Quoi faire lors d'un circuit de 15 jours en Italie ?

Quoi faire lors d'un circuit de 15 jours en Italie ?

Quinze jours en Italie, ce n'est pas quinze jours de visites : c'est douze jours de visites et trois jours passés dans des trains. Le seul arbitrage qui compte dans la construction d'un circuit italien, c'est celui des trajets, et il se fait avec une carte et des horaires, pas avec une liste de monuments.

Le pays est long. Mille deux cents kilomètres séparent Bolzano de Reggio de Calabre. Un itinéraire mal ordonné vous fait redescendre puis remonter la botte, et vous perdez deux journées entières à regarder défiler la Toscane par la fenêtre. La bonne nouvelle, c'est que le réseau à grande vitesse italien est excellent, avec deux compagnies concurrentes sur la ligne Turin-Milan-Bologne-Florence-Rome-Naples, ce qui tire les prix vers le bas quand on réserve tôt.

Le défaut de l'itinéraire classique

La version la plus recopiée de ce circuit propose Venise, Florence, Rome, Naples, puis Milan. Regardez la carte : Milan est à 250 kilomètres de Venise, votre point de départ, et à 770 kilomètres de Naples, votre avant-dernière étape. Terminer par Milan revient donc à remonter toute l'Italie pour finir à trois heures de train de l'endroit où vous avez commencé.

Deux corrections suffisent. Soit Milan passe au début, juste avant Venise, ce qui est logique si votre vol atterrit à Malpensa. Soit Milan sort de l'itinéraire et on garde ces deux jours pour la côte amalfitaine, qui est de toute façon plus intéressante que la Via Montenapoleone quand on ne vient pas faire du shopping.

Itinéraire du circuit

Voici la répartition que nous retenons, du nord vers le sud, sans retour en arrière. Cinq villes seulement : au-delà, chaque étape supplémentaire coûte une demi-journée en logistique.

  • Jours 1 à 4 : Venise, dont une journée dans la lagune
  • Jours 5 à 7 : Florence, avec une escapade en Toscane
  • Jours 8 à 10 : Rome, trois jours pleins, pas quatre
  • Jours 11 à 13 : Naples et Pompéi
  • Jours 14 et 15 : la côte amalfitaine ou retour vers l'aéroport de Rome

Ruelle pavée italienne bordée de façades ocre avec du linge aux fenêtres

Ville par ville, avec le temps que ça prend vraiment

Venise, quatre jours dont un dans la lagune

La place Saint-Marc, le palais des Doges et le pont du Rialto occupent une journée. La deuxième se passe hors des axes, dans le Cannaregio ou à Dorsoduro, là où les Vénitiens habitent encore. La troisième va dans la lagune : le vaporetto met environ 45 minutes pour rejoindre Murano puis Burano, et cette demi-journée vaut mieux que la gondole, dont il faut savoir qu'elle se négocie autour de 90 euros la course de trente minutes.

Un conseil de saison plutôt qu'un conseil de visite : Venise en août est chaude, chère et saturée. Avril, mai, septembre et octobre sont bien plus agréables. Ce raisonnement sur la période vaut pour toutes les destinations, du choix de la meilleure période pour visiter l'île Maurice à celui d'un circuit italien.

Florence, trois jours et un piège de réservation

La cathédrale Santa Maria del Fiore et sa coupole de Brunelleschi, achevée en 1436 sans cintre ni charpente, restent le morceau de bravoure de la ville. La montée dans la coupole se réserve en ligne, avec un créneau horaire précis, et les places partent plusieurs semaines à l'avance en haute saison. Même chose pour la galerie des Offices et pour la galerie de l'Académie, où se trouve le David de Michel-Ange.

Le Ponte Vecchio, souvent daté à tort du XVIe siècle, a été reconstruit en 1345 : c'est le plus vieux pont de la ville, et le seul que les Allemands n'aient pas fait sauter en 1944. La troisième journée sort de Florence : Sienne à 1 h 30 de bus, ou San Gimignano et ses tours, ou une route du Chianti si vous avez une voiture.

