Avatar 2 : une nouvelle bande-annonce
La deuxième bande-annonce d'Avatar 2, mise en ligne début novembre 2022, ne raconte presque rien de l'intrigue et c'est un choix assumé : elle vend un décor, l'océan de Pandora, et une famille en fuite. Voilà ce qu'elle montre réellement, et ce que la promotion a laissé croire de travers avant la sortie du 14 décembre.
Avatar : la voie de l'eau reprend l'histoire de Jake Sully et Neytiri quelque part après le premier film, cette fois chez un peuple de la mer.
Treize ans d'attente pour trois heures de film
Le premier Avatar est sorti en décembre 2009 et durait 2 h 42. La suite en annonce un peu plus de 3 h 10, ce qui en fait l'un des blockbusters les plus longs jamais programmés en salle. James Cameron avait prévenu : ceux qui trouveront le film trop long pourront aller aux toilettes et revenir, la scène qu'ils rateront leur sera racontée à la sortie. Le ton était donné.
Treize ans entre deux épisodes, ce n'est pas un caprice. Cameron a réécrit son scénario après l'avoir jugé insuffisant, il a attendu que la capture de mouvement fonctionne sous l'eau, et il a tourné en même temps une partie du troisième volet. Le procédé technique développé pour les scènes aquatiques a occupé plusieurs années à lui seul.
Ce que la nouvelle bande-annonce montre vraiment
Une famille qui quitte la forêt. Des récifs, des créatures marines, un peuple qui plonge en apnée. Des vaisseaux humains qui reviennent. Et beaucoup d'eau, filmée avec un soin qui saute aux yeux même sur un écran de téléphone.
Ce qu'elle ne montre pas : le motif exact du retour des humains, le sort des personnages, la nature du conflit final. Aucun dialogue ne dépasse une phrase. C'est un teaser d'ambiance, monté pour le grand écran, et il faut le prendre pour ce qu'il est.
Les personnages qui arrivent dans cet épisode
La famille Sully s'est agrandie entre les deux films, et c'est le vrai sujet de ce deuxième volet : un couple devenu des parents, avec ce que ça implique de peur et de compromis.
- Jamie Flatters joue Neteyam, l'aîné, celui sur qui pèse le rôle de fils modèle.
- Britain Dalton incarne Lo'ak, le cadet, plus rétif, moteur d'une bonne partie des ennuis.
- Trinity Jo-Li Bliss est Tuktirey, la petite dernière, âgée de huit ans dans le récit.
- Kate Winslet joue Ronal, la cheffe spirituelle du clan Metkayina et l'épouse de son chef Tonowari. Elle n'est pas à la tête du clan, elle en est la voix rituelle, ce qui n'est pas la même autorité.
- Sigourney Weaver revient, non pas dans le rôle de Grace Augustine, mais dans celui de Kiri, une adolescente. À plus de soixante-dix ans, elle joue une gamine de quatorze ans en capture de mouvement.
L'histoire, dans les grandes lignes
Les humains reviennent sur Pandora. La forêt n'est plus sûre pour la famille Sully, qui part demander asile aux Metkayina, un peuple na'vi installé sur les récifs. Ces derniers ont un physique adapté à la mer : queue plus large, avant-bras palmés, apnée très longue, et le même lien avec les animaux marins que les peuples de la forêt entretiennent avec les créatures terrestres.
Sur la composition de la famille, la communication a longtemps entretenu le flou. Neteyam, Lo'ak et Tuktirey sont les enfants biologiques de Jake et Neytiri. Kiri est née du corps en sommeil de l'avatar de Grace Augustine, un mystère que le film pose sans le refermer. Spider, lui, est un adolescent humain né sur Pandora et resté sur place, élevé par les Na'vi mais qui n'a jamais été adopté au sens propre. Le raccourci selon lequel le couple aurait recueilli deux orphelins d'une attaque humaine ne correspond à rien de ce que raconte le film.
La 3D, l'IMAX et la question du format
Cameron a tourné pour la 3D, pas pour la salle du coin en projection classique. Une partie du film est présentée en haute fréquence d'images, une technique qui rend les mouvements plus fluides et qui divise franchement les spectateurs : certains y voient une netteté inédite, d'autres un effet vidéo qui casse la sensation de cinéma.
Concrètement, la salle change l'expérience plus que sur n'importe quel autre film de cette période. Une projection 3D sur grand écran justifie les quelques euros de supplément. Ceux qui ont la chance de vivre près d'un IMAX géant, à Paris comme dans les grandes salles du Golfe où l'on se rend souvent à la meilleure période pour visiter Dubaï, ont vu un autre film que ceux restés en 2D.
Une sortie repoussée un nombre incalculable de fois
Il faut se souvenir que ce deuxième volet a d'abord été annoncé pour 2014, puis pour 2015, 2016, 2017, 2018, 2020, 2021. Sept reports au moins, dont le dernier imputable à l'arrêt des tournages pendant la pandémie. À force, une partie du public avait fini par ne plus y croire, et c'est peut-être le meilleur service que ces retards ont rendu au film : la bande-annonce de novembre 2022 est tombée sur des gens qui n'attendaient plus rien.
Cameron a aussi tourné le troisième épisode en même temps que celui-ci, avec les mêmes jeunes acteurs, précisément pour éviter de les voir grandir entre deux films. La suite était donc déjà largement en boîte quand la voie de l'eau est arrivée en salle, et annoncée pour décembre 2024.
Le pari commercial derrière la bande-annonce
Un film de ce budget doit rassembler un public qui n'a pas vu le premier en salle, y compris des adolescents nés après 2009. D'où cette promotion centrée sur l'image plutôt que sur l'intrigue : un enfant de douze ans n'a pas besoin de connaître l'histoire de Jake Sully pour avoir envie de voir des créatures nager dans une eau turquoise.
Cameron lui-même annonçait à l'époque que le film devrait devenir l'un des plus gros succès de tous les temps pour seulement rentrer dans ses frais, la production couvrant plusieurs suites simultanément. Une phrase qui en dit long sur la mise, et sur le fait que cette bande-annonce n'avait pas le droit à l'erreur.
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