Quand partir à Cuba ? : comment choisir le meilleur moment ?

Quand partir à cuba ?
Sommaire6 sections
  1. 01Novembre à avril : la saison qui coche toutes les cases
  2. 02Mai à octobre : moins cher, plus mouillé, plus risqué
  3. 03La température de l'eau, l'autre calendrier
  4. 04Se déplacer sur l'île, et pourquoi la saison compte aussi là
  5. 05Ce que vous ferez sur place, mois par mois
  6. 06Combien de temps, et dans quel ordre

À Cuba, la date ne se choisit pas sur la température, qui bouge assez peu d'un mois à l'autre, mais sur deux courbes : celle des pluies et celle des cyclones. Le reste en découle, prix compris.

C'est la différence entre une île tropicale et une destination à quatre saisons. Entre janvier et août, La Havane gagne environ six degrés en maximale, ce qui n'est pas rien mais ne change pas votre garde-robe. En revanche, le nombre de jours de pluie triple, et à partir de la mi-août s'ouvre la fenêtre où un ouragan peut réellement perturber un séjour. Un voyage à Cuba se planifie donc en regardant un calendrier de risques, pas un thermomètre.

Ces bornes-là ne sont pas indicatives : elles sont fixées par le National Hurricane Center de Miami, qui suit le bassin atlantique depuis des décennies. Les textes qui placent la saison des ouragans « en octobre ou novembre » se trompent de deux mois et donnent un faux sentiment de sécurité au mois d'août, qui est justement le plus exposé avec septembre.

Novembre à avril : la saison qui coche toutes les cases

Si vous ne voulez pas réfléchir, partez entre décembre et mars. L'air tourne autour de 26 à 28 °C l'après-midi, les nuits descendent vers 18 ou 19 °C, il pleut peu, l'humidité reste tenable et le risque cyclonique est nul. C'est aussi la meilleure période pour La Havane, parce qu'on y marche beaucoup : la Habana Vieja se visite à pied, et par 34 °C avec 85 % d'humidité l'exercice devient pénible.

Le revers est classique. Décembre à mars concentre la clientèle nord-américaine et européenne, les casas particulares se réservent des mois à l'avance dans les villes touristiques, et la période de Noël au Nouvel An voit les tarifs aériens doubler. Ceux qui restent à la maison en décembre se rabattent parfois sur un calendrier de l'Avent beauté en attendant janvier, ce qui coûte nettement moins cher qu'un vol en pleine semaine des fêtes.

Sur les formalités, comptez large : la carte de tourisme est obligatoire pour les Français et s'obtient avant le départ. Le détail des pièces et des délais figure dans notre guide pour obtenir un visa pour Cuba depuis la France, à lire avant de réserver plutôt qu'après.

Mai à octobre : moins cher, plus mouillé, plus risqué

La basse saison cubaine n'est pas une saison des pluies au sens asiatique du terme. Il ne pleut pas toute la journée : il tombe une averse violente en fin d'après-midi, parfois deux, et le soleil revient. Beaucoup de voyageurs s'en accommodent très bien, et les tarifs chutent de 25 à 40 % sur les vols et l'hébergement.

Le vrai sujet, c'est septembre. C'est statistiquement le mois le plus actif du bassin atlantique, et un ouragan majeur qui touche l'ouest de l'île peut couper l'électricité pendant plusieurs jours, fermer les aéroports et annuler les excursions. Ça n'arrive pas tous les ans, mais quand ça arrive, aucune assurance ne vous rend vos vacances. Sur ce point, le calcul de la bonne affaire ne tient pas.

Le raisonnement se transpose ailleurs : le même arbitrage entre prix bas et risque météo se pose quand on regarde la meilleure saison pour les îles Canaries ou la période idéale pour le Costa Rica, deux destinations où la basse saison est nettement plus fréquentable qu'à Cuba parce que le risque cyclonique y est faible ou nul.

Voitures américaines des années 1950 garées le long du Malecon à La Havane
Le Malecon de La Havane, à parcourir en fin de journée quand la chaleur retombe.

La température de l'eau, l'autre calendrier

Elle ne descend jamais sous 24 ou 25 °C, même en février, et monte à 29 ou 30 °C en août et septembre. Pour la baignade, tous les mois conviennent. Pour la plongée, la différence se joue sur la visibilité et l'état de la mer : de décembre à avril, les fronts froids venus du golfe du Mexique peuvent lever de la houle sur la côte nord pendant deux ou trois jours, tandis que la côte sud reste abritée.

Une correction qui a son importance : Cayo Coco, Cayo Guillermo et Cayo Santa María se trouvent sur la côte nord, dans l'archipel des Jardines del Rey, reliés à l'île principale par des digues. Beaucoup de textes les placent au sud, ce qui n'a pas de conséquence sur la beauté des plages mais change tout à l'itinéraire. Playa Larga, elle, est bien au sud, dans la baie des Cochons : c'est un site de plongée et de snorkeling avec un tombant accessible depuis le bord, pas un spot de surf. Le surf cubain, quand il existe, se pratique surtout à l'est, du côté de Baracoa, et reste confidentiel.

