Quel temps fait-il à Lisbonne en février ?

Quel temps fait-il à Lisbonne en février ?

Février à Lisbonne, c'est 15 degrés l'après-midi, 9 la nuit, et une dizaine de jours de pluie sur le mois : assez doux pour marcher toute la journée, trop humide pour partir sans imperméable. Le vrai sujet du voyage se joue là, dans la valise et dans le plan B.

Les chiffres, avant les cartes postales

La capitale portugaise vit sous un climat méditerranéen à influence atlantique. Traduction concrète pour février : les moyennes tournent autour de 9 degrés au petit matin et 15 ou 16 en milieu d'après-midi. On est loin du gel. On est aussi loin de la terrasse en tee-shirt, sauf lors d'une belle journée anticyclonique qui arrive à faire grimper le thermomètre vers 19 ou 20 degrés, ce qui se produit plusieurs fois par hiver.

L'écart avec le nord de la France est net : cinq à sept degrés de plus en moyenne l'après-midi, et surtout une lumière franche dès que le ciel se dégage. Le jour dure environ onze heures au début du mois et frôle les douze à la fin, avec un coucher de soleil qui recule vers 18h10. Cela change tout pour un week-end de trois jours : il reste du temps après le déjeuner pour un deuxième quartier.

L'autre paramètre, moins souvent mentionné, c'est le vent. Lisbonne est posée sur l'estuaire du Tage et les rafales d'ouest remontent le fleuve sans rien pour les arrêter. Sur le parvis de la tour de Belém, le ressenti descend de trois ou quatre degrés sous ce qu'annonce l'application météo.

Vue des toits de Lisbonne sous un ciel d'hiver partiellement couvert

La pluie : fréquente, rarement bloquante

Février fait partie de la saison humide portugaise, qui court grosso modo d'octobre à mars. Il tombe de l'ordre de 70 à 100 millimètres sur le mois, répartis sur une dizaine de journées. Le schéma habituel n'est pas la pluie continue mais l'averse : un front passe, il pleut fort pendant quarante minutes, puis le ciel se déchire et les façades d'azulejos se remettent à briller.

Cette météo en dents de scie a une conséquence pratique dont personne ne parle : les rues de Lisbonne sont pavées de calçada portuguesa, ce petit calcaire blanc poli par des générations de semelles. Mouillé, ça glisse. Sérieusement. Dans une ville construite sur sept collines, avec des ruelles de l'Alfama qui montent à plus de 15 % de pente, la paire de chaussures compte davantage que le manteau.

Côté valise, la règle des trois couches marche bien : un tee-shirt ou une chemise, un pull fin, une veste coupe-vent imperméable. Un parapluie sert peu par vent d'ouest, il se retourne. Ajoutez des lunettes de soleil, car le soleil bas d'hiver tape droit dans les yeux quand on descend une rue orientée à l'ouest, et une écharpe pour les fins de journée sur les miradouros.

Ce que février change à l'expérience de la ville

Le principal argument du mois n'est pas la météo, c'est la fréquentation. Le tramway 28, saturé de mai à septembre au point qu'on attend trois rames avant de monter, se prend souvent sans queue en février. Le monastère des Hiéronymites et la tour de Belém, deux sites classés à l'Unesco depuis 1983, s'abordent dans des conditions correctes plutôt qu'à la file indienne. Même le funiculaire de la Glória, généralement pris d'assaut, redevient un moyen de transport.

Les tarifs suivent la même courbe. Février est un creux touristique, hors vacances scolaires et hors Carnaval : les nuitées d'hôtel et les vols coûtent nettement moins cher qu'en juin. Si vous préparez le budget d'un séjour, la même logique de planification vaut pour d'autres formules de voyage, comme l'organisation d'un séjour familial en camping-car : la basse saison fait la moitié du travail sur la facture.

Le Carnaval, souvent présenté à tort comme un mois entier de festivités, tient en réalité sur quelques jours autour du Mardi gras, dont la date bouge chaque année entre début février et début mars selon le calendrier de Pâques. À Lisbonne même, les défilés restent modestes ; les cortèges les plus spectaculaires du pays se tiennent ailleurs, notamment à Torres Vedras, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale, et à Loulé en Algarve. Si le Carnaval est votre motif de voyage, vérifiez la date avant de réserver, elle ne tombe pas toujours en février.

Le programme de repli, celui qui sauve le séjour

Un séjour d'hiver bien construit alterne extérieur et intérieur. Le matin, quand la lumière est la meilleure, prenez les collines et les points de vue. Gardez pour l'après-midi ce qui se visite à l'abri : le musée national de l'Azulejo, installé dans un ancien couvent du XVIe siècle, le musée Calouste-Gulbenkian et sa collection d'art, l'Oceanário du parc des Nations, ou le marché couvert de la Ribeira, le Time Out Market, où l'on déjeune au sec.

Les halles et les brocantes fonctionnent aussi très bien par temps gris. La feira da Ladra, sur le Campo de Santa Clara, se tient les mardis et samedis et occupe un terrain en partie découvert : c'est le seul rendez-vous à reprogrammer en cas de gros grain. Pour le reste, un café dans un pastelaria avec un pastel de nata sorti du four règle la question de l'attente.

Reste la question que tout le monde se pose sans l'écrire : peut-on se baigner ? Non. L'Atlantique affiche 14 ou 15 degrés en février sur la côte de Cascais, et les plages de Carcavelos ou du Guincho appartiennent aux surfeurs en combinaison intégrale. Marcher sur le sable en fin d'après-midi, avec la lumière rasante sur l'océan, vaut en revanche le train de trente minutes depuis Cais do Sodré.

Résumer cet article avec :

Partager :