Visiter la Guadeloupe : quelle est la meilleure période ?

Quand visiter la Guadeloupe ?

En Guadeloupe, on ne dit pas saison sèche mais carême, et il court de janvier à avril. Le reste du calendrier se joue sur l'hivernage et sur une saison cyclonique dont les dates sont connues au jour près.

Ce vocabulaire local vaut mieux que celui des brochures, parce qu'il colle à ce que vous vivrez sur place. Le carême, c'est l'alizé sec, les journées lumineuses, la mer d'huile côté sous le vent et les randonnées praticables. L'hivernage, c'est la chaleur lourde, les grains de fin d'après-midi, la végétation qui explose et les rivières qui montent. Deux ambiances très différentes dans le même archipel, à six mois d'écart, et un seul mot qui les sépare dans les conversations antillaises.

Deux erreurs circulent tellement qu'il faut les corriger d'emblée. Non, la saison sèche ne va pas d'août à novembre : ce sont au contraire les mois les plus arrosés de l'année. Et non, janvier et février ne sont pas les mois les plus pluvieux : ce sont les plus secs, et c'est pour cette raison que la haute saison touristique se cale dessus. Un texte qui affirme l'inverse envoie ses lecteurs réserver exactement au mauvais moment.

Un archipel, pas une île, et des microclimats qui suivent

La Guadeloupe dessine un papillon : Basse-Terre, l'aile volcanique et montagneuse, avec La Soufrière à 1 467 mètres, et Grande-Terre, l'aile calcaire, plate et sèche, où se concentrent les plages et l'hôtellerie. Autour gravitent Marie-Galante, La Désirade, les Saintes et Petite-Terre. C'est le plus vaste ensemble des Petites Antilles, pas la plus grande île antillaise, titre qui revient très largement à Cuba.

Cette géométrie a une conséquence directe sur votre séjour. Le versant au vent de Basse-Terre, côté est, reçoit jusqu'à 6 000 mm de pluie par an sur les hauteurs, quand la Pointe des Châteaux, à l'extrémité orientale de Grande-Terre, en reçoit moins de 1 000. Il peut pleuvoir sur les chutes du Carbet pendant qu'on se dore à Saint-François, à cinquante kilomètres. Un ciel gris au réveil ne condamne donc jamais une journée : il indique dans quelle direction rouler.

Décembre est plus incertain qu'on ne le croit : les dernières pluies de l'hivernage traînent souvent jusqu'à la mi-décembre, et les tarifs des fêtes sont les plus élevés de l'année. Si vous cherchez le meilleur rapport météo-prix, visez la seconde quinzaine de janvier ou le mois de mai, juste avant que l'humidité ne remonte. Pour l'hébergement, le choix entre hôtel et gîte se pose vite : nos repères sur la location de vacances en Guadeloupe donnent les ordres de grandeur par saison.

Plage de sable clair bordée de cocotiers et d'une eau turquoise en Guadeloupe

La saison cyclonique, sans dramatiser ni minimiser

Elle est officielle et court du 1er juin au 30 novembre, comme pour l'ensemble du bassin atlantique. Le pic se situe entre la mi-août et la mi-octobre, et c'est là que se concentrent les phénomènes majeurs. Les Guadeloupéens gardent en mémoire Hugo en septembre 1989, Maria en septembre 2017, deux repères qui expliquent la vigilance locale.

Cela dit, un cyclone majeur ne frappe pas l'archipel chaque année. La plupart des saisons se passent avec des ondes tropicales, quelques journées de vigilance orange et des grains soutenus. Le vrai inconvénient d'un séjour en septembre est plus prosaïque : une partie des restaurants et des prestataires ferme pour congés annuels, les excursions en mer sont annulées au moindre coup de vent, et l'humidité rend les randonnées désagréables.

Une précision sur la baignade, puisque c'est souvent le seul critère retenu. La température de l'eau ne descend jamais sous 25 °C, y compris au cœur du carême, et la question ne se pose donc jamais. Ce qui varie, c'est la clarté de l'eau et l'état de la mer selon l'exposition : Grande Anse à Deshaies et la plage de Malendure sont abritées la plupart du temps, tandis que la côte atlantique de Grande-Terre reçoit la houle de plein fouet et se pratique surtout en kitesurf. Les sargasses, enfin, touchent principalement la façade est et le sud de Grande-Terre, avec des arrivages irréguliers qui culminent en général entre avril et août. Les bulletins départementaux sont publiés chaque semaine et permettent de choisir sa plage la veille au soir.

Le même arbitrage entre confort et facture se retrouve dans bien d'autres décisions de consommation, du moment où l'on choisit de passer à la voiture électrique à celui où l'on décide de faire estimer la valeur de son bien immobilier. La différence, ici, c'est que la variable en jeu est météorologique et qu'aucune négociation ne la déplace.

Ce que chaque période permet de faire

  • De janvier à avril. Plongée dans la réserve Cousteau au large de Bouillante, avec une visibilité qui dépasse souvent 25 mètres. Randonnée à La Soufrière et aux chutes du Carbet. Carnaval, qui démarre à l'Épiphanie et culmine du dimanche gras au mercredi des Cendres, quand on brûle Vaval.
  • En mai et juin. L'intersaison, la moins chère et la moins fréquentée. Les alizés faiblissent, l'eau se réchauffe, les fonds sont clairs et les tarifs aériens chutent après les vacances de printemps.
  • En juillet et août. La fête des cuisinières à Pointe-à-Pitre, mi-août, avec le défilé en madras des membres de la confrérie. Les excursions vers les Saintes et Marie-Galante tournent à plein. Il fait chaud et lourd, la pluie arrive en fin de journée.
  • En novembre et décembre. La fin de l'hivernage, la nature au maximum de sa densité, les cascades pleines. Les randonnées sont boueuses mais spectaculaires, et les prix restent bas jusqu'à la mi-décembre.