Se déplacer sur l'île, et pourquoi la saison compte aussi là

Les Viazul relient La Havane à Viñales, Trinidad, Camagüey, Holguín et Santiago de Cuba. Le réseau fonctionne, mais les places partent vite en haute saison et les horaires glissent. La location de voiture existe, à des tarifs élevés pour ce qu'on obtient, et la flotte est limitée : réserver deux ou trois mois à l'avance n'a rien d'excessif entre décembre et mars.

Le deux-roues se loue dans les zones touristiques. Les règles de circulation locales n'ont rien à voir avec ce qu'on connaît en France, où il faut par exemple mettre sa trottinette électrique en conformité avant de rouler. À Cuba, l'enjeu est ailleurs : l'état des routes, l'absence d'éclairage la nuit et les charrettes à cheval sur les axes secondaires. On roule de jour, point.

Pour ceux qui veulent enchaîner les étapes, l'esprit du road trip d'été fonctionne bien ici, à condition d'oublier le confort des vans aménagés qu'on utilise en Europe : la nuit se passe en casa particular, chez l'habitant, ce qui reste la meilleure façon de comprendre le pays. Un carnet de voyage en cuir vaut d'ailleurs mieux qu'une application : la connexion internet cubaine se paie à la carte et fonctionne mal.

Ce que vous ferez sur place, mois par mois

  • De décembre à mars. La Havane, Trinidad, Viñales et la vallée du tabac, dont la récolte se fait en février et mars. Les séchoirs sont ouverts, c'est le meilleur moment pour comprendre comment naît un cigare.
  • En avril et mai. Plongée, cayos et randonnées dans la Sierra del Escambray. Les températures restent tenables et les groupes ont disparu.
  • En juillet. Le carnaval de Santiago de Cuba, dans la dernière semaine du mois, avec ses comparsas et ses tambours. Il fait très chaud et très humide, et ça vaut quand même le déplacement.
  • En novembre. La fin de la saison des pluies, le retour du ciel dégagé, et à La Havane la commémoration de la fondation de la ville le 16 novembre.

Côté table, ne partez pas avec des attentes de gastronome. La cuisine cubaine est franche et généreuse, ropa vieja, congrí, ajiaco, tostones, mais l'approvisionnement reste contraint et les cartes se ressemblent d'une ville à l'autre. On ne joue pas dans la catégorie du concours qui a désigné la meilleure pizza du monde, remportée par un Français. Les paladares, ces restaurants privés, s'en sortent presque toujours mieux que les établissements d'État.

Sur la photo, enfin : la lumière cubaine est dure entre 11 h et 15 h et superbe au lever et au coucher. Un boîtier compact suffit largement, et nos repères pour choisir un appareil photo numérique valent aussi bien ici qu'ailleurs. Si votre budget vacances est serré, sachez que les réductions se négocient mieux sur les longs séjours que sur les courts, exactement comme pour payer moins cher sa croisière en Méditerranée. Et si vous voulez caler votre séjour sur une fête, visez plutôt les célébrations locales que les périodes de vacances scolaires, comme on le fait pour choisir ses crustacés pendant les fêtes : c'est la date qui commande, pas l'inverse.

Combien de temps, et dans quel ordre

Dix jours suffisent pour un premier séjour honnête : trois nuits à La Havane, deux à Viñales, trois à Trinidad, et le reste sur une plage. Quinze jours ouvrent la porte à l'est de l'île, Camagüey, Holguin et Santiago, mais imposent soit un vol intérieur, soit dix heures de bus. Le trajet Havane-Santiago par la route est faisable, il n'est pas agréable.

L'ordre a son importance et dépend de la saison. En haute saison sèche, commencez par les villes, quand la fraîcheur relative de janvier rend la marche facile, et finissez par les cayos. En basse saison, faites l'inverse : les averses de l'après-midi gênent moins sur une plage que dans une vieille ville où l'on visite à pied, et vous gardez les journées de La Havane pour la fin, quand vous aurez appris à caler vos sorties sur le ciel du matin.

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Une vidéo de cinq minutes pour repérer les étapes avant de trancher, avec les emplacements et les durées de visite indiqués. Sommaire : 0:00 introduction, 0:11 la Habana Vieja, 0:49 Viñales, 1:21 Trinidad, 1:49 Santiago de Cuba, 2:23 Varadero, 2:39 Santa Clara, 3:17 Baracoa. Elle donne une bonne idée des distances, qui sont le principal piège d'un premier séjour : La Havane et Santiago sont séparées de 860 km. Si votre projet est plutôt une escapade urbaine courte, la logique de réservation ressemble à celle d'un tour en hélicoptère au-dessus de New York, et nos repères pour choisir la bonne date au Cap-Vert complètent le tableau pour les archipels atlantiques.

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