Les risques associés à la consommation d'huile de cameline
L'huile de cameline s'oxyde en quelques semaines une fois le flacon ouvert. Son principal risque tient dans ce rancissement, bien avant l'acide érucique dont on fait grand cas sur les forums.
La cameline (Camelina sativa) est une plante de la famille des choux, cultivée en Europe depuis l'âge du bronze, puis abandonnée au profit du colza avant de revenir dans les rayons bio autour de 2010. Son huile contient de 35 à 40 % d'acide alpha linolénique, l'oméga 3 d'origine végétale. C'est ce qui fait son intérêt nutritionnel, et c'est exactement ce qui la rend fragile.
L'acide érucique, un sujet encadré par la réglementation
L'huile de cameline contient naturellement de l'acide érucique, un acide gras qui, à très forte dose et sur le long terme, a montré des effets sur le cœur chez l'animal. Le règlement européen 2019/1870 plafonne sa teneur à 20 grammes par kilo, soit 2 %, dans les huiles végétales vendues en l'état. Les huiles de cameline commercialisées en France se situent sous ce seuil, sans quoi elles ne seraient pas sur l'étagère.
On lit parfois qu'il faudrait se limiter à 40 millilitres par jour pour rester en sécurité. Le calcul ne tient pas : 40 millilitres d'huile, c'est presque trois cuillères à soupe et 350 calories, une quantité qu'aucun usage culinaire raisonnable n'atteint. Le vrai repère reste la cuillère quotidienne, pour des raisons nutritionnelles bien avant des raisons toxicologiques.
La cuisson détruit ce qui fait son intérêt
On voit circuler un point de fumée de 220 °C pour la cameline. Le chiffre est optimiste, et surtout il ne veut pas dire grand chose ici. Les oméga 3 se dégradent bien avant que l'huile ne fume : dès 120 à 150 °C, une partie de l'acide alpha linolénique s'isomérise et se transforme en composés qui n'apportent plus rien. Faire revenir des oignons dans une huile qui coûte quinze euros le demi litre pour en détruire la seule qualité distinctive, c'est du gâchis.
Reconnaître une huile qui a tourné
Une huile de cameline oxydée sent la peinture, le carton mouillé ou le vieux crayon gras. Le goût pique légèrement en fond de gorge. Deux ou trois mois après ouverture, si la bouteille est restée sur le plan de travail près de la plaque de cuisson, le mal est fait. Les composés d'oxydation ne sont pas anodins pour l'organisme, et ils annulent l'effet antioxydant recherché.
Achetez petit, en bouteille de verre teinté, avec une date de récolte lisible. Rangez au réfrigérateur après ouverture, refermez bien : l'oxygène et la lumière font plus de dégâts que la chaleur. Une huile vendue en bidon transparent d'un litre au rayon vrac est une mauvaise affaire, même si le prix au litre paraît imbattable.
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Les cas où il faut demander l'avis d'un médecin
Les oméga 3 à dose élevée ralentissent légèrement l'agrégation plaquettaire. Sous anticoagulant ou antiagrégant, une cuillère quotidienne ne bouleversera pas votre bilan, mais signalez cette habitude au médecin qui suit votre traitement, comme vous signaleriez une cure d'huile de poisson. Même logique avant une intervention chirurgicale programmée.
En usage cosmétique, la cameline s'applique sur peaux sèches ou irritées. Faites un test au pli du coude vingt quatre heures avant : la famille des Brassicacées, celle du colza et de la moutarde, provoque des réactions cutanées chez une minorité de personnes. Et n'utilisez jamais sur la peau une huile alimentaire déjà oxydée, elle devient irritante et favorise les comédons.
Une dernière chose sur la variété. Alterner les huiles reste plus sensé que de miser sur une seule : colza pour le quotidien, olive pour le goût et la cuisson douce, cameline ou lin en petite quantité pour l'apport en oméga 3. Aucune de ces trois ne remplace les deux autres, et aucune ne mérite qu'on lui prête des vertus qu'elle n'a pas.
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