Vous ne devinerez jamais quel bois de chauffage est le meilleur pour votre cheminée !

Il n'existe pas de bois miracle pour une cheminée. À poids égal, le chêne, le hêtre et le peuplier libèrent presque la même chaleur : ce qui fait la différence, c'est l'humidité du bois et le volume de la pile, jamais l'essence à elle seule.

La croyance inverse circule dans tous les guides d'achat : les bois durs chaufferaient plus fort que les bois tendres. C'est une confusion entre masse et volume, et elle coûte de l'argent à ceux qui achètent au stère sans regarder ce qu'ils mettent dans la remorque. Reprenons le calcul, puis passons à ce qui compte vraiment.

Ce que vous achetez vraiment quand vous achetez un stère

Le prix affiché porte sur un volume, pas sur une quantité de chaleur. C'est là que l'essence devient un critère financier : à 90 euros le stère, du chêne à 550 kg le mètre cube apparent vous livre de l'ordre de 2 000 kWh, tandis que du peuplier au même prix vous en donne moitié moins. Le chêne n'est pas meilleur, il est simplement plus dense, donc plus rentable au mètre cube transporté et stocké.

Deuxième piège du même ordre : la longueur des bûches. Le stère se définit pour des bûches de 1 mètre empilées. En bûches de 50 centimètres, le même stère nominal ne représente plus que 0,8 mètre cube apparent environ, et 0,7 en 33 centimètres, parce que les bûches courtes s'empilent plus serré. Les vendeurs sérieux annoncent des mètres cubes apparents et précisent la longueur. Ceux qui vendent des stères de 33 centimètres au prix du stère de 1 mètre comptent sur votre distraction.

L'humidité, le seul critère qui fait vraiment gagner ou perdre

Un bois à 40 % d'humidité, fraîchement coupé, dégage environ moitié moins de chaleur utile qu'un bois à 15 %. L'énergie part à évaporer l'eau au lieu de chauffer la pièce, la combustion se fait à basse température, et les imbrûlés se déposent en bistre dans le conduit. C'est ainsi qu'on obtient à la fois une pièce froide, une vitre noire et un risque de feu de cheminée.

Le seuil à viser est de 20 % d'humidité sur masse brute, ce qui correspond à deux ans de séchage sous abri ventilé pour du chêne fendu, un an à dix-huit mois pour du hêtre ou du charme. Un humidimètre coûte une vingtaine d'euros et se plante sur la tranche fraîche d'une bûche fendue en deux, pas sur l'écorce, sinon la mesure ne veut rien dire.

Le stockage : là où la plupart des gens perdent leur bois

Une pile posée à même la terre reprend l'humidité du sol par capillarité en quelques semaines. Une bâche descendue jusqu'au sol transforme le tas en serre et fait moisir les bûches du milieu. Les deux erreurs sont fréquentes et elles annulent deux ans de séchage.

La bonne configuration tient en trois points : des palettes ou des chevrons pour décoller la pile de 10 centimètres du sol, une couverture qui protège uniquement le dessus en laissant les flancs à l'air libre, et une orientation qui expose la longueur de la pile aux vents dominants. Un bûcher de ce type sèche mieux qu'un garage fermé, où l'air ne circule pas.

Le foyer ouvert, la vraie mauvaise nouvelle

Le meilleur bois du monde ne rattrapera pas une cheminée ouverte. Son rendement plafonne autour de 10 à 15 %, et il arrive qu'il soit négatif : le tirage aspire l'air chaud de la maison pour l'envoyer dans le conduit, si bien que la pièce voisine se refroidit pendant que vous vous réchauffez le visage devant les flammes.

Un insert fermé posé dans le foyer existant monte le rendement autour de 70 %, et un poêle à bûches récent flirte avec 80 %. Le coût va de 2 000 à 5 000 euros pose comprise selon le tubage nécessaire. À consommation de bois identique, la différence de chaleur restituée est du simple au quintuple, ce qu'aucun choix d'essence ne pourra jamais approcher.

Le ramonage n'est pas une recommandation

Deux ramonages par an sont exigés pour un conduit de chauffage au bois, dont un pendant la période de chauffe, avec un certificat remis par le professionnel. Ce document est ce que l'assureur réclame après un sinistre, et son absence permet de discuter la prise en charge. La prestation coûte généralement entre 60 et 100 euros.

Un dernier mot sur les bois à éviter, celui-là sans nuance : jamais de bois peint, verni, traité, ni de palettes de récupération, ni de contreplaqué. La combustion des colles et des traitements dégage des composés chlorés qui attaquent le conduit et l'appareil, et ce que vous économisez sur le combustible, vous le repayez en tubage.

Résumer cet article avec :

Partager :

Énergie