Visiter les Seychelles : quelle est la meilleure période ?

Visiter les Seychelles

Aux Seychelles, le climat se joue sur le vent plus que sur le calendrier. Deux fenêtres de bascule, avril-mai et octobre-novembre, donnent la mer la plus lisse et l'eau la plus claire de l'année. Entre les deux, l'archipel reste chaud et baignable en permanence, mais le plan d'eau change de caractère selon l'alizé qui souffle, et c'est ce détail qui décide vraiment de la réussite d'un séjour.

L'archipel compte 115 îles réparties dans l'océan Indien, à environ 1 500 kilomètres à l'est des côtes de l'Afrique continentale. Trois d'entre elles concentrent presque tout le tourisme : Mahé, la plus grande, où se trouve la capitale Victoria et le seul aéroport international ; Praslin, à une heure de bateau ou quinze minutes d'avion ; et La Digue, minuscule, où l'on circule à vélo. Le reste est fait d'îlots granitiques, d'atolls coralliens et de réserves où l'on ne débarque que sur autorisation.

Deux alizés, deux ambiances

Les Seychelles vivent au rythme de deux régimes de vent. De novembre à mars souffle la mousson de nord-ouest : air lourd, averses courtes et violentes surtout en fin de journée, mer généralement calme sur les côtes sud et est. De mai à septembre, l'alizé de sud-est prend le relais. Le ciel se dégage, l'humidité baisse, mais le vent monte et pousse les algues sur les plages exposées au sud.

Ce basculement explique une chose que les brochures passent sous silence : la même plage n'a pas le même visage en février et en août. Anse Lazio à Praslin, orientée nord-ouest, se ride pendant la mousson d'hiver et redevient une piscine en juillet. Anse Intendance, au sud de Mahé, fait l'inverse et prend de la houle pendant l'alizé de sud-est. Un hôtel qui vous paraît mal noté pour sa plage l'a peut-être simplement été par un voyageur venu à la mauvaise saison.

Les Seychellois eux-mêmes nomment ces deux périodes autrement que les agences. Le nord-ouest, c'est la saison chaude et molle, celle où l'on pêche à la traîne au large. Le sud-est, c'est la saison de travail, celle où les bateaux rentrent tôt. Poser la question à un patron de guesthouse plutôt qu'à un moteur de réservation donne souvent une réponse plus utile qu'un tableau de moyennes mensuelles.

Plage de sable blanc bordée de rochers de granit aux Seychelles

Le mois par mois, sans enjoliver

Janvier et février sont les mois les plus arrosés. Il ne pleut pas toute la journée, loin de là, mais les averses sont franches et la végétation retient l'humidité. Mars marque une accalmie progressive. Avril est souvent le meilleur mois de l'année : le vent tombe entre les deux moussons, la mer devient un miroir, la visibilité sous l'eau dépasse régulièrement 30 mètres.

De mai à août, l'alizé de sud-est s'installe. C'est sec, c'est lumineux, c'est venteux. Les amateurs de planche à voile et de kitesurf y trouvent leur compte, les plongeurs beaucoup moins : la mer se charge de particules et la visibilité tombe parfois sous les 10 mètres sur les sites exposés. Septembre reste venté. Octobre et novembre ramènent le calme, avec une eau redevenue transparente et des tarifs encore raisonnables avant la ruée de décembre.

Deux nuisances saisonnières méritent d'être connues avant de réserver. Les algues brunes, d'abord : poussées par l'alizé de sud-est, elles s'échouent en juin, juillet et août sur les plages du sud de Mahé et sur Anse Volbert par épisodes, et les hôtels les ramassent au râteau chaque matin sans toujours y suffire. Les méduses ensuite, présentes surtout en décembre et janvier, sans gravité mais désagréables. Les deux phénomènes varient d'une année à l'autre, et aucun site de prévision ne les annonce ; le seul indicateur fiable reste les photos récentes déposées par les voyageurs sur les fiches d'hôtel.

