L'essor des pompes à chaleur : Tout ce que vous devez savoir

L'essor des pompes à chaleur : Tout ce que vous devez savoir

Deux maisons voisines, la même pompe à chaleur, deux factures qui vont du simple au double : l'écart ne vient presque jamais du modèle installé, il vient du réglage de la courbe de chauffe, de la température d'eau demandée aux radiateurs et de l'état de l'isolation. Voilà le vrai sujet, et il est rarement celui du devis.

Le principe de la machine tient en une phrase. Elle ne fabrique pas de chaleur, elle en déplace : un fluide capte les calories présentes dans l'air extérieur, dans le sol ou dans une nappe, un compresseur les concentre, un échangeur les restitue à l'intérieur. Il faut de l'électricité pour faire tourner le compresseur, mais moins que ce qu'un convecteur consommerait pour produire la même chaleur. Le détail du cycle est expliqué dans notre article sur le fonctionnement d'une pompe à chaleur.

La température de départ d'eau décide de tout

Une pompe à chaleur air/eau travaille d'autant mieux que l'eau qu'elle doit produire est tiède. Sur un plancher chauffant alimenté à 30 ou 35 degrés, elle est dans son élément. Sur des radiateurs en fonte réglés à 65 degrés, elle force, le compresseur tourne plus longtemps, et le rendement s'effondre. L'ordre de grandeur retenu par les installateurs : environ 2 à 3 % de rendement gagné par degré retiré à la température de départ.

La courbe de chauffe, ou loi d'eau, est la relation qui pilote ça. Elle dit à la machine quelle température d'eau produire pour chaque température extérieure. Trop haute, elle chauffe l'eau au-delà du nécessaire et vous payez la différence toute la saison. Trop basse, la maison peine à monter les jours froids et les occupants poussent le thermostat, ce qui annule le bénéfice.

Ce réglage se fait sur le tableau de commande, à la mise en service, et il devrait être repris après le premier hiver. Beaucoup d'installations restent sur les valeurs d'usine, calées pour le pire cas. C'est probablement le gisement d'économies le plus négligé du parc français.

Les grandes familles, en clair

Le vocabulaire commercial brouille les cartes, alors que les catégories sont peu nombreuses.

  • L'air/air souffle de l'air chaud par des splits intérieurs et rafraîchit l'été en inversant le cycle. Installation légère, mais elle ne produit pas d'eau chaude sanitaire et n'ouvre pas droit à MaPrimeRénov'.
  • L'air/eau prend les calories dans l'air et chauffe l'eau du circuit de chauffage, radiateurs ou plancher. C'est le modèle le plus posé en rénovation, et de loin.
  • Les géothermiques, sol/eau ou eau/eau, puisent dans le terrain ou dans une nappe. Rendement plus stable en hiver puisque la source ne gèle pas, mais capteurs à enterrer ou forage à faire, donc un coût de départ nettement plus élevé et un terrain adapté.
  • L'hybride associe la pompe à une chaudière gaz qui prend le relais par grand froid. Solution de compromis quand on garde une chaudière encore jeune.
  • La haute température vise jusqu'à 65 ou 80 degrés d'eau, pour conserver de vieux radiateurs. Elle évite de refaire toute l'installation, au prix d'un rendement moindre.

Le surdimensionnement, la panne qui n'en est pas une

Sur ce point, le calcul ne tient pas : installer plus gros par prudence coûte cher et chauffe moins bien. Une machine trop puissante atteint la consigne trop vite, s'arrête, redémarre, s'arrête encore. Ces cycles courts usent le compresseur et dégradent le rendement réel, parfois de 15 à 20 % par rapport à une machine correctement calibrée.

Le dimensionnement doit partir d'un calcul de déperditions du logement, pas de la surface multipliée par un coefficient au doigt mouillé. Demandez cette note de calcul avant de signer. Un installateur sérieux l'a faite.

L'entretien, ce qui est obligatoire et ce qui est utile

Depuis le décret de juillet 2020, l'entretien des pompes à chaleur dont la puissance se situe entre 4 et 70 kilowatts est obligatoire tous les deux ans, à la charge de l'occupant. Le professionnel vérifie l'étanchéité du circuit, les pressions, l'état des échangeurs, et remet une attestation à conserver.

Entre deux visites, l'entretien courant tient en peu de gestes. Dégager l'unité extérieure des feuilles mortes et de la végétation, laisser au moins une cinquantaine de centimètres devant la grille de soufflage, nettoyer les filtres des unités intérieures pour un air/air, vérifier que l'écoulement des condensats ne gèle pas en formant une plaque de glace au pied de la machine.

Reste la question du thermostat connecté, souvent vendue comme la solution miracle. Sur une installation avec loi d'eau bien réglée, il apporte peu : c'est la courbe qui pilote, pas la consigne d'ambiance. Il devient intéressant sur les absences longues et pour repérer les dérives de consommation. Bien moins spectaculaire que la promesse, mais c'est honnête.

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