: Augmentation des aides sociales RSA, AAH et AEEH annoncée
Le RSA, l'AAH et l'AEEH ont été revalorisés de 4,6 % au 1er avril 2024. Ce n'est pas un geste politique décidé pour l'occasion : c'est une indexation automatique sur l'inflation, inscrite dans le code de la sécurité sociale.
La nuance dit à quoi s'attendre l'année suivante. Le coefficient appliqué chaque 1er avril suit l'évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac sur les douze mois précédents. Quand l'inflation retombe, la revalorisation retombe avec elle. Les 4,6 % de 2024 sont la trace de la flambée des prix de 2022 et 2023, pas une décision prise au cas par cas.
RSA : 635,71 euros pour une personne seule
Le montant forfaitaire du RSA pour une personne seule sans enfant est passé de 607,75 à 635,71 euros par mois. Pour deux personnes au foyer (un couple sans enfant, ou un adulte avec un enfant à charge), il passe de 911,62 à 953,57 euros. Certains articles ont fait circuler des chiffres légèrement différents, autour de 636,92 et 955,37 euros : ils sont faux, l'application du coefficient de 4,6 % donne bien 635,71 et 953,57.
Attention, ces montants sont des plafonds théoriques. Le RSA effectivement versé est un différentiel : on retranche les autres ressources du foyer et le forfait logement dès que l'on est hébergé gratuitement ou que l'on touche une aide au logement. Beaucoup d'allocataires perçoivent donc nettement moins que le montant affiché.
AAH : le seuil des 1 000 euros franchi
L'Allocation aux adultes handicapés atteint 1 016,05 euros mensuels, contre 971,37 euros auparavant. C'est la première fois qu'elle dépasse la barre symbolique des 1 000 euros, et cela reste sous le seuil de pauvreté français, situé autour de 1 200 euros pour une personne seule.
Cette hausse s'ajoute à un changement bien plus lourd de conséquences intervenu le 1er octobre 2023 : la déconjugalisation. Les revenus du conjoint ne sont plus pris en compte dans le calcul, ce qui a fait passer des dizaines de milliers de personnes d'une allocation réduite, voire nulle, à l'allocation pleine. Pour les foyers concernés, ce basculement a pesé bien plus lourd que les 45 euros mensuels de la revalorisation.
AEEH : 149,26 euros pour l'allocation de base
L'Allocation d'éducation de l'enfant handicapé, versée aux familles qui élèvent un enfant de moins de vingt ans en situation de handicap, passe de 142,69 à 149,26 euros par mois pour l'allocation de base. Six euros et demi de plus, ce qui ne couvre pas grand-chose au regard des frais réels engagés par ces familles.
Le montant de base ne raconte qu'une partie de l'histoire. Six compléments existent, attribués par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées selon les dépenses engagées et la réduction d'activité professionnelle du parent. Le sixième dépasse 1 200 euros mensuels, et c'est là que se joue le vrai soutien financier.
Ce que ça change vraiment au budget
Vingt-huit euros de plus par mois pour un allocataire du RSA, quarante-cinq pour l'AAH : ces sommes maintiennent le pouvoir d'achat, elles ne l'augmentent pas. Une indexation sur l'inflation est par construction un rattrapage, et un rattrapage décalé, puisqu'il porte sur des prix déjà payés l'année précédente. Parler de coup de pouce, comme le font beaucoup d'annonces, revient à confondre le fait de courir avec le fait d'avancer.
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