce numéro d'urgence sécurité gaz de GRDF est gratuit et joignable 24 heures sur 24, y compris si vous n'êtes pas client. C'est lui qu'il faut connaître par cœur, pas celui du fournisseur qui vous facture, lequel ne dépêche personne en urgence. Voilà ce qui doit s'enchaîner, dans l'ordre.

Pourquoi vous sentez quelque chose : le gaz est inodore

Le gaz naturel n'a aucune odeur à l'état pur. Ce que vous respirez, c'est un odorisant ajouté volontairement par le distributeur, le tétrahydrothiophène, dosé pour être perçu bien avant que le mélange ne devienne explosif. Cette odeur de chou ou d'œuf pourri est un dispositif de sécurité, pas un défaut du réseau. Elle est détectable à des concentrations très inférieures au seuil d'inflammabilité, ce qui vous laisse une marge réelle si vous réagissez tout de suite.

Un détail qui change la conduite à tenir : tous les gaz ne se comportent pas pareil. Le gaz naturel de réseau, à base de méthane, est plus léger que l'air et s'accumule en hauteur, sous les plafonds. Le butane et le propane en bouteille sont plus lourds que l'air et rampent au sol, s'accumulant dans les caves, les fosses et les vides sanitaires. Face à une bouteille suspecte, aérer par le haut ne sert à rien : c'est au niveau du sol qu'il faut créer le courant d'air, et il ne faut jamais descendre à la cave pour vérifier.

Ce qui fait l'étincelle, et que personne n'imagine

L'interdiction d'actionner un interrupteur est comprise par tout le monde. La liste des autres sources d'ignition l'est beaucoup moins. Le contact d'un interrupteur, quel qu'il soit, produit un micro-arc électrique au moment de la bascule : allumer une lampe est dangereux, l'éteindre l'est tout autant.

Le même raisonnement vaut pour la sonnette, l'ascenseur, la hotte, le ventilateur, le rideau métallique, le thermostat qui déclenche la chaudière et le téléphone posé sur sa base. Le portable ne fait pas exception : on l'utilise dehors, pas dans le couloir. Et on ne débranche rien, car retirer une fiche d'une prise produit exactement le même arc que d'appuyer sur un bouton.

Où se trouve le robinet, et comment le savoir avant d'en avoir besoin

La question se pose le jour même de l'emménagement, pas le jour de la fuite. En maison individuelle, le robinet de coupure générale est presque toujours dans le coffret de comptage, en limite de propriété ou en façade. En appartement, il y a deux niveaux : le robinet du logement, souvent dans la cuisine derrière la gazinière ou dans un placard technique, et la vanne d'immeuble, dans le local gaz ou la cage d'escalier, que le gardien ou le syndic connaît.

Faites le repérage une fois, en plein jour, et manœuvrez le robinet pour vérifier qu'il tourne. Un quart de tour, la poignée perpendiculaire à la conduite : c'est fermé. Les robinets jamais touchés depuis quinze ans se grippent, et c'est le genre de découverte qu'on préfère faire un dimanche calme.

Après l'alerte : qui paie quoi

Le technicien de GRDF intervient gratuitement jusqu'au compteur, c'est le domaine du distributeur. Au-delà du compteur, l'installation intérieure appartient à l'occupant ou au propriétaire, et la réparation d'un flexible fendu, d'un robinet fuyard ou d'une chaudière défectueuse reste à sa charge.

Le point de fuite le plus fréquent en logement, c'est justement le tuyau souple qui relie la gazinière à la prise murale. Les flexibles à embouts mécaniques portent une date de validité imprimée dessus, généralement dix ans. Passée cette date, le caoutchouc durcit et se fissure. Le remplacer coûte moins de trente euros et se fait sans outil. C'est la seule opération de cette page que vous pouvez mener vous-même, et de loin la plus rentable.

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