Partir seul en voyage : nous vous livrons tous nos conseils !

voyage en solo

Voyager seul coûte entre 20 et 100 pour cent plus cher par personne qu'à deux, à prestation identique. Ce n'est pas une fatalité, mais aucun article sur le sujet ne le dit assez clairement: voici où part l'argent et comment le récupérer.

Le supplément single, la ligne dont personne ne parle

La chambre d'hôtel se paie à la nuit, pas à la personne. Une double à 120 euros revient à 60 euros par tête pour deux voyageurs, et à 120 euros pour celui qui part seul. Sur dix nuits, l'écart atteint 600 euros. Les tour-opérateurs formalisent la chose sous le nom de supplément individuel, qui va couramment de 200 à 800 euros sur un circuit de deux semaines.

Le même mécanisme joue sur la location de voiture, sur le taxi depuis l'aéroport, sur les excursions facturées au bateau ou au guide plutôt qu'au passager. Rien de scandaleux dans ce calcul, mais mieux vaut l'intégrer avant de comparer un séjour solo au prix affiché d'un road trip en été à plusieurs.

Trois façons de faire baisser la facture

Le dortoir d'abord. Un lit en auberge de jeunesse coûte 25 à 45 euros la nuit en Europe occidentale, et souvent moitié moins en Europe centrale ou en Asie du Sud-Est. La formule ne s'adresse plus aux seuls étudiants: la plupart des enseignes proposent aussi des chambres privées, moins chères qu'un hôtel de même standing.

Les destinations où l'infrastructure solo existe ensuite. Certains pays sont conçus pour le voyageur seul: transports publics lisibles, hébergements en dortoir partout, restauration de rue qui évite la table pour une personne. C'est le cas au Japon, au Portugal et dans une bonne partie des meilleures destinations en Europe. C'est nettement moins le cas dans les îles à hôtels, où la structure du marché suppose des couples.

Les formules à cabine partagée enfin. Sur un voilier ou un petit navire, la place se vend au lit et non à la cabine, ce qui supprime le supplément. Pour ceux qui veulent tenter, préparer une croisière en voilier demande un peu de méthode, mais la formule reste l'une des rares où le solo ne paie pas double.

Où partir quand on part seul

Les classements de destinations pour voyageurs solitaires circulent beaucoup et se sourcent mal. Islande, Malte, Portugal, Croatie, Espagne, Belize, Monténégro, Japon: la liste change d'un site à l'autre et repose rarement sur une méthode publiée. Plutôt que de la recopier, autant expliquer ce qui compte réellement.

Quatre critères font une bonne destination solo. Un réseau de transport public utilisable sans voiture, parce que louer une voiture seul double le coût au kilomètre. Une densité d'auberges suffisante, qui augmente les chances de croiser d'autres voyageurs. Un niveau de sécurité correct la nuit, en particulier pour les femmes qui partent seules. Et une culture de la restauration où manger seul ne suscite ni pitié ni supplément.

L'Islande coche les trois derniers mais pas le premier: hors de Reykjavik, le bus est rare et la voiture quasi obligatoire, ce qui en fait une destination solo chère. Le Portugal et le Japon cochent les quatre. Le Monténégro et l'Albanie offrent le meilleur rapport prix, sécurité du moment en Europe. Pour un climat plus doux hors saison, regardez la meilleure période pour partir au Cap-Vert, et si vous rêvez de lagon, sachez que partir aux Maldives seul revient très cher, l'archipel étant construit autour du couple.

Randonneur seul face à une vallée, sac à dos posé au sol

Qui part seul, réellement

Le voyage solo n'est pas réservé aux célibataires, et les chiffres le montrent depuis plus de dix ans. L'étude Visa Global Travel Intentions, menée dans 25 pays en 2015, relevait que 24 pour cent des voyageurs interrogés étaient partis seuls lors de leur dernier voyage, contre 15 pour cent en 2013. Chez les personnes effectuant leur premier voyage à l'étranger, la proportion montait à 37 pour cent.

Ces chiffres circulent souvent déformés, parfois attribués à une enquête du New York Times qui n'existe pas sous cette forme. La tendance de fond, elle, ne fait pas débat: la part des voyageurs partant seuls progresse, et une partie d'entre eux vivent en couple ou sont mariés. Partir seul quelques jours n'est plus un signe de solitude subie.

Le profil dominant reste toutefois celui des 30 à 60 ans, avec une progression rapide chez les femmes de plus de 45 ans. Si le sujet vous parle, nos conseils pour rencontrer de nouvelles personnes à 40 ans recoupent une bonne partie de ce que le voyage solo apporte, sans le billet d'avion.