Pour la plongée précisément, la fenêtre de décembre à avril reste la meilleure : la houle du nord peut lever la mer sur la côte au vent, mais la côte sous le vent, à l'abri de Basse-Terre, garde des conditions calmes. Le raisonnement de fond ressemble à celui qu'on tient pour choisir sa période au Japon : ce ne sont pas les moyennes annuelles qui décident, ce sont deux ou trois fenêtres courtes qui font toute la différence.

Ce que la saison change sur la facture

L'écart est net et se lit d'abord sur le billet d'avion. Un aller-retour Paris-Pointe-à-Pitre réservé pour la mi-février coûte souvent le double d'un vol de fin septembre, et les vacances de Noël dépassent encore ces niveaux. La location de voiture suit la même courbe : le parc guadeloupéen est limité, et en février les agences affichent complet plusieurs semaines à l'avance, avec des tarifs journaliers qui grimpent facilement de 40 %.

L'hébergement obéit à une logique un peu différente. Les grands hôtels de Sainte-Anne et du Gosier jouent sur les mêmes pics que les compagnies aériennes, mais les gîtes et les meublés de tourisme, très nombreux dans l'archipel, gardent des tarifs plus stables et se négocient bien sur les séjours de deux semaines ou plus. C'est souvent la meilleure façon de partir en février sans y laisser un mois de salaire.

Reste une piste que peu de voyageurs exploitent : la fin du carême, en avril et début mai. La météo est encore celle de la saison sèche, les vacances scolaires métropolitaines sont passées, les prix ont déjà baissé et l'eau atteint 27 °C. Sur le papier, c'est la meilleure affaire du calendrier guadeloupéen, et c'est aussi le moment où l'archipel respire le mieux, une fois la foule de l'hiver repartie.

Sur place : distances courtes, journées pleines

Tout se fait en voiture, et le réseau est bon. Comptez une heure trente de Pointe-à-Pitre à Deshaies, quarante minutes jusqu'à Sainte-Anne, une heure jusqu'à la Pointe des Châteaux. La Route de la Traversée, qui coupe Basse-Terre d'est en ouest à travers le parc national, se parcourt en une heure sans arrêt et en une demi-journée si vous vous arrêtez à la cascade aux Écrevisses et à la Maison de la Forêt.

Le marché Saint-Antoine, à Pointe-à-Pitre, ouvre tôt et se vide vers midi : c'est là qu'on trouve les épices, le colombo, les bâtons de cannelle et le rhum arrangé. Pour les îles, les navettes maritimes partent de Pointe-à-Pitre, de Saint-François et de Trois-Rivières. Les Saintes se font en une journée, avec la montée au Fort Napoléon, sur Terre-de-Haut, qui domine la baie. Marie-Galante mérite deux jours et une nuit.

Un mot sur les moustiques, que les guides oublient systématiquement : ils sont présents toute l'année et surtout en hivernage. Répulsif, vêtements longs le soir, et vigilance sur les eaux stagnantes. La dengue circule régulièrement dans l'archipel, et c'est la seule précaution sanitaire vraiment utile à retenir avant de partir.

Côté table, le colombo de cabri, les accras de morue, le boudin créole et le blaff de poisson forment le socle. Les fêtes de fin d'année ont ici leurs propres rituels, assez éloignés de la question métropolitaine de savoir quels crustacés servir pendant les fêtes : on chante les cantiques de Noël en groupe, les chanté Nwel, de fin novembre au 24 décembre, et on mange du jambon de Noël et des pois d'Angole.

Avant de passer à la vidéo, un aperçu de ce qu'elle couvre en quatre minutes, avec les emplacements et les durées de visite pour chaque étape. Sommaire : 0:00 introduction, 0:12 les plages, 0:37 la randonnée sur le volcan actif, 0:58 la gastronomie créole et l'histoire de l'île, 1:18 les îles alentour, 1:40 partir en croisière d'expédition en catamaran, 1:58 le baptême de plongée, 2:19 les sources d'eau chaude, 2:41 les sports nautiques, 2:58 la Route de la Traversée, 3:16 la Pointe des Châteaux.

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Découvrir la Guadeloupe depuis un navire de croisière

La croisière contourne en partie la question de la saison, puisque le navire déplace le programme quand la météo se dégrade. Les itinéraires Caraïbes de la compagnie Costa touchent la Guadeloupe une bonne partie de l'année, à bord du Costa Pacifica ou du Costa Fascinosa, avec escale à Pointe-à-Pitre. Vous n'y verrez pas l'île en profondeur, une escale dure entre huit et dix heures, mais vous enchaînerez plusieurs destinations sans refaire vos valises. Ceux qui préfèrent un survol rapide d'une destination avant d'y revenir plus longuement raisonnent de la même façon que pour un tour en hélicoptère au-dessus de New York.

Pour réserver votre croisiere costa, deux voies existent. Le site de la compagnie donne l'offre complète et les cabines les plus récentes. Les plateformes de revente affichent régulièrement des remises qui atteignent 30 %, parfois davantage sur les départs de dernière minute, en contrepartie d'une flexibilité moindre sur le choix de la cabine.

Un séjour de ce type reste par ailleurs une bonne idée quand il s'agit d'offrir un voyage à un couple, parce que tout est réglé d'avance et que la logistique disparaît. Selon la croisière retenue, l'itinéraire ajoute Tortola, Saint-Martin, Antigua, Fort-de-France, Kingstown ou Sainte-Lucie. Pour comparer les dates de départ disponibles vers la Guadeloupe et les tarifs associés, un comparateur de destinations de croisière fait le travail en quelques minutes.

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