Partir au japon : pour quelle période opter ?

une décoration japonaise

Choisir sa date pour le Japon revient d'abord à savoir quand ne pas y aller. Trois périodes de l'année suffisent à doubler le prix d'une chambre à Kyoto, à remplir chaque shinkansen et à transformer une allée de temple en file d'attente. Le reste du calendrier est nettement plus souple qu'on ne le croit.

L'archipel s'étire sur près de 3 000 kilomètres du nord au sud, entre la latitude de Montréal pour Hokkaido et celle de Miami pour Okinawa. Parler de la météo « au Japon » n'a donc pas beaucoup de sens : quand les cerisiers fleurissent à Tokyo fin mars, il neige encore à Sapporo et les plages d'Ishigaki sont déjà à 24 °C. La bonne question porte sur la région et sur ce qu'on veut voir, pas sur une saison idéale valable partout.

Le printemps : superbe, cher, et plus court qu'on ne l'imagine

La floraison des cerisiers dure environ une semaine par ville, dix jours si le temps reste calme. À Tokyo, elle démarre généralement dans les derniers jours de mars et la pleine floraison tombe autour du 1er au 5 avril. Kyoto suit trois à cinq jours plus tard, Sapporo début mai. L'Agence météorologique japonaise et plusieurs opérateurs privés publient chaque année des prévisions de floraison à partir de la mi-janvier, révisées toutes les semaines. Elles se trompent régulièrement de trois ou quatre jours, ce qui suffit à manquer le pic quand on a réservé six mois à l'avance.

Dire que le hanami vaut le déplacement est une chose. Dire à quel prix en est une autre. Sur cette période, les tarifs hôteliers de Kyoto grimpent de 50 à 100 % par rapport à février, et les chambres du centre partent souvent avant Noël pour l'année suivante. Un voyageur qui accepte de venir en mai, une fois les pétales tombés, paie beaucoup moins cher pour un climat objectivement plus agréable : 18 à 24 °C, air sec, jardins en pleine verdure.

Le raisonnement ressemble à celui qu'on tient pour fixer sa période de voyage à la Réunion : la saison la plus photogénique n'est pas toujours celle qui rend le séjour le plus confortable.

Rue bordée de cerisiers en fleurs devant un bâtiment traditionnel japonais

L'été : la mousson, puis la chaleur, puis les typhons

Le tsuyu, la saison des pluies, s'installe sur Honshu de début juin à la mi-juillet. Il ne pleut pas en continu, mais l'humidité colle et les averses tombent sans prévenir. Hokkaido, seule région du pays à y échapper, devient de ce fait la destination d'été la plus confortable : 22 à 26 °C à Sapporo en juillet, contre 33 °C et 80 % d'humidité à Kyoto.

Fin juillet et août, la chaleur devient franchement difficile dans les grandes villes de la plaine. Kyoto, enserrée entre trois montagnes, est réputée pour être une fournaise : les alertes canicule y sont fréquentes et les visites de temples s'organisent alors avant 10 heures ou après 16 heures. Septembre, souvent présenté comme un mois calme, est en réalité le pic de la saison des typhons. Un typhon paralyse les transports pendant vingt-quatre à quarante-huit heures, avec suspension des vols et arrêt complet des shinkansen sur la ligne concernée.

Une chose que l'été apporte et qu'aucune autre saison ne remplace : les matsuri. Le Gion Matsuri de Kyoto occupe tout le mois de juillet, avec la grande procession de chars le 17. Le Nebuta d'Aomori se tient début août, le Tenjin Matsuri d'Osaka le 25 juillet. Si vous venez pour ça, la chaleur fait partie du contrat.

L'automne : la meilleure fenêtre pour un premier voyage

D'octobre à début décembre, l'humidité retombe, les températures se posent entre 15 et 22 °C sur Honshu, et les érables prennent leur couleur. Le momiji descend du nord vers le sud : Hokkaido vire fin septembre, la région des Alpes japonaises fin octobre, Kyoto entre la mi-novembre et le début décembre. La fréquentation touristique augmente elle aussi, mais elle reste plus diffuse qu'au printemps, parce que la saison des couleurs s'étale sur six semaines au lieu d'une.

Sur le terrain, c'est la période où marcher est le plus agréable. Le chemin de Nakasendō entre Magome et Tsumago, la vallée de Kiso, les sentiers autour de Nikko : trois heures de marche sans transpirer, ce qui n'arrive ni en juillet ni en février. Pour un couple qui reçoit un séjour en cadeau, l'automne est aussi le meilleur choix, et nous détaillons dans notre article dédié comment offrir un voyage à deux sans se tromper de destination.

