Découvrez le temps idéal pour visiter Giverny et en profiter pleinement
Giverny se visite entre le début du printemps et la Toussaint, pas le reste de l'année : la maison de Monet et ses jardins ferment tout l'hiver. La vraie question n'est donc pas de savoir s'il faut venir au printemps ou à l'automne, mais quel mois correspond à ce que vous espérez voir fleurir.
Une saison courte, et une fermeture que personne n'annonce assez
La Fondation Claude Monet ouvre autour du 1er avril et referme le 1er novembre. Sept mois par an, tous les jours, de 9h30 à 18h. Le musée des impressionnismes, à trois cents mètres de là, suit un calendrier voisin, avec ses propres dates selon l'exposition en cours. Entre novembre et mars, le village reste accessible, l'église aussi, mais les grilles du jardin sont closes et les galeries pour la plupart fermées. Un aller-retour depuis Paris en février se solde par une promenade de vingt minutes dans une rue déserte.
Ce village de l'Eure, à environ 75 kilomètres au nord-ouest de Paris, vit entièrement de cette saison. Monet s'y est installé en 1883, il y est mort en 1926, et il a passé quarante ans à dessiner ce jardin avant de le peindre. C'est une œuvre au même titre que les toiles, sauf qu'elle change tous les quinze jours.
Ce qui fleurit, et quand
Dire « venez en avril ou en octobre pour éviter la foule » revient à ignorer que le jardin n'offre pas du tout le même spectacle selon le mois. Voici ce qui se passe réellement.
En avril et en mai, le Clos Normand donne ses tulipes, ses myosotis et ses iris, et la glycine du pont japonais fleurit, généralement autour de la mi-mai. C'est le moment le plus photographié de l'année, celui des cartes postales. En revanche, l'étang n'a pas encore ses nymphéas : les feuilles sont là, les fleurs non.
De juin à septembre, l'inverse. Les nymphéas s'ouvrent, le jardin d'eau prend l'allure exacte des tableaux de la fin de vie de Monet, et la grande allée centrale se referme progressivement sous les capucines, qui finissent en août par recouvrir le gravier. Fin août et septembre, ce sont les dahlias et les tournesols qui tiennent le jardin. Beaucoup de visiteurs trouvent septembre plus beau que mai. Sur ce point, je leur donne raison : le jardin est alors à son maximum de densité, et il y a moins de monde qu'en juillet.
Octobre est une fin de saison. Les couleurs tiennent une quinzaine de jours, puis les massifs sont arrachés pour l'hiver. Venir le 28 octobre, c'est risquer de trouver des plates-bandes retournées.
Combien de temps prévoir sur place
La maison de Monet se traverse en 45 minutes à une heure. Les pièces sont petites, on avance en file, et la salle qui retient le plus longtemps est la cuisine bleue et la collection d'estampes japonaises accrochées dans les couloirs.
Le jardin d'eau demande une demi-heure si vous vous contentez d'en faire le tour, une heure si vous vous arrêtez sur le pont pour attendre que la lumière tourne. Le Clos Normand, devant la maison, occupe facilement une heure : c'est là que se trouvent les arches, les allées et l'essentiel des massifs.
Le musée des impressionnismes vaut une heure à une heure et demie selon l'exposition temporaire, qui change chaque année. Sa collection permanente est modeste, l'intérêt tient surtout à la programmation et au jardin du musée, gratuit et rarement fréquenté.
- Maison de Monet : 45 minutes à 1 heure
- Jardin d'eau : 30 minutes à 1 heure
- Clos Normand : 45 minutes à 1 heure
- Musée des impressionnismes : 1 heure à 1 heure et demie
- Village, galeries et église Sainte-Radegonde : 1 à 2 heures
Total pour l'essentiel : une demi-journée. Une journée entière si vous ajoutez le village et un déjeuner. L'église Sainte-Radegonde, en haut du village, abrite la tombe de Monet et de sa famille dans le cimetière attenant ; c'est à cinq minutes à pied de la maison et presque personne n'y monte.
Y aller, et prolonger la journée
Le train de Paris Saint-Lazare met environ cinquante minutes jusqu'à Vernon-Giverny. De la gare, il reste sept kilomètres : une navette est calée sur les arrivées en saison, des vélos se louent sur place, et la voie verte aménagée sur l'ancienne ligne de chemin de fer permet de faire le trajet à plat, à l'écart des voitures. Comptez vingt-cinq minutes de vélo, une heure trente à pied.
Si vous restez la journée, la Seine passe à Vernon et non à Giverny : c'est là que se louent les canoës, pas sur l'Epte, qui n'est qu'un petit affluent dont Monet a détourné un bras pour alimenter son étang. Vernon vaut d'ailleurs l'arrêt pour son vieux moulin sur pilotis, visible depuis le pont, et pour le château de Bizy en lisière de ville. Les chemins de randonnée des coteaux, au-dessus de Giverny, offrent la seule vue d'ensemble sur la vallée : une bonne heure de montée, et le village entier apparaît d'un coup.
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