Décès tragique : le poison mortel du poisson-globe offert en cadeau

Un mangeur de poisson meurt après avoir mangé un poisson-globe mortel qui lui a été offert en cadeau

Offrir un poisson-globe à un ami, c'est lui remettre un animal dont le foie contient de quoi tuer plusieurs adultes. C'est ce qui est arrivé au Brésil début février 2024, et le drame se joue avant la cuisine : au moment du cadeau.

L'histoire, relayée par les médias brésiliens puis par la presse française, tient en trois lignes. Un homme reçoit un poisson d'une connaissance revenue de pêche. Il le nettoie, le prépare, le mange. Il meurt. C'était un baiacu, nom local du poisson-globe, celui que les Japonais appellent fugu et ne confient qu'à des cuisiniers licenciés.

Une toxine que le corps ne sait pas combattre

La tétrodotoxine bloque les canaux sodiques des cellules nerveuses. Le nerf n'envoie plus rien au muscle. Les premiers signes apparaissent souvent en moins d'une heure : fourmillements autour des lèvres et de la langue, engourdissement du visage, difficultés à parler, faiblesse des jambes. La paralysie remonte. Quand elle atteint le diaphragme, la respiration s'arrête alors que la personne est encore consciente.

Il n'existe pas d'antidote. Le seul traitement consiste à ventiler artificiellement la victime le temps que la toxine soit éliminée, ce qui prend en général vingt-quatre à quarante-huit heures. Arriver vite à l'hôpital change tout. Manger ce poisson un dimanche soir à une heure de route du premier service de réanimation ne laisse pas beaucoup de marge.

Le geste du cadeau, angle mort de l'affaire

On retient d'habitude la faute du cuisinier amateur. Sur ce point, le raisonnement s'arrête trop tôt. La commercialisation du baiacu est interdite au Brésil depuis 2015 : ce poisson ne devrait pas circuler de main en main comme un maquereau. Celui qui donne une prise transmet aussi la responsabilité de savoir ce que c'est. Dégonflé, posé sur un plan de travail, un poisson-globe ressemble à beaucoup d'autres poissons blancs.

Un poisson-globe gonflé nageant près du fond, corps rond et peau lisse sans piquants

Ce qu'il faut faire d'un poisson qu'on ne reconnaît pas

La règle vaut aussi sur les côtes françaises, où des poissons-globes du genre Lagocephalus remontent depuis la Méditerranée orientale et finissent parfois dans les filets. Un poisson inconnu ne se cuisine pas. On le photographie, on le montre à un poissonnier ou à une capitainerie, et dans le doute on le jette.

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