L'hiver : la saison la moins chère, et la plus sous-estimée

De janvier à mars, hors Nouvel An, le Japon coûte le moins cher de l'année. Tokyo tourne autour de 5 à 10 °C, avec un ciel très souvent dégagé et une visibilité qui laisse voir le mont Fuji depuis les tours de Shinjuku, ce qui est rare en été. La côte de la mer du Japon, elle, reçoit des quantités de neige impressionnantes : Aomori et les Alpes de Niigata comptent parmi les endroits habités les plus enneigés du monde, ce qui explique la qualité des stations de ski d'Hokkaido et de Nagano.

L'hiver donne aussi accès à des choses qui n'existent pas le reste de l'année : les macaques dans les bains chauds de Jigokudani, le festival de la neige de Sapporo début février, les onsen extérieurs sous la neige à Beppu ou à Kusatsu. Beppu, capitale thermale du pays, produit plus d'eau chaude que n'importe quelle autre ville japonaise et se visite très bien en janvier, quand la vapeur monte des toits du quartier de Kannawa.

Où aller, et en combien de temps

Le Japon compte plus de 14 000 îles recensées, dont quatre principales : Honshu, Hokkaido, Kyushu et Shikoku. Pour un premier voyage de deux semaines, le triangle Tokyo, Kyoto, Osaka couvre le principal sans passer sa vie dans les trains, avec deux ou trois excursions greffées dessus : Nara et ses cerfs en liberté à quarante minutes de Kyoto, Hakone et sa vue sur le Fuji, Hiroshima et Miyajima pour une nuit.

Tokyo et Kyoto ne racontent pas la même histoire. Tokyo se lit par quartiers, du marché de Toyosu à Shimokitazawa, avec des musées de premier plan et une densité qui prend deux jours à apprivoiser. Kyoto conserve plus de 1 600 temples bouddhiques et 400 sanctuaires shinto, et se parcourt à pied ou à vélo, ce qui est le meilleur moyen d'éviter les bus bondés du printemps. Osaka, sillonnée de canaux, se visite surtout pour manger : Namba, Dotonbori, les takoyaki à minuit.

Un mot sur le budget des transports. Le Japan Rail Pass, longtemps l'évidence, a fortement augmenté en octobre 2023 : il ne devient rentable qu'à partir de deux allers-retours longue distance dans la semaine. Calculez avant d'acheter plutôt que de suivre le conseil recopié sur les forums. Le principe vaut pour toute expérience de voyage à date variable, y compris un survol de New York en hélicoptère : le prix affiché dépend de la saison et du créneau horaire bien plus que de la prestation.

Le budget quotidien surprend dans les deux sens. Manger revient bon marché : un bol de ramen ou un plat de gyudon se trouve entre 800 et 1 200 yens, un menu de konbini pour moins de 700. Ce sont les nuits d'hôtel et les trajets longue distance qui pèsent, avec un yen dont le cours face à l'euro a beaucoup varié depuis 2022 et modifie sensiblement l'addition d'une année sur l'autre.

Un dernier repère avant de réserver

Le pays a rouvert ses frontières aux voyageurs individuels le 11 octobre 2022, après deux ans et demi de fermeture liée au Covid, et les Français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours. La fréquentation a depuis dépassé ses niveaux d'avant 2020, avec des records de visiteurs étrangers en 2024. Concrètement, cela signifie que les sites les plus connus, Fushimi Inari, Arashiyama, le quartier de Gion, sont saturés en milieu de journée toute l'année. Arriver à 7 heures du matin change plus l'expérience que le choix du mois.

Sur ce point, l'avis est tranché : mieux vaut venir en février avec des matinées vides qu'en avril avec des allées noires de monde. Les cerisiers sont beaux. Ils ne valent pas de passer son voyage à faire la queue.

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La vidéo ci-dessous parcourt douze étapes en moins de quatre minutes, avec les emplacements et les temps de visite indiqués : Tokyo, Osaka, Kyoto, Hakone et le mont Fuji, Nara, Nikko, Kamakura, Hiroshima, Miyajima, Hokkaido, les îles Okinawa et Beppu. Un bon repérage pour caler un itinéraire avant de bloquer les dates.

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Quelques repères sur ces douze étapes. Kamakura, à une heure de Tokyo, aligne une soixantaine de temples bouddhiques et le grand Bouddha de bronze du Kotoku-in, haut de plus de 13 mètres. Nara possède huit sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco et laisse ses cerfs divaguer dans les rues. Nikko cache ses sanctuaires sous des forêts de cèdres, avec le lac Chuzenji et les chutes de Kegon à proximité. Miyajima, dans la baie d'Hiroshima, se reconnaît à son torii vermillon planté sur pilotis devant le sanctuaire d'Itsukushima.

Hokkaido change complètement de visage selon la saison : champs de lavande de Furano en juillet, pistes de Niseko en janvier, glaces dérivantes au large d'Abashiri en février. Okinawa, à 1 500 kilomètres au sud de Tokyo, compte environ 160 îles dont une quarantaine habitées, avec une eau à 26 °C de juin à octobre et une culture ryukyu qui n'a pas grand-chose à voir avec celle de Honshu. Deux destinations qui justifient à elles seules un second voyage.

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