La Réunion : la meilleure période pour la visiter
À la Réunion, tout dépend de ce qu'on vient y faire. Marcher dans les cirques et se baigner sur la côte ouest ne demandent pas la même saison, et l'écart entre les deux se compte en mois. C'est ce décalage qui décide de la date du billet, bien plus que la moyenne des températures affichée sur les sites de voyage.
L'île tient dans 2 512 km2 mais elle empile des étages climatiques comme peu d'endroits au monde. Le lagon de l'Ermitage et le sommet du piton des Neiges, à 3 070 mètres, se trouvent à moins de 30 kilomètres à vol d'oiseau, avec parfois 20 degrés d'écart entre les deux au même moment. Une même journée peut commencer à 26 °C sur le sable et se terminer à 6 °C sous une couverture, au gîte de la Caverne Dufour.
L'hiver austral, la saison des marcheurs
De mai à novembre, l'air s'assèche et le soleil tape moins fort. Sur le littoral, la température de journée tient entre 17 et 24 °C ; dans les hauts, elle descend entre 8 et 17 °C, et le thermomètre passe sous zéro au sommet du piton des Neiges quelques nuits par an, en juillet et en août. Les sentiers sont secs, la visibilité porte loin, les rivières sont basses. C'est la période où la plupart des randonneurs viennent, et ce n'est pas un hasard.
Si vous n'aimez pas les fortes chaleurs, il faut donc choisir sa période comme on le fait pour le Japon : en fonction de ce qu'on veut voir, pas de ce qui est écrit sur la brochure. Le tour des trois cirques, Salazie, Cilaos et Mafate, se fait dans ces mois-là. Mafate n'a pas de route : on y entre à pied par le col des Bœufs ou par la rivière des Galets, ou bien en hélicoptère. Il n'existe aucun téléphérique pour y accéder, contrairement à ce qu'on lit parfois.
Deux détails changent une journée de marche. D'abord l'heure de départ : au-delà de 11 heures, les nuages remontent des ravines et bouchent tout, y compris au piton de la Fournaise. Un départ à 5 h 30 du Pas de Bellecombe vous donne deux heures de vue dégagée sur l'enclos Fouqué. Ensuite les vêtements : la température chute vite dès qu'on prend de l'altitude, et la polaire n'est pas un excès de prudence à 2 000 mètres. Un randonneur qui voyage seul et prépare son itinéraire à l'avance gagne à réserver ses gîtes plusieurs semaines en avance : en juillet et en août, Mafate affiche complet.
- les plages surveillées de la côte ouest, dans le lagon : l'Ermitage, la Saline, Boucan Canot ;
- le tour des trois cirques, à pied, en trois à cinq jours selon la boucle ;
- la descente de la rivière Langevin ou de Sainte-Suzanne en canyoning ;
- le surf à Saint-Gilles-les-Bains, sur le site des Roches Noires.
Sur la baignade, une précision qui manque presque toujours dans les guides : depuis 2011, la baignade et les activités nautiques sont réglementées hors des lagons et des zones surveillées, pour une raison de risque requin. Le lagon reste ouvert et parfaitement sûr, les spots de surf ne le sont pas tous. Renseignez-vous auprès du poste de secours de la plage plutôt qu'auprès de votre hébergeur.

L'été austral, la saison de l'eau chaude et des cyclones
De novembre à avril, l'île bascule dans le chaud et l'humide. Sur le littoral, on est entre 23 et 30 °C en journée, avec environ huit heures de soleil quotidiennes malgré les averses. L'eau du lagon dépasse 27 °C, ce qui change tout pour la plongée : on tient une heure en combinaison courte, la visibilité est bonne les jours sans houle.
La saison cyclonique court officiellement du 15 novembre au 30 avril, avec un pic entre janvier et mars. Un cyclone n'est pas une fatalité de voyage : Météo France Réunion émet des alertes graduées, et une pré-alerte se voit venir deux à trois jours à l'avance. Ce qui gêne vraiment le voyageur, c'est la fermeture des sentiers, les routes coupées et l'annulation des vols intérieurs, pas le vent lui-même depuis un hôtel en dur. Prendre une assurance annulation en février a du sens, en septembre beaucoup moins.
