L'asthme chez les chats : symptômes et traitement !
La toux d'un chat asthmatique ressemble à s'y méprendre à une tentative de recracher une boule de poils. C'est cette confusion, et pas la rareté de la maladie, qui retarde le diagnostic de plusieurs mois chez la plupart des chats concernés.
L'asthme félin touche environ 1 à 5 % des chats, soit à peu près un chat sur cinquante. Ce n'est donc pas une curiosité vétérinaire. Sauf qu'il se manifeste par un geste que tout propriétaire interprète de travers : le chat s'accroupit, allonge le cou vers l'avant, contracte l'abdomen et émet un bruit rauque. Tout le monde y voit une pelote de poils coincée. Personne ne compte les respirations. Cet article prend donc le problème par là : comment faire la différence, et pourquoi elle compte.
Boule de poils ou crise : ce qui distingue les deux
Une régurgitation de trichobézoard se termine par quelque chose : un amas de poils sur le tapis, en quelques secondes. Une quinte asthmatique, elle, ne produit rien. Le chat tousse, s'arrête, repart, parfois pendant une à deux minutes, puis se recouche comme si de rien n'était. Rien n'est expulsé, sinon un peu de mucus mousseux. Autre différence : la boule de poils survient plutôt après un toilettage intense, la crise d'asthme survient après une exposition, un ménage, un pschitt de désodorisant, un sac de litière fraîchement versé.
Les autres signes à retenir sont plus faciles à repérer quand on sait quoi chercher :
- une respiration sifflante audible à distance ;
- un effort respiratoire abdominal, les flancs qui pompent ;
- une respiration gueule ouverte, qui chez le chat est toujours anormale au repos ;
- des lèvres et des gencives grises ou bleutées ;
- une toux persistante, sèche, souvent nocturne ;
- une baisse d'activité, un chat qui ne saute plus, qui refuse le jeu ;
- des bruits de gargouillis dans la gorge et une déglutition répétée.
À l'inverse, un chat qui ronfle en dormant ou qui souffle après une course dans le couloir ne fait pas d'asthme. Le ronflement dépend de l'anatomie, particulièrement chez les races à face plate.
Ce qui déclenche les crises, dans l'ordre d'importance
L'asthme félin est une réaction allergique des voies aériennes basses : les bronches s'enflamment, se resserrent et se remplissent de mucus. L'inhalation d'un allergène est le déclencheur le plus fréquent. Les suspects habituels sont bien identifiés :
- la fumée de cigarette, de loin le facteur le plus évitable ;
- les acariens de la poussière ;
- les poussières de la litière du chat, surtout les substrats minéraux fins ;
- les pollens de graminées et d'arbres, avec une saisonnalité nette au printemps ;
- les moisissures des pièces humides ;
- les sprays ménagers, désodorisants, parfums d'intérieur et bougies parfumées ;
- plus rarement, certains composants alimentaires.
Le stress n'est pas un allergène, mais il aggrave la fréquence et l'intensité des crises. Un chat qui vit en alerte permanente respire plus vite et tolère moins bien un bronchospasme. Si le vôtre sursaute au moindre bruit, travailler sur ce terrain fait partie du traitement : les conseils réunis pour un chat craintif valent aussi ici, tout comme les méthodes classiques pour calmer un chat avant une manipulation.
Des facteurs de fond pèsent également : parasites pulmonaires, obésité, cardiopathie préexistante, pneumonie, et une part héréditaire réelle. Le siamois et les lignées orientales sont surreprésentés, ce qui pose la question du choix des reproducteurs pour qui s'intéresse à la reproduction chez les chats.
Le traitement, et pourquoi l'inhalateur a changé les choses
Deux familles de médicaments interviennent. Les corticoïdes traitent l'inflammation de fond, ce sont eux qui font le travail. Les bronchodilatateurs relâchent le muscle bronchique et soulagent vite, mais ne touchent pas à l'inflammation : prescrits seuls, ils masquent une maladie qui continue d'abîmer les bronches. C'est le contresens le plus répandu sur ce sujet.
Historiquement, les corticoïdes se donnaient par voie orale ou en injection, avec les effets secondaires que cela implique sur des années : prise de poids, diabète, fonte musculaire. La forme inhalée a modifié cet équilibre. Un aérosol-doseur humain associé à une chambre d'inhalation vétérinaire munie d'un petit masque délivre le produit directement dans les bronches, à des doses très faibles et avec un passage général minime. Le chat respire normalement dans le masque pendant sept à dix respirations, deux fois par jour. La plupart s'y habituent en une à deux semaines si on procède par étapes courtes et récompensées.
À la maison, le reste tient à l'environnement : arrêt total du tabac à l'intérieur, litière peu poussiéreuse en granulés ou en végétal, aspirateur à filtre, aération quotidienne, suppression des sprays parfumés. Ces mesures ne sont pas un supplément décoratif au traitement, elles conditionnent la dose de corticoïde nécessaire.
Ce qu'il faut surveiller au quotidien
Tenez un carnet simple : date et durée des quintes, contexte, comptage respiratoire au sommeil une fois par semaine. Ce suivi vaut mieux qu'une impression générale, parce que l'aggravation d'un asthme est lente et qu'on s'habitue à un chat qui tousse. Notez aussi les symptômes annexes, un écoulement oculaire ou une conjonctivite chez le chat orientant plutôt vers une atteinte des voies respiratoires hautes, donc vers autre chose qu'un asthme. La distinction se joue là aussi : les voies hautes éternuent, les voies basses toussent.
Résumer cet article avec :
Partager :