Netflix : 10 très bons films à voir
Aucun des dix films de cette liste n’appartient à Netflix. Ce sont des droits de diffusion loués pour deux ou trois ans, et c’est la raison pour laquelle un titre repéré un soir peut avoir disparu de la page d’accueil du service de streaming le mois suivant. La sélection ci-dessous vaut donc comme carnet d’adresses, pas comme garantie.
Autre chose à savoir avant de commencer : le catalogue français n’est pas le catalogue américain, ni le belge, ni le suisse. Les accords se négocient territoire par territoire, avec des chaînes qui gardent l’exclusivité d’un film pendant des mois. Un titre peut donc être présenté partout dans la presse comme « disponible sur Netflix » et rester introuvable depuis Paris ou Bordeaux. Le réflexe utile tient en dix secondes : taper le titre dans la barre de recherche du compte avant de prévoir la soirée.
Robin des Bois, la version qui raconte l’avant
Ridley Scott a signé en 2010 un Robin des Bois qui prend le contre-pied de la légende habituelle. Pas de collants verts ni de joyeuse bande dans la forêt de Sherwood : le film raconte ce qui se passe avant, quand Robin Longstride n’est encore qu’un archer qui rentre des croisades avec l’armée de Richard Cœur de Lion. Russell Crowe tient le rôle, Cate Blanchett celui de Marianne. C’est un film de siège et de boue plutôt qu’un film d’aventures pour enfants, et il faut le savoir avant de le lancer un dimanche après-midi en famille.
Gran Torino, le film que Clint Eastwood a failli garder pour la fin
Sorti aux États-Unis en décembre 2008 et en France en février 2009, Gran Torino met en scène Walt Kowalski, vétéran de Corée, veuf, ouvrier retraité de chez Ford, qui vit dans un quartier de Detroit devenu majoritairement hmong. Il déteste ses voisins et le fait savoir. Le film raconte comment ce vieil homme se retrouve, presque contre lui-même, à protéger l’adolescent d’à côté.
Un détail circule souvent de travers dans les résumés en ligne : Walt n’est pas « tabassé par son protégé ». Il choisit au contraire de désarmer le gang du quartier par un geste que personne n’attend, et le film s’arrête là. Ceux qui l’ont vu savent pourquoi cette dernière scène a marqué. Ceux qui ne l’ont pas vu ont tout intérêt à ne pas lire les commentaires avant.
Bright Star, deux ans dans la vie de John Keats
Jane Campion filme en 2009 la relation entre le poète anglais John Keats et Fanny Brawne, sa voisine, couturière de talent et lectrice tiède. Elle coud, il écrit, chacun regarde le métier de l’autre avec un mélange de curiosité et de condescendance. Keats est mort de la tuberculose à Rome en 1821, à vingt-cinq ans, ce qui donne au film sa mélancolie de fond.
La Leçon de piano
Palme d’or à Cannes en 1993, oscarisé trois fois, le film de Jane Campion suit Ada, muette depuis l’enfance, débarquée sur une plage de Nouvelle-Zélande au milieu du XIXe siècle avec sa fille Flora et son piano. Elle n’est pas veuve : elle a été mariée par correspondance à un colon qu’elle n’a jamais rencontré, et qui abandonne l’instrument sur le sable faute de porteurs. Tout le film tient dans ce piano, monnaie d’échange et seule voix du personnage. Holly Hunter, qui joue elle-même les morceaux de Michael Nyman, et Anna Paquin, oscarisée à onze ans, portent l’ensemble.
Le Redoutable, Godard vu par Hazanavicius
Attention au malentendu : ce film de Michel Hazanavicius, sorti en 2017, n’est pas une comédie romantique pour soirée familiale. C’est une satire, adaptée du livre d’Anne Wiazemsky, sur Jean-Luc Godard en 1968, entre le tournage de La Chinoise et sa rupture avec le cinéma qui l’avait rendu célèbre. Louis Garrel joue Godard, Stacy Martin joue Wiazemsky. On rit beaucoup, mais des dialogues et de la vanité d’un homme, pas des gags. Le public visé est celui qui a déjà une idée de qui était Godard.
Contagion, le film que tout le monde a redécouvert en 2020
Steven Soderbergh l’a tourné en 2011, dix ans avant que son scénario ne devienne un sujet de conversation. Ce n’est pas de la science-fiction : c’est un thriller procédural, presque documentaire, sur la propagation d’un virus baptisé MEV-1. Le point de départ n’est pas un homme d’affaires mais Beth Emhoff, cadre américaine jouée par Gwyneth Paltrow, qui rentre d’un voyage professionnel à Hong Kong et meurt en quelques jours. Le reste du film suit les épidémiologistes, les laboratoires, la logistique du vaccin et la rumeur qui court plus vite que la maladie.
Quatre autres titres pour compléter la soirée
Le reste de la sélection couvre des registres assez éloignés les uns des autres :
- Les Vestiges du jour : James Ivory, 1993, Anthony Hopkins en majordome anglais qui a passé sa vie à ne rien dire. Le film le plus lent de la liste, et le plus déchirant.
- Sweetie : le premier long métrage de Jane Campion, 1989. Kay consulte une voyante au début du film, puis voit débarquer sa sœur Dawn, surnommée Sweetie. Comédie, oui, mais très noire.
- Happy Feet : George Miller, 2006. Mumble est un jeune manchot empereur incapable de chanter juste, alors que le chant est justement la façon dont les manchots se trouvent un partenaire. Il danse les claquettes à la place. Oscar du meilleur film d’animation.
- L’Étrange Histoire de Benjamin Button : David Fincher, avec Brad Pitt et Cate Blanchett. Sortie américaine le 25 décembre 2008, sortie française le 4 février 2009. Deux heures quarante-cinq, à ne pas commencer à 23 heures.
Trois films de Jane Campion, un Ridley Scott, un Fincher, un Soderbergh : cette liste ressemble moins à un classement qu’à un instantané de ce qui était accessible à un moment donné.
Comment repérer ce qui va disparaître
La plateforme prévient rarement, mais elle laisse des indices. Un film ajouté à votre liste affiche parfois une mention de date limite de visionnage quelques jours avant son retrait. Les sites qui suivent les entrées et sorties de catalogue mois par mois font le travail à votre place et se trompent peu. Dernier conseil de bon sens : quand un titre vous tente vraiment, regardez-le dans la quinzaine. C’est encore la méthode la plus sûre.
Reste la question du moment. Une liste de dix films représente une vingtaine d’heures, soit un mois de soirées à raison de deux par semaine. Autant en choisir trois et les voir vraiment, plutôt que d’en sauvegarder dix et de passer la soirée à faire défiler les vignettes. Et pour les week-ends où toute la maison regarde ensemble, notre sélection d’idées pour un Noël en famille réussi propose d’autres pistes que l’écran.
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