Ce que le solo change vraiment

On lit partout que voyager seul transforme. C'est vrai en partie, et faux dans la formulation. Ce que le solo change, concrètement, c'est le nombre de décisions prises dans une journée: où déjeuner, quel bus prendre, s'arrêter ou continuer. Personne ne vous contredit et personne ne vous rattrape. Cette autonomie est agréable pendant trois jours, fatigante au bout de deux semaines.

L'autre effet concret tient aux rencontres. Un voyageur seul est abordable, et il aborde. En groupe, on parle entre soi. Les auberges organisent des dîners communs, des visites, parfois des randonnées, et c'est là que se nouent les échanges. Une ville dense comme celle décrite dans nos bons plans pour New York se prête particulièrement à cet exercice, parce qu'on n'y est jamais seul longtemps.

Reste le versant moins glorieux, rarement écrit: certaines soirées sont longues. Le dimanche soir dans une ville étrangère, avec les commerces fermés et personne à qui raconter sa journée, n'a rien de romantique. Ceux qui ont déjà vécu ce moment savent qu'il fait partie du voyage solo autant que les levers de soleil.

Une partie des voyageurs solitaires choisissent une formule encadrée pour cette raison: retraite de yoga, cure ou séjour bien-être, un registre plus proche de nos pages sur le traitement de la cellulite que du sac à dos, mais qui a le mérite de fournir un cadre et des interlocuteurs.

Construire son itinéraire quand on décide seul

Personne pour arbitrer, donc personne pour vous freiner. Le piège classique du voyageur solo consiste à empiler les étapes parce que rien ne l'en empêche, puis à passer son séjour dans les gares routières. Un rythme tenable, c'est trois étapes maximum sur deux semaines.

Pour choisir sa destination de voyage, partez de la contrainte la plus rigide: la durée dont vous disposez réellement, jours de trajet compris. Un vol de quatorze heures avec escale ampute deux journées sur un séjour de dix jours. Cette arithmétique élimine d'office la moitié des idées séduisantes.

Gardez enfin une soirée d'avance dans le budget et dans le calendrier. Un bus annulé, une grève, une chambre inhabitable: seul, on n'a personne avec qui répartir la charge du plan B. Cette marge de manoeuvre, une centaine d'euros et une demi-journée, transforme un incident en anecdote.

Argent, papiers, sécurité: la préparation qui compte

Le voyageur seul n'a aucun filet. Personne ne peut avancer la note si sa carte est avalée par un distributeur, ni prévenir sa famille s'il se blesse. La préparation matérielle vaut donc plus que pour un départ à plusieurs.

Deux cartes bancaires, de deux réseaux différents, rangées à deux endroits différents. Une somme en espèces en petites coupures, convertie avant le départ pour éviter les bureaux de change des aéroports, qui prennent parfois 10 pour cent. Une néobanque comme Revolut ou une carte adossée à une application mobile pour suivre les dépenses en temps réel et bloquer la carte en trois secondes en cas de perte. Vérifiez surtout les plafonds de retrait à l'étranger et les frais par opération: entre 2 et 3 pour cent, ils pèsent lourd sur un long séjour, exactement comme quand on cherche à payer moins cher sa croisière en Méditerranée.

Côté papiers, la carte européenne d'assurance maladie est gratuite, valable deux ans, et couvre les soins dans l'Union européenne, en Norvège, en Islande, au Liechtenstein et en Suisse. Elle se commande sur le site de l'Assurance maladie et arrive en une quinzaine de jours. Hors Europe, une assurance voyage avec rapatriement devient nécessaire, celle des cartes bancaires haut de gamme étant limitée à 90 jours consécutifs.

Un kit de secours compact, avec pansements, antiseptique, antidouleur et traitement personnel, tient dans une poche de sac. Enfin, laissez votre itinéraire à quelqu'un et inscrivez-vous sur Ariane, le service gratuit du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, grâce auquel les autorités vous contactent en cas de crise dans le pays. Cela prend cinq minutes et rassure surtout ceux qui restent. Ceux qui partent avec un budget serré trouveront des pistes complémentaires pour voyager à petit prix.

Un dernier mot sur les destinations lointaines: si l'idée d'un séjour au bord de l'eau vous tente sans le supplément individuel, regardez du côté des destinations habituellement associées au voyage de noces en basse saison. Les mêmes hôtels y bradent leurs chambres, et le voyageur seul devient soudain une clientèle intéressante.

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