Comment traiter l'acné ?

Un traitement contre l’acné ne se juge pas en deux semaines : il faut trois mois avant de savoir s’il fonctionne, et c’est exactement pendant ces trois mois que la plupart des gens abandonnent. Le calendrier compte autant que la molécule choisie.

Presque tous les adolescents passent par là, et l’acné ne s’arrête pas à vingt ans : une femme adulte sur quatre en a encore. Comme les boutons se voient, beaucoup enchaînent les produits, changent de crème toutes les trois semaines et concluent que rien ne marche. Le problème est rarement le produit. Il est dans la durée.

Ce que le médecin regarde avant de prescrire

Le choix dépend de paramètres que le dermatologue évalue en quelques minutes : l’âge, le type de lésions (points noirs et microkystes d’un côté, boutons rouges et douloureux de l’autre), l’étendue, les cicatrices déjà présentes, le fait d’être ou non en âge d’avoir des enfants. Une acné rétentionnelle du front à seize ans et une acné inflammatoire du menton à trente-deux ans ne reçoivent pas le même traitement.

Le généraliste traite les formes légères à modérées. Le dermatologue devient utile quand les lésions sont profondes, laissent des marques, ou quand deux traitements bien suivis ont échoué. Vu les délais de rendez-vous, autant commencer par son médecin traitant plutôt que d’attendre huit mois sans rien faire.

Les traitements locaux, la base de tout

Peroxyde de benzoyle, adapalène, acide azélaïque : ces trois familles forment le socle. On les applique le soir sur tout le visage, pas seulement sur les boutons, parce qu’ils agissent sur les lésions qu’on ne voit pas encore. Certains dosages s’achètent sans ordonnance, les plus concentrés se prescrivent.

Deux erreurs reviennent sans arrêt : poser une noisette de crème sur chaque bouton comme du dentifrice, ce qui ne prévient rien, et arrêter au bout de dix jours parce que la peau pèle. Cette irritation est attendue. On espace une application sur deux pendant quinze jours, on hydrate, on reprend le rythme normal.

Les antibiotiques, en cure courte et jamais seuls

Pour les formes inflammatoires, les cyclines orales (doxycycline, lymécycline) se prescrivent en association avec un traitement local. Deux règles : trois mois maximum, jamais seules. C’est une question de résistance bactérienne, prise au sérieux depuis une dizaine d’années. Un antibiotique donné seul pendant six mois contre des boutons n’est plus la pratique recommandée.

L’isotrétinoïne, efficace et encadrée

Traitement le plus puissant des acnés sévères ou résistantes, longtemps connu sous le nom de Roaccutane et aujourd’hui disponible en génériques. Il fait le travail là où le reste a échoué, en échange d’une surveillance sérieuse :

  • Sécheresse de la peau, des lèvres et parfois des yeux, quasi constante, gérable avec un baume
  • Sensibilité accrue au soleil
  • Prise de sang avant le traitement puis pendant, pour surveiller le foie et les lipides
  • Cheveux plus fins parfois, réversible à l’arrêt (ce médicament ne provoque pas de calvitie définitive, contrairement à ce qu’on lit sur les forums)
  • Troubles de l’humeur signalés : prévenez l’entourage, consultez si le moral se dégrade
  • Un risque majeur de malformation en cas de grossesse, d’où contraception et tests mensuels obligatoires

Il n’y a pas lieu de le diaboliser, ni de le prendre à la légère. Il se discute avec un dermatologue, en pesant la sévérité de l’acné contre le risque de cicatrices définitives.

La pilule, pour celles qui cherchent aussi une contraception

Certaines pilules oestroprogestatives améliorent l’acné hormonale, sur plusieurs mois. La logique de prescription est claire : on prend cette voie quand une contraception est de toute façon souhaitée, pas seulement pour la peau, à cause du risque vasculaire. La peau se modifie d’ailleurs souvent pendant une grossesse, dans un sens ou dans l’autre, période où le confort se joue ailleurs, jusqu’au choix d’un coussin de grossesse pour mieux dormir.

Les remèdes maison : ce qui aide, ce qui abîme

Le citron sur la peau, souvent recommandé sur les réseaux, est une mauvaise idée : ses furocoumarines réagissent au soleil et provoquent brûlures et taches brunes durables. Le masque à la tomate ne repose sur rien de sérieux non plus.

Côté alimentation, les données pointent modestement vers les sucres rapides et le lait écrémé chez certaines personnes. Le chocolat, accusé depuis cinquante ans, n’a jamais été condamné par les études. Un conseil tient toujours : ne percez pas vos boutons. C’est la meilleure façon de transformer une lésion de cinq jours en marque de cinq ans.

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