Les risques à considérer lors d'un voyage au Costa Rica
Au Costa Rica, ce qui tue les touristes n'est ni la criminalité ni les serpents : c'est l'océan. La noyade est la première cause de décès des visiteurs étrangers dans le pays.
Le décalage entre la peur et le risque réel
On prépare son voyage au Costa Rica en pensant aux vipères, aux crocodiles et aux vols à la tire. On y meurt en se baignant à cinquante mètres du bord. Chaque année, plusieurs dizaines de personnes se noient sur les côtes costariciennes, et la proportion d'étrangers y est nettement supérieure à leur poids dans la population. La cause tient en un mot espagnol qu'il faut connaître avant de poser sa serviette : corriente de resaca, le courant d'arrachement.
Le pays est bordé par deux océans dont les plages ne sont presque jamais surveillées. Il n'existe pas de réseau national de postes de secours comparable à celui des côtes françaises, et les drapeaux, quand il y en a, ne sont pas systématiquement relevés. Un touriste habitué à la Méditerranée n'a aucune expérience de ce type de courant et fait exactement ce qu'il ne faut pas : nager vers la plage, contre le flux, jusqu'à l'épuisement.
Quelles plages, et lesquelles éviter
Toutes les côtes ne se valent pas. Sur le Pacifique, Playa Jacó, Playa Hermosa près de Jacó, Dominical et Tamarindo sont réputées pour leurs courants et leur houle. Côté Caraïbe, Puerto Viejo et Cahuita alternent des zones calmes et des sections franchement dangereuses selon la saison. À l'inverse, Manuel Antonio, Playa Conchal, Playa Blanca et les baies abritées du golfe de Papagayo se baignent sans difficulté la plupart du temps.
La règle qui vaut partout : demandez à l'hôtel ou au restaurant de plage où l'on se baigne, et suivez la réponse. Les habitants savent exactement à quel endroit du sable le fond décroche. Ne vous baignez pas seul, ne vous baignez pas après un verre, et méfiez-vous des embouchures de rivière, qui cumulent courant, fond instable et, sur certaines côtes, présence de crocodiles.
La route, deuxième piège
Le Costa Rica est petit sur la carte et lent dans la réalité. Cent kilomètres entre San José et le Pacifique peuvent demander trois heures : routes de montagne étroites, camions, virages sans visibilité, nids-de-poule qui apparaissent après chaque grosse pluie, et un éclairage public quasi inexistant hors agglomération. Les ponts à voie unique se franchissent en cédant le passage, ce qui surprend au premier essai.
Deux consignes qui font la différence : ne conduisez pas de nuit, jamais, et prenez un 4x4 si votre itinéraire comprend Monteverde, la péninsule de Nicoya ou la moindre piste non goudronnée. Les loueurs facturent une assurance obligatoire locale que beaucoup de voyageurs découvrent au comptoir, ce qui double parfois le prix annoncé en ligne. Demandez le tarif tout compris avant de réserver, ce n'est pas une option négociable.
La faune, moins dangereuse qu'on ne le croit
Le pays abrite une vingtaine d'espèces de serpents venimeux, dont le terciopelo, responsable de la majorité des morsures graves en Amérique centrale. Les statistiques restent pourtant modestes, et le Costa Rica produit ses propres sérums antivenimeux à l'institut Clodomiro Picado, ce qui explique une mortalité très basse. Le comportement de base suffit : chaussures fermées en forêt, pas de main dans un tas de bois, lampe frontale la nuit sur les sentiers.
Les crocodiles américains du río Tárcoles, visibles depuis le pont de la route 34, ne posent problème qu'à ceux qui descendent sur la berge. Les singes capucins de Manuel Antonio volent les sacs mais ne mordent que si on les nourrit. Le vrai désagrément quotidien reste le moustique : dengue et chikungunya circulent, avec des poussées épidémiques certaines années. Répulsif matin et soir, vêtements couvrants au crépuscule.
La criminalité, réelle mais ordinaire
Comparé à ses voisins d'Amérique centrale, le Costa Rica est calme, et il n'a pas d'armée depuis 1948. La délinquance qui touche les voyageurs est presque toujours opportuniste : voiture de location fracturée sur un parking de plage, sac laissé sur le sable pendant la baignade, téléphone arraché dans le centre de San José la nuit. Le quartier de la Coca-Cola, autour de l'ancienne gare routière de San José, concentre les incidents et n'a rien à offrir à un visiteur.
Les taxis officiels sont rouges avec un triangle jaune sur la portière et un compteur, la maría, que le chauffeur doit enclencher. Les taxis de l'aéroport Juan Santamaría sont orange. Uber circule dans la vallée centrale malgré un statut juridique flou depuis son arrivée en 2015. Ne laissez jamais rien de visible dans une voiture à l'arrêt, pas même une paire de tongs : la vitre coûte plus cher que ce qu'on vous prend.
Rien de tout cela ne doit décourager. Le Costa Rica reste l'une des destinations les plus faciles du continent américain, avec une infrastructure touristique dense et des habitants habitués aux visiteurs. Il demande simplement qu'on prenne l'océan au sérieux et qu'on renonce à conduire la nuit. Ces deux décisions couvrent la majeure partie du risque.
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