C'est aussi la saison où le calendrier ressemble à celui des Caraïbes, avec le même arbitrage entre eau chaude et risque météo. Les activités qui marchent le mieux à ce moment de l'année :
- le canyoning, porté par des débits enfin corrects dans le Trou Blanc ou à Cilaos ;
- la plongée sur la côte ouest, entre Saint-Leu et Saint-Gilles, quand la houle le permet ;
- la randonnée courte, tôt le matin, avant que la chaleur et les nuages ne s'installent.
Pour la plongée, passez par un club local plutôt que de tenter le coup seul : les courants de l'océan Indien ne pardonnent pas l'improvisation, et un moniteur qui connaît le site sait à quelle heure la houle tourne. Même logique que pour les excès dont on parle ailleurs sur ce site, comme ces boissons énergisantes et leurs effets sur le cœur : tout dépend de l'usage et des repères qu'on se donne.
Ce qu'on va voir, saison par saison
Le piton de la Fournaise reste le rendez-vous principal. Le volcan entre en éruption plusieurs fois par an, souvent dans l'enclos, ce qui rend le spectacle visible sans danger depuis les points d'observation ouverts par la préfecture. La route du volcan est fermée pendant les alertes, et rouvre parfois dans la journée : consultez l'Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise avant de monter, pas la veille au soir.
Les cirques se visitent à pied ou à cheval. Cilaos se rejoint par la route aux 400 virages depuis Saint-Louis, comptez 1 h 30 depuis la côte et un estomac solide. Salazie donne accès à Hell-Bourg, classé parmi les plus beaux villages de France, et au voile de la Mariée. Le jardin d'Éden, lui, ne se trouve pas à Saint-Denis comme on le lit un peu partout : c'est un jardin botanique de l'Ermitage-les-Bains, sur la commune de Saint-Paul, à côté du lagon.
Sur le littoral, la côte ouest concentre les plages de sable : Saint-Gilles-les-Bains, l'Ermitage, Saint-Leu. La côte est, plus arrosée, offre autre chose : la cascade Niagara, Sainte-Anne, les champs de canne et Grand Étang. Pour un premier séjour de deux semaines, une base à l'ouest et trois ou quatre nuits dans les hauts couvrent le principal sans passer sa vie en voiture. Le tour de l'île fait 210 kilomètres, mais la route du littoral se bouchonne sérieusement aux heures de pointe autour de Saint-Denis.
Pour ceux qui veulent tout : un archipel comme les Canaries offre un compromis plus simple, avec une météo stable toute l'année. La Réunion, elle, oblige à choisir. C'est aussi ce qui fait son intérêt.
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Préparer son programme avant de réserver, pas après
L'erreur la plus courante consiste à acheter le billet, puis à chercher quoi faire. À la Réunion, ça se paie cher : un séjour en février consacré à la randonnée finit souvent en visites de musées sous la pluie. Décidez d'abord de la dominante du voyage, montagne ou mer, ensuite de la date, et seulement après du logement.
Pour la partie contenu, les guides spécialisés restent plus fiables que les listes recopiées d'un site à l'autre. Si vous vous demandez que voir absolument lors de votre visite à la réunion, la réponse tient en trois blocs : le volcan, un cirque au moins, et une journée de côte. Le reste dépend du temps que vous avez et de votre tolérance aux virages.
Dernier point souvent oublié : les vols. Paris-Saint-Denis dure environ 11 heures sans escale, et les prix doublent pendant les vacances scolaires de la zone, sans compter les congés d'hiver métropolitains de février. Un départ en septembre ou en octobre coûte régulièrement 300 à 400 euros de moins qu'un départ à Noël, pour une météo objectivement meilleure. Sur ce point, le calcul est vite fait.
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