Comment soigner une intoxication alimentaire ?
Dans la grande majorité des cas, une intoxication alimentaire se règle seule en vingt-quatre à quarante-huit heures, et le seul traitement qui compte pendant ce temps s'appelle boire. Le vrai sujet n'est donc pas de trouver un remède : c'est de savoir reconnaître les quelques signes qui font passer d'un mauvais week-end à une consultation en urgence.
Autant le dire tout de suite, parce que c'est ce qui manque le plus aux conseils qui circulent : aucune tisane n'absorbe une bactérie, aucun aliment ne l'élimine, et boire beaucoup ne la fait pas sortir dans les urines. On boit pour compenser ce qu'on perd, pas pour laver quoi que ce soit.
Ce qui se passe réellement dans votre tube digestif
Deux mécanismes différents se cachent derrière le même mot. Dans le premier cas, l'aliment contenait déjà une toxine, produite par un staphylocoque ou par Bacillus cereus qui a proliféré dans un plat laissé trop longtemps à température ambiante. Le riz cantonais du buffet et la mayonnaise du pique-nique appartiennent à cette catégorie. Les symptômes arrivent vite, une à six heures après le repas, avec des vomissements en avant-plan, et ils repartent presque aussi vite.
Dans le second cas, ce sont des bactéries vivantes qui colonisent l'intestin : salmonelles, campylobacters, certaines souches d'Escherichia coli. Le délai est plus long, douze heures à trois jours, la diarrhée domine, la fièvre est fréquente. C'est ce groupe qui demande le plus de vigilance.
Un troisième acteur, le norovirus, est souvent rangé à tort dans la gastro banale. Il circule l'hiver, se transmet d'une personne à l'autre autant que par les huîtres, et cloue au lit pendant deux jours avec une contagiosité redoutable.
Les aliments qui reviennent le plus souvent
La rupture de la chaîne du froid explique la plupart des cas. Un plat cuisiné qui refroidit trois heures sur le plan de travail avant d'aller au réfrigérateur, une glacière de pique-nique ouverte vingt fois, un buffet maintenu tiède : voilà les scénarios classiques. Les produits les plus concernés sont assez constants.
- Le poisson et les coquillages crus, en particulier les huîtres ;
- La volaille insuffisamment cuite, premier réservoir de campylobacter ;
- Les œufs crus et les préparations qui en contiennent ;
- Les plats cuisinés réchauffés une fois de trop ;
- Les crudités et les herbes mal lavées.
La qualité du produit n'est pas en cause la plupart du temps. Un excellent poulet fermier mal conservé rend malade exactement comme un autre. Ce n'est pas non plus une question de repas trop copieux : une indigestion et une intoxication n'ont rien de commun, même si le début se ressemble.
Une remarque pour les foyers avec animaux : si le chat vomit le même jour, ce n'est pas votre plat qui est en cause. Les affections félines suivent leur propre logique, et la conjonctivite du chat, ses symptômes et son traitement, illustre bien à quel point les tableaux cliniques diffèrent d'une espèce à l'autre.
Comment traverser les quarante-huit heures
La réhydratation passe avant tout le reste. Buvez par petites gorgées, toutes les cinq à dix minutes : un grand verre avalé d'un coup sur un estomac irrité ressort aussitôt. L'eau seule ne suffit pas quand la diarrhée est abondante, parce que vous perdez aussi du sodium et du potassium. Les solutions de réhydratation orale vendues en pharmacie, à quelques euros le sachet, sont conçues pour ça. Un bouillon salé et une compote font un substitut correct pour un adulte.
Côté nourriture, la vieille consigne du jeûne complet a été abandonnée. Mangez peu, mais mangez dès que ça passe : riz, pâtes, banane, compote, pain grillé, carotte cuite. On évite pendant quelques jours les crudités, les fritures, l'alcool, le café et les produits laitiers, dont la digestion reste difficile tant que la muqueuse intestinale n'est pas réparée.
Le paracétamol fait baisser la fièvre et calme les maux de tête sans irriter l'estomac, à la différence de l'ibuprofène. Les antidiarrhéiques qui bloquent le transit sont à éviter en cas de fièvre ou de sang dans les selles : ils retiennent ce que l'organisme cherche à évacuer. Une tisane de menthe ou de camomille apaise les crampes, ce qui n'est déjà pas rien, mais restons clairs sur ce qu'elle fait et ne fait pas.
On trouve en ligne des listes d'astuces pour tout et n'importe quoi, y compris des astuces pour rencontrer un homme riche ; en matière digestive, le tri entre le conseil utile et la légende de forum mérite un peu plus de rigueur. Beaucoup de remèdes prétendument souverains reposent sur une idée fausse du mécanisme.
Après la crise
La fatigue traîne souvent trois ou quatre jours de plus que les symptômes, le temps que l'intestin se refasse. Reprenez progressivement, en gardant les repas légers. Si la diarrhée persiste au-delà d'une semaine, ou si elle revient par vagues, une analyse de selles peut être demandée : certaines bactéries justifient un antibiotique, la plupart non.
Quand la consultation s'impose et que votre praticien habituel n'a pas de créneau, il existe des solutions pour trouver un médecin généraliste sans rendez-vous, en centre de soins non programmés ou en maison médicale de garde. Notez ce que vous avez mangé dans les trois jours précédents et l'heure des premiers symptômes : c'est la première question qu'on vous posera.
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