Lancement du Realme 10, l'un des meilleurs téléphones bon marché

Lancement du Realme 10

À 280 euros, le Realme 10 ne joue pas dans la cour des téléphones haut de gamme, et c’est très bien ainsi : annoncé le 9 novembre 2022, il montre surtout où un constructeur rogne quand il vise ce prix, et ce qu’il refuse de sacrifier.

Realme a présenté ce modèle comme le successeur direct de la version 4G du Realme 9, d’abord vendu en Pologne et en Italie avant le reste de l’Europe. Le fabricant chinois, filiale du groupe BBK comme Oppo, OnePlus et Vivo, occupe la même case que Redmi chez Xiaomi : beaucoup de fiche technique pour peu d’argent, avec des compromis qu’il faut savoir lire. Précisons un point que les communiqués de l’époque brouillaient volontiers : il s’agit d’un milieu de gamme. Les mentions de « Realme 10 Ultra » qui ont circulé ne correspondaient à aucun produit commercialisé.

Là où l’argent est allé : l’écran et l’autonomie

Le premier bon choix, c’est la dalle. Une AMOLED à ce tarif n’allait pas de soi fin 2022 : la concurrence directe se contentait souvent d’un écran LCD, avec des noirs gris et un contraste médiocre. Le Realme 10 monte à 90 Hz, ce qui suffit à rendre le défilement fluide sans dévorer la batterie comme un 120 Hz. La protection est un verre Gorilla Glass 5 de Corning, une génération en retrait des modèles à 700 euros mais sérieuse pour un téléphone qui finira dans une poche de jean.

Le second, c’est la batterie. 5 000 mAh associés à une puce peu gourmande, cela donne deux jours d’usage courant pour beaucoup d’utilisateurs, et une journée pleine sans réfléchir pour les autres. La charge à 33 W remplit l’appareil en un peu plus d’une heure. Ni charge sans fil, ni charge à 80 W : à ce prix, personne n’en attendait.

Là où ça coince : la photo et la 5G

Le module arrière annonce deux capteurs, mais il n’y en a qu’un qui compte. Le grand-angle de 50 Mpx, un Samsung JN1, fait des clichés corrects en plein jour et se débrouille en intérieur grâce au regroupement de pixels. Le second, un capteur de profondeur de 2 Mpx, ne sert qu’à découper le sujet en mode portrait. Il n’y a pas d’ultra grand-angle, donc pas de photo de paysage large ni de plan d’intérieur qui embrasse la pièce. C’est la coupe la plus visible du produit, et celle que les acheteurs regrettent le plus vite. Si vous cherchez à comprendre ce que change vraiment un capteur d’un boîtier à l’autre, notre guide pour choisir un appareil photo numérique reprend les mêmes règles.

Deuxième renoncement : le Helio G99 est une puce 4G. Le modèle de base ne capte pas la 5G, quel que soit l’abonnement. Realme a annoncé séparément une déclinaison 5G, sur une autre puce, mais ce n’est pas le téléphone dont il est question ici. Pour un usage domestique en Wi-Fi et un forfait 4G, l’absence ne se sent pas. Pour quelqu’un qui garde son téléphone cinq ans, c’est un pari.

Le design, ou l’air de famille du groupe BBK

Façade plate, tranches droites, module photo rectangulaire qui s’efface dans la coque, poinçon de la caméra frontale en haut à gauche : le Realme 10 ressemble beaucoup au Nord de OnePlus et au Reno d’Oppo. Rien d’étonnant, les trois marques appartiennent au même groupe et partagent des lignes de production. À 178 g, il reste plus léger que la plupart des grands modèles Android de la même période, et l’écran non incurvé évite les appuis parasites sur les bords.

Deux détails valent d’être signalés parce qu’ils disparaissent ailleurs. La prise casque de 3,5 mm est toujours là, ce qui évite d’acheter un adaptateur ou une paire d’écouteurs sans fil pour écouter de la musique dans le train. Le tiroir accepte deux cartes SIM, pratique pour séparer un numéro professionnel d’un numéro personnel sans porter deux appareils. Ces deux prises de position ne coûtent presque rien au constructeur, mais elles font une différence quotidienne que la fiche technique ne traduit pas.

Deux coloris étaient proposés au lancement, un noir brillant et un blanc. Le noir marque les traces de doigts en quelques minutes ; c’est anecdotique mais cela se voit sur toutes les photos de test.

Cliché de paysage réalisé avec le capteur grand-angle du Realme 10

Realme mettait en avant le jeu vidéo à l’annonce : selon la marque, PUBG Mobile tourne jusqu’à 40 images par seconde en mode équilibré sur le Realme 10.

Performances : suffisant, pas plus

Le Helio G99 gère sans broncher les messageries, la navigation, la vidéo en streaming et les jeux courants. Sur des titres 3D exigeants, il faut baisser les détails. La mémoire vive de 8 Go évite les rechargements d’applications en arrière-plan, ce qui pèse davantage sur le confort quotidien que la puissance brute du processeur. Le stockage de 128 Go s’étend par carte microSD, une prise que les constructeurs haut de gamme ont supprimée depuis longtemps et qui vaut de l’or pour qui stocke des photos ou de la musique hors ligne.

Un mot sur la chauffe, souvent passée sous silence dans ce segment. Une puce gravée pour l’économie d’énergie plutôt que pour la performance chauffe peu, et le Realme 10 reste tiède après une longue session vidéo. C’est l’avantage discret des milieux de gamme : ils ne promettent pas assez pour avoir à se brider.

Côté logiciel, l’appareil est livré sous Android 12 avec la surcouche Realme UI 3.0, cousine de ColorOS chez Oppo. Elle arrive chargée d’applications préinstallées qu’il faut prendre dix minutes à désinstaller au premier démarrage. La politique de mises à jour de Realme, sur ce segment, se limitait alors à une ou deux versions majeures d’Android : c’est le vrai écart avec les modèles à 700 euros, plus que le processeur.

Faut-il l’acheter, et à qui

Ce téléphone s’adresse à quelqu’un qui veut un bel écran, une grosse batterie et un appareil photo correct pour 280 euros, et qui accepte de photographier sans grand-angle. Il ne s’adresse pas au joueur exigeant, ni au photographe du dimanche qui cadre large, ni à celui qui compte le garder jusqu’en 2030. Pour ces profils, le budget à prévoir double, et la comparaison se fait plutôt du côté des téléphones haut de gamme du moment.

Une dernière remarque sur les comparaisons qui traînaient dans la presse à l’époque : opposer le Realme 10 aux Samsung Note n’avait déjà plus de sens fin 2022, la gamme Note ayant été arrêtée après le Note 20, ses fonctions reprises par les Galaxy S Ultra. Les vrais rivaux du Realme 10 s’appelaient Redmi Note, Galaxy A et Moto G. Et puisque le téléphone est parti d’Italie avant tout le monde, autant en profiter pour repérer un itinéraire de quinze jours en Italie : le rapport qualité prix y est meilleur sur les glaces que sur les smartphones.

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