Rome, trois jours pleins

Le Colisée, le Forum et le mont Palatin partagent un même billet et forment une journée entière, à commencer tôt pour éviter la chaleur. Le Vatican en occupe une autre : musées, chapelle Sixtine et basilique Saint-Pierre, avec une file qui peut atteindre deux heures sans réservation. La troisième journée se marche : le Panthéon, dont la coupole en béton non armé de 43 mètres de diamètre reste inégalée depuis le IIe siècle, la fontaine de Trevi, la place Navone et le Trastevere le soir.

À noter, puisque la version précédente de cet article s'y perdait : on ne grimpe pas jusqu'au Panthéon, il est au niveau de la rue, dans le centre historique. Et le café historique de la ville, l'Antico Caffè Greco, est via dei Condotti, à deux pas de la place d'Espagne. Un expresso au comptoir y coûte quelques euros, assis en salle, c'est une autre affaire.

Naples, trois jours dont une à Pompéi

Troisième ville d'Italie par la population, Naples se visite à pied dans son centre historique classé, entre le Duomo, la chapelle Sansevero et la via dei Tribunali. La Piazza del Plebiscito et le Palazzo Reale tiennent en une matinée. Le Musée archéologique national, lui, mérite trois heures : c'est là que sont conservées les mosaïques et les fresques enlevées de Pompéi.

Pompéi se rejoint en 35 minutes par le train régional Circumvesuviana depuis Naples. Comptez quatre à cinq heures sur le site, qui fait 44 hectares, et prévoyez de l'eau et un chapeau : il n'y a pratiquement pas d'ombre. Quant à la pizza napolitaine, elle se mange dans une pizzeria du centre pour 5 à 8 euros la margherita, et la recette de la pizza margherita telle qu'on la fait en Italie tient en trois ingrédients, ce qui explique qu'on la rate si souvent ailleurs.

Jours 14 et 15 : la côte amalfitaine

Depuis Naples, le ferry saisonnier rejoint Sorrente en une heure environ, et la route de la côte amalfitaine se prend ensuite en bus SITA, lent mais spectaculaire, entre Positano, Amalfi et Ravello. Deux avertissements : cette route est étroite et embouteillée de juin à septembre, et le stationnement y coûte plus cher qu'un repas. Le bus ou le bateau valent mieux que la voiture. Si votre vol repart de Rome, gardez la dernière nuit à Naples et prenez le train du matin : 1 h 10 jusqu'à Termini, puis le Leonardo Express jusqu'à Fiumicino.

Milan, si vous l'ajoutez au début

Le Duomo et ses terrasses, la galerie Victor-Emmanuel II, le théâtre de la Scala et la Cène de Léonard, à Santa Maria delle Grazie, forment une journée bien remplie. Pour l'art moderne, la bonne adresse est le Museo del Novecento, sur la place du Duomo, ou la pinacothèque de Brera pour les maîtres anciens. La galerie nationale d'art moderne et contemporain, que citait la version précédente de cet article, est à Rome, pas à Milan.

Une variante pour ceux qui veulent la mer

Si les villes d'art vous lassent au bout de dix jours, remplacez Naples par les Cinque Terre : cinq villages accrochés à la falaise ligure, reliés entre eux par un train local et par des sentiers côtiers. On y accède depuis Florence en 2 h 30 environ, avec un changement à La Spezia. La carte Cinque Terre couvre le train régional et l'accès aux sentiers.

Autre variante, plus ambitieuse : la Sicile, mais alors on ne la met pas en fin de parcours pour deux nuits. Palerme, Agrigente et Taormine demandent une semaine à eux seuls. Le circuit devient alors Rome plus Sicile, et l'Italie du Nord attend un autre voyage. C'est une décision de calendrier, du même ordre que celle de partir en croisière sur le Danube à travers l'Europe plutôt que de multiplier les vols.

