Les destinations à risque à éviter pour assurer la sécurité lors d'un voyage en Thaïlande
Une seule zone de Thaïlande est formellement déconseillée par le Quai d'Orsay : les quatre provinces de l'extrême sud. Partout ailleurs, ce qui menace le voyageur relève de l'accident de scooter et de l'arnaque, pas du danger politique.
Confondre les deux catégories fait perdre du temps et de l'argent. Les listes de « quartiers à éviter » recopiées d'un blog à l'autre pointent presque toujours Patong, Khao San Road ou Soi Cowboy, c'est-à-dire des lieux fréquentés chaque soir par des dizaines de milliers de visiteurs qui en repartent sans encombre. Le vrai classement des risques, celui que dressent les assureurs et les services consulaires, place très loin devant tout le reste la circulation routière.
La route tue, les bars non
La Thaïlande figure parmi les pays où la mortalité routière est la plus élevée au monde, avec un taux que l'Organisation mondiale de la santé estime autour de 30 morts pour 100 000 habitants par an, contre environ 5 en France. Les deux-roues représentent près des trois quarts de ces décès. Le touriste qui loue un scooter à Phuket ou à Koh Samui sans permis moto, sans casque intégral et sans expérience de la conduite à gauche entre exactement dans la statistique.
Deux conséquences pratiques. D'abord, la plupart des contrats d'assurance voyage excluent les dommages survenus au guidon d'un deux-roues si le conducteur ne détient pas la catégorie A ou l'extension correspondante sur son permis international. Une évacuation sanitaire depuis les îles du Golfe vers Bangkok se facture couramment plusieurs dizaines de milliers d'euros, à régler avant le décollage. Ensuite, le loueur conserve systématiquement le passeport en garantie, pratique illégale mais généralisée, ce qui transforme le moindre litige sur une rayure en négociation déséquilibrée. Laissez une copie et une caution, jamais l'original.
Ce qui se passe vraiment à Patong, Khao San et Walking Street
Ces quartiers ne sont pas dangereux au sens où l'on y risquerait sa vie. Ils sont coûteux et propices aux litiges. Le schéma se répète : addition gonflée à la sortie d'un bar à hôtesses, facture de plusieurs centaines d'euros présentée par des videurs peu enclins à la discussion, ou vol de portefeuille dans une foule compacte. La parade tient en trois gestes : demander la carte des prix avant de commander, ne jamais suivre un rabatteur qui propose un « autre endroit », et sortir avec l'équivalent de ce qu'on accepte de perdre.
Le scénario de la boisson trafiquée existe mais reste rare. En revanche, l'alcool frelaté au méthanol a fait des victimes dans la région, notamment au Laos voisin en novembre 2024. Bouteille ouverte devant vous, cocktails dans les établissements pleins, méfiance envers les buckets à volume illimité vendus quelques euros sur les îles.
Les arnaques qui reviennent
- Le taxi qui refuse le compteur. La loi impose son usage à Bangkok. Refusez, sortez, prenez le suivant, ou utilisez une application de réservation qui affiche le prix à l'avance.
- Le tuk-tuk à 20 bahts. Le trajet est réel, mais il passe par deux boutiques de costumes et de bijoux où le chauffeur touche sa commission.
- Le Grand Palais « fermé aujourd'hui ». Un inconnu bien mis vous l'annonce à l'entrée et propose un circuit de remplacement. Le Palais est ouvert tous les jours de 8 h 30 à 15 h 30.
- La rayure sur le jet-ski, découverte au retour, chiffrée en milliers de bahts. Photographiez et filmez l'engin sous tous les angles avant de partir.
- Les pierres précieuses à revendre en Europe avec profit. Aucune ne l'a jamais été.
Les frontières : nuances utiles
Du côté cambodgien, les affrontements autour du temple de Preah Vihear ont opposé les deux armées entre 2008 et 2011. La situation est apaisée depuis, mais des mines antipersonnel subsistent dans les abords immédiats et les sentiers non balisés restent à éviter. La frontière birmane est d'une autre nature : le nord de l'État Shan et l'État Kayin connaissent des combats réguliers depuis le coup d'État de février 2021 en Birmanie, avec des débordements ponctuels côté thaïlandais dans la province de Tak. Les zones de Mae Sot et Mae Sai n'ont d'intérêt que pour un passage de frontière, dont les conditions changent souvent.
La région dite du Triangle d'or, présentée comme un attrape-touristes inoffensif côté thaïlandais, l'est effectivement à Chiang Saen. Ce sont les casinos situés de l'autre côté du Mékong, en zone économique spéciale laotienne, qui font l'objet de sanctions internationales pour trafics.
Les éléphants, les tigres et le reste
Les camps proposant balade à dos d'éléphant, spectacles ou photos avec des tigres reposent sur un dressage par privation et sur des animaux souvent sédatés. Plusieurs sanctuaires sérieux existent, en particulier autour de Chiang Mai, et se reconnaissent à trois signes : aucun contact monté, aucune chaîne courte, aucun numéro de spectacle. Un établissement qui autorise le bain collectif avec les éléphants n'entre pas dans cette catégorie, quels que soient ses arguments.
Sur les plages, le tri se fait autrement. Maya Bay, fermée de 2018 à 2022 pour laisser le corail se reconstituer, n'accueille plus de bateaux à l'ancre et limite le nombre de visiteurs par créneau. C'est le bon modèle. Les plages de Krabi ou de Koh Lanta hors saison haute offrent la même eau sans les files d'attente.
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