Etes-vous sûr de savoir quels sont les bois à éviter dans votre cheminée ? Découvrez pourquoi ces bois peuvent être dangereux !

Le bois qui abîme une cheminée n'est presque jamais celui qu'on croit : le conduit s'encrasse à cause de l'eau contenue dans la bûche, bien avant de s'encrasser à cause de l'essence. Un résineux sec chauffe mieux qu'un chêne coupé l'automne dernier, et cette idée change la façon de remplir son bûcher.

L'humidité, le critère qui décide de tout

Un arbre fraîchement abattu contient entre 45 et 60 % d'eau. Brûlé dans cet état, il dépense la plus grosse part de son énergie à évaporer cette eau au lieu de chauffer la pièce. On tombe autour de 2 kWh par kilo, contre près de 4 kWh pour la même bûche à 20 % d'humidité. À poids égal, vous payez deux fois le même bois pour la moitié de la chaleur.

Le reste suit mécaniquement. La vapeur d'eau refroidit les fumées, qui traversent le conduit sans atteindre la température de combustion des goudrons. Ces goudrons se déposent sur les parois froides et forment le bistre, cette croûte noire et vitrifiée qui alimente les feux de cheminée. Un conduit bistré ne se ramone pas à la brosse : il faut un débistrage mécanique, facturé plusieurs centaines d'euros.

Les résineux, un procès à réviser

Pin, sapin et épicéa traînent une mauvaise réputation qui mérite d'être nuancée. Oui, ils contiennent de la résine, brûlent vite et crépitent en projetant des escarbilles, ce qui les rend inadaptés à un foyer ouvert sans pare étincelles. Non, ils ne bistrent pas un conduit à eux seuls quand ils sont correctement secs.

Toute la Scandinavie se chauffe au résineux depuis des siècles. Le vrai reproche qu'on peut leur faire tient à leur densité : un stère de sapin pèse environ deux fois moins qu'un stère de chêne, donc il fournit moins de chaleur pour le même volume acheté et il faut recharger plus souvent. En bois d'allumage, en revanche, ils sont difficiles à battre.

La vraie liste noire

Certains bois, eux, n'ont rien à faire dans un foyer domestique, quelle que soit leur humidité. Ce sont les bois qui ne sont plus tout à fait du bois.

Les panneaux de particules, le contreplaqué et le médium contiennent des colles à base de formaldéhyde qui libèrent des composés irritants à la combustion. Les bois peints ou vernis relâchent des solvants, et les peintures anciennes peuvent contenir du plomb. Les traverses de chemin de fer et les poteaux téléphoniques ont été imprégnés de créosote, un produit dont la vente aux particuliers est interdite en France. Le bois flotté, ramassé sur une plage, est chargé de sel : au feu, il produit de l'acide chlorhydrique qui attaque l'acier du conduit.

Sécher son bois, ou l'acheter déjà sec

Un bois fendu, empilé sous un abri ouvert sur les côtés, met 18 à 24 mois à descendre sous 20 % pour du chêne, un peu moins pour le hêtre ou le charme. Fendre accélère beaucoup les choses : une bûche laissée ronde sèche par ses extrémités et met le double de temps.

Les erreurs de stockage coûtent une saison. Une bâche descendue jusqu'au sol enferme l'humidité et fait moisir la pile par le bas. Un tas posé à même la terre pompe l'eau du sol. La bonne configuration : deux palettes au sol, une bâche sur le dessus uniquement, les côtés à l'air libre, et si possible la face la plus exposée au vent dominant.

Acheter sans se faire avoir

Le stère n'a plus cours légal depuis 1977, remplacé par le mètre cube apparent empilé. La nuance a des conséquences très concrètes : un mètre cube apparent de bûches de 50 cm contient nettement plus de bois que le même volume annoncé en bûches de 33 cm, parce que les vides entre bûches augmentent quand on raccourcit. Comparez toujours des prix à longueur égale.

Les labels NF Bois de chauffage et France Bois Bûche engagent le vendeur sur l'essence, la longueur et le taux d'humidité annoncés. Ils ne sont pas une garantie absolue, mais ils donnent un recours. Méfiez vous des annonces qui parlent de bois sec sans préciser depuis quand il est coupé : chez beaucoup de vendeurs, sec signifie simplement abattu il y a un an.

Un dernier repère, gratuit et immédiat : la fumée qui sort de votre souche. Presque invisible et sans odeur marquée, la combustion est propre. Blanche et épaisse, le bois est trop humide. Noire, quelque chose brûle qui n'aurait pas dû se retrouver dans le foyer. Trois observations depuis le jardin valent souvent mieux qu'un tableau d'essences.

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