Faut-il vraiment isoler ses fenêtres avant l'arrivée de l'hiver ? Découvrez la réponse !

Isoler ses fenêtres avant l'hiver est une bonne idée, mais rarement la première à prendre. Les fenêtres pèsent 10 à 15 % des déperditions d'un logement mal isolé, contre 25 à 30 % pour la toiture. La vraie question porte sur l'ordre des travaux.

Cette hiérarchie vient des ordres de grandeur publiés par l'Ademe sur la répartition des pertes thermiques d'une maison individuelle non rénovée. Le toit arrive en tête, les murs suivent avec 20 à 25 %, puis viennent le renouvellement d'air et les ponts thermiques, et enfin les fenêtres. Autrement dit, quelqu'un qui remplace ses fenêtres avant d'isoler ses combles dépense beaucoup pour gagner peu.

Distinguer la fuite d'air de la perte par le vitrage

Deux phénomènes différents se cachent derrière l'expression fenêtre mal isolée, et ils ne se traitent pas de la même façon.

Le premier est l'infiltration d'air. Un dormant déformé, un joint durci, une crémone mal réglée laissent passer un filet d'air froid en continu. On le repère à la bougie : approchez une flamme du pourtour de l'ouvrant un jour de vent, elle se couche là où ça fuit. Ce défaut se corrige pour quelques euros et donne un résultat immédiat sur la sensation de courant d'air.

Le second est la transmission thermique à travers la vitre elle-même, mesurée par le coefficient Uw en watts par mètre carré et par kelvin. Un simple vitrage tourne autour de 5, un double vitrage des années 1990 autour de 2,8, un double vitrage à isolation renforcée actuel descend à 1,3 voire moins. Là, aucun joint ne fera de miracle : c'est le verre qu'il faut changer.

Beaucoup de gens font poser des menuiseries neuves alors que leur inconfort venait d'une simple fuite d'air. L'inverse arrive aussi : on colle des joints partout sur des fenêtres en simple vitrage et on s'étonne de continuer à sentir le froid rayonner devant la baie. Identifier lequel des deux problèmes vous concerne évite de dépenser au mauvais endroit.

Ce qui marche pour moins de 100 euros

Les solutions légères se posent en un après-midi et se retirent au printemps. Elles ne transforment pas une passoire en logement performant, mais elles suppriment l'inconfort le plus criant.

  • Les joints en mousse ou en caoutchouc adhésifs, entre 3 et 10 euros le rouleau. Le caoutchouc à profil en P ou en E tient plusieurs saisons, la mousse simple se tasse en un hiver. Nettoyer et dégraisser le support avant collage conditionne toute la tenue.
  • Le film de survitrage thermorétractable, une quinzaine d'euros pour trois fenêtres. Tendu au sèche-cheveux sur un cadre adhésif, il crée une lame d'air immobile devant la vitre. C'est disgracieux et ça se déchire, mais sur une pièce peu occupée en simple vitrage, l'effet est net.
  • Les rideaux doublés ou thermiques, à condition qu'ils descendent jusqu'au sol et débordent largement de part et d'autre du tableau. Un rideau qui s'arrête au niveau de l'appui laisse l'air froid tomber et circuler par le bas.
  • Le boudin de bas de porte, dérisoire et pourtant efficace sur les portes-fenêtres anciennes.
  • La fermeture systématique des volets à la tombée du jour. C'est gratuit. Un volet roulant en position basse ajoute une lame d'air de plusieurs centimètres et réduit la déperdition nocturne de la baie de façon mesurable.

Quand le remplacement se justifie vraiment

Trois situations rendent le changement de menuiseries défendable. Le simple vitrage encore en place, d'abord, qui reste courant dans le bâti d'avant 1975. Le double vitrage embué entre les deux verres ensuite : le joint périphérique a lâché, le gaz argon s'est échappé, la performance est retombée à celle d'un vitrage ordinaire et rien ne se répare. Les dormants pourris ou déformés enfin, sur lesquels aucun réglage ne tient plus.

Comptez de 400 à 900 euros par fenêtre en PVC posée, davantage en aluminium ou en bois, et nettement plus pour des dimensions hors standard ou des formes cintrées. Sur une maison de huit ouvertures, la facture se situe couramment entre 6 000 et 15 000 euros. Le retour sur investissement par les seules économies de chauffage se compte en décennies, ce qu'aucun commercial ne vous dira spontanément. Le gain réel se mesure en confort et en valeur du bien.

Le point sur les aides, remis à jour

Une confusion circule encore dans beaucoup d'articles : le crédit d'impôt pour la transition énergétique, le fameux CITE, a été supprimé. Il a laissé place à MaPrimeRénov' à partir de 2020, avec une extinction complète en 2021. Citer le CITE aujourd'hui, c'est envoyer le lecteur vers un dispositif qui n'existe plus.

Le remplacement de fenêtres en simple vitrage par du double vitrage reste éligible à MaPrimeRénov' sous conditions de ressources, avec des montants forfaitaires par équipement, et aux certificats d'économies d'énergie versés par les fournisseurs. La TVA à 5,5 % s'applique sur la fourniture et la pose dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Dans tous les cas, le devis doit être signé avec une entreprise certifiée RGE, et la demande d'aide doit être déposée avant la signature du devis. Cet ordre est la première cause de refus de dossier.

Les barèmes et les conditions bougent chaque année. Vérifiez l'état du dispositif au moment de vos travaux plutôt que de vous fier à un article, celui-ci compris.

Questions fréquentes

Peut-on isoler ses fenêtres soi-même ?

Pour tout ce qui relève du joint, du film et du rideau, oui, sans hésitation. Un rouleau de joint adhésif et une paire de ciseaux suffisent. Le remplacement de menuiserie, en revanche, engage l'étanchéité à l'eau du tableau et la conformité aux règles de pose. Une mauvaise étanchéité en périphérie annule le bénéfice de la fenêtre neuve et peut abîmer le mur.

Combien coûte l'isolation des fenêtres ?

Deux ordres de grandeur sans rapport entre eux. Le calfeutrement complet d'un logement de quatre pièces revient à 40 ou 80 euros de fournitures. Le remplacement des menuiseries de ce même logement se chiffre entre 6 000 et 15 000 euros posés. Demandez trois devis détaillés, avec le coefficient Uw annoncé pour chaque menuiserie : c'est le seul chiffre sur lequel deux offres se comparent vraiment.

Quelles marques choisir ?

Attention à une confusion répandue. Isover, Knauf et Rockwool fabriquent des isolants en laine minérale pour murs et combles, pas des fenêtres. Velux est spécialiste de la fenêtre de toit. Pour des menuiseries verticales, ce sont d'autres fabricants qu'il faut regarder, et le critère décisif reste le certificat Acotherm ou le marquage CE avec le Uw de la fenêtre complète, pose comprise, pas celui du seul vitrage.

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