Vous êtes curieux de savoir combien d'énergie solaire votre maison produit ? Découvrez comment le compteur Linky peut vous aider !

Un compteur Linky ne mesure pas la production de vos panneaux solaires. Il compte ce qui entre chez vous et ce qui repart vers le réseau, et cette nuance change tout quand on veut savoir combien de kilowattheures le toit a fabriqués depuis janvier. La donnée existe, mais elle se lit ailleurs.

C'est la première déception de beaucoup de nouveaux producteurs. Le Linky, lui, est un compteur de frontière : il se tient entre votre tableau et le réseau public, et il enregistre les flux qui traversent cette frontière. Le courant produit par vos panneaux et consommé dans la seconde par votre réfrigérateur ne franchit jamais cette frontière. Il n'apparaît donc nulle part dans les index du compteur.

Où lire l'index d'injection, concrètement

Sur l'afficheur du compteur, on fait défiler les écrans avec les touches + et moins. Sur une installation en revente de surplus, un index libellé EASF ou simplement Injection apparaît dans la liste, exprimé en wattheures. Notez-le le premier de chaque mois : la différence entre deux relevés donne ce que vous avez réellement injecté, donc ce qui vous sera payé au tarif d'achat de votre contrat.

Il existe une seconde voie, plus confortable. En créant un compte sur l'espace client d'Enedis et en activant la collecte de la courbe de charge, on récupère une courbe au pas de trente minutes, téléchargeable en fichier tableur. Attention, la collecte n'est pas active par défaut, et les données ne sont pas rétroactives : tant que la case n'est pas cochée, rien ne se remplit.

Le port téléinformation, pour ceux qui veulent du temps réel

Sous le capot amovible du compteur se trouvent deux petites bornes marquées I1 et I2. C'est la sortie téléinformation client. Un module vendu quelques dizaines d'euros s'y branche et renvoie les trames vers votre box ou vers un serveur domotique local. On y retrouve l'injection instantanée, le soutirage, la puissance apparente.

Ce que la comparaison des deux chiffres vous apprend

Production moins injection égale autoconsommation. Cette soustraction toute bête est l'indicateur le plus utile de votre installation, parce que le kilowattheure autoconsommé vaut le prix auquel vous l'auriez acheté, tandis que le kilowattheure injecté vaut le tarif d'achat, souvent trois à quatre fois moins. Décaler le lave-linge et le lave-vaisselle en plein midi rapporte donc mécaniquement plus que d'ajouter un panneau.

La comparaison sert aussi de détecteur de panne. Si l'onduleur annonce une production stable et que l'index d'injection s'effondre alors que vos habitudes n'ont pas changé, cherchez du côté d'un appareil qui tire en permanence : un chauffe-eau resté en marche forcée, un sèche-serviettes oublié. À l'inverse, une production qui chute sans raison en plein mois de juin signale plutôt une chaîne de panneaux hors service, ou un ombrage nouveau, une branche qui a poussé.

Deux réflexes qui pèsent plus que le suivi

Mesurer, c'est bien. Corriger, c'est mieux. L'orientation plein sud avec une inclinaison de 30 à 35 degrés reste la référence sous nos latitudes, mais un toit est-ouest n'a rien d'une catastrophe : il produit environ 15 % de moins sur l'année tout en étalant la production du matin au soir, ce qui augmente la part autoconsommée.

Le nettoyage, lui, est largement surestimé. Là où il pleut régulièrement, la pluie fait l'essentiel du travail et les gains d'un lavage annuel se comptent en quelques pourcents. Monter sur un toit pour laver des panneaux propres est un risque pris pour rien.

Questions fréquentes

Faut-il changer de compteur quand on installe des panneaux ?

Non, mais le Linky doit être reprogrammé à distance par Enedis pour passer en mode producteur et ouvrir l'index d'injection. Tant qu'elle n'a pas eu lieu, l'injection n'est ni comptée ni payée.

Quelle durée de vie, et quelle pièce lâche en premier ?

Les modules cristallins tiennent couramment 25 à 30 ans, avec une garantie de rendement qui promet en général au moins 80 % de la puissance initiale à 25 ans. La pièce qui lâche en premier est l'onduleur central, autour de 10 à 15 ans. Prévoyez son remplacement dans votre calcul de rentabilité : c'est la dépense que la plupart des simulateurs oublient.

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