Train, voiture ou avion

Le train gagne partout entre les grandes villes : centre à centre, sans enregistrement, avec une fiabilité correcte sur les lignes à grande vitesse. L'avion ne se justifie que pour la Sicile et la Sardaigne.

La voiture, elle, ne sert que dans deux cas : la campagne toscane et la côte amalfitaine. Ailleurs, elle devient un handicap. Les centres-villes italiens sont protégés par des zones à trafic limité, les fameuses ZTL, surveillées par caméra : un passage non autorisé vaut une amende d'environ 80 à 100 euros, reçue plusieurs mois plus tard par le loueur, majorée de ses frais de dossier. Si vous louez, comparez les offres à l'avance comme pour n'importe quelle location de voiture à petit prix, et prenez l'assurance complémentaire : les rues étroites font des dégâts.

Le budget, en ordre de grandeur

Pour deux personnes sur quinze jours, hors vol, en évitant juillet et août : autour de 100 à 140 euros par nuit pour un hébergement correct en centre-ville, 200 à 300 euros de trains sur l'ensemble du circuit si vous réservez tôt, 25 à 35 euros par personne et par jour pour manger simplement, et 250 à 350 euros de billets d'entrée à deux. Le Vatican, le Colisée et les Offices représentent à eux seuls la moitié de ce dernier poste.

Deux économies qui marchent : déjeuner au bar comme les Italiens, avec un panino et un café debout au comptoir, et prendre les hébergements à une station de transport du centre plutôt qu'en plein cœur historique. Deux fausses économies : les billets coupe-file revendus par des tiers, souvent surfacturés, et les menus touristiques affichés en quatre langues à côté des grands monuments.

Sept points à vérifier avant de partir

  • Un guide papier ou hors ligne par ville, moins pour les monuments que pour les plans : le réseau mobile est inégal dans les ruelles. Le réflexe est le même que pour préparer la meilleure période pour visiter le Costa Rica, on lit avant, pas sur place.
  • Une carte de transport urbain par ville : Roma Pass à Rome, ACTV à Venise, ATM à Milan. Elles remplacent les tickets à l'unité et évitent les amendes pour titre non composté. Pour les papiers et les contacts professionnels, une carte de visite NFC qui partage vos coordonnées tient moins de place qu'un porte-cartes.
  • Des chaussures déjà faites : un circuit de ce type représente entre 12 et 18 kilomètres de marche par jour dans les villes.
  • Les horaires réels des sites, qui changent selon la saison et ferment souvent le lundi.
  • Une tenue couvrant épaules et genoux pour les églises, contrôle strict à Saint-Pierre et à Saint-Marc.
  • Une dizaine de mots d'italien. Buongiorno, per favore, grazie, il conto : cela change l'accueil, surtout hors des zones touristiques.
  • De la souplesse dans le programme, et une demi-journée vide par ville. C'est elle qui sauve le voyage quand il pleut ou quand un musée ferme sans prévenir.

Partir seul, à deux ou en famille

Ce circuit fonctionne dans les trois configurations, mais pas au même rythme. Seul, on enchaîne facilement deux musées dans la journée et on peut décider la veille au soir de changer d'étape ; les conseils pour partir seul en voyage valent ici comme ailleurs. À deux, la contrainte principale reste le budget d'hébergement. En famille, il faut couper le programme de moitié et intercaler des respirations : la lagune vénitienne, une plage à Naples, une journée de piscine dans un agriturismo toscan.

Un dernier mot sur la période, puisque c'est la question qui revient le plus. Mai, juin, septembre et début octobre offrent le meilleur compromis entre météo et affluence. Août est à éviter : chaleur écrasante dans le Sud, et beaucoup de commerces fermés pour les congés. Si votre calendrier vous impose l'été, mieux vaut viser une destination pensée pour cette saison, comme lorsqu'on cherche la meilleure saison pour partir aux îles Canaries ou la bonne période pour visiter Dubaï. L'Italie, elle, se donne au printemps et à l'automne.

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