Les mois de décembre, juillet et août concentrent l'affluence parce qu'ils correspondent aux vacances scolaires européennes, pas parce que le climat y serait meilleur. C'est une distinction qui vaut de l'argent : la même chambre peut coûter du simple au double entre juin et décembre. Le pic de fin d'année tient aussi au réveillon, que beaucoup d'hôtels facturent en supplément obligatoire, dîner de gala compris, parfois 150 euros par personne.

Plonger : la question de la visibilité

Si votre voyage tourne autour du masque et des bouteilles, le choix se resserre. Les périodes de bascule, mars-avril et octobre-novembre, offrent la meilleure eau. La température de la mer y dépasse souvent 29 degrés, ce qui a une contrepartie : au-delà de 30 degrés, le corail blanchit, et l'archipel a payé cher les épisodes de 1998 et de 2016.

Les sites les plus sûrs pour un débutant restent les baies abritées de Mahé et les rochers de Sainte-Anne, à vingt minutes de bateau de Victoria. Les plongeurs confirmés visent plutôt les Sisters ou Ave Maria Rocks au large de Praslin, avec des raies aigles et des requins de récif. Un tuba et un masque suffisent déjà pour beaucoup : la plupart des récifs commencent à quelques brasses du bord. Vous pouvez donc partir à l'aventure sans certificat ni club, à condition de surveiller les courants entre les îlots.

Le budget, principal frein réel

Les Seychelles ne sont pas une destination bon marché, et aucune saison ne change cela en profondeur. Le pays affiche le PIB par habitant le plus élevé d'Afrique et importe presque toute son alimentation ; les prix au restaurant s'en ressentent. Un plat créole simple dans une gargote de Beau Vallon tourne autour de 10 à 15 euros, un dîner d'hôtel trois fois plus.

Trois leviers font vraiment baisser la facture. Loger en guesthouse plutôt qu'en resort, d'abord : l'écart dépasse souvent 200 euros par nuit. Prendre les ferries publics entre Mahé, Praslin et La Digue plutôt que l'avion intérieur, ensuite. Faire ses courses au marché Sir Selwyn Selwyn-Clarke de Victoria et cuisiner un soir sur deux, enfin. Sur dix jours, l'économie se chiffre en milliers d'euros pour une famille.

Le billet d'avion pèse le reste. Depuis Paris, les vols directs sont rares et chers ; les correspondances par Dubaï, Doha, Istanbul ou Addis-Abeba coûtent nettement moins, au prix de quatre à six heures supplémentaires. Les tarifs les plus bas se trouvent en général sur les départs de mai, juin et septembre, ceux-là mêmes où le vent souffle le plus fort. Le compromis existe : partir fin septembre, quand l'alizé faiblit et que les prix n'ont pas encore décollé.

Cyclones : la crainte est largement infondée

On lit souvent que les Seychelles sont en zone cyclonique. C'est vrai sur le papier et faux dans les faits pour la partie de l'archipel que visitent les touristes. Les îles granitiques du nord, Mahé, Praslin et La Digue, se situent entre 4 et 5 degrés de latitude sud, trop près de l'équateur pour que les dépressions tropicales s'y organisent. Les cyclones se forment plus au sud et frappent Madagascar ou La Réunion.

Les îles Aldabra et Farquhar, tout au sud de la zone économique, sont en revanche concernées, mais on n'y va pas en vacances balnéaires. Le seul épisode notable à Mahé en un siècle reste le passage de la tempête Felleng en 2013, qui a provoqué des glissements de terrain sans faire de victimes. Autrement dit, la saison des pluies vous fera changer de plan d'après-midi, pas annuler votre voyage.

Ce qu'on fait sur place selon la saison

La liste des activités ne varie pas énormément, mais leur confort, oui. Voici ce qui gagne ou perd selon le moment de l'année :

  • Randonner dans le parc national du Morne Seychellois : plus agréable de mai à septembre, quand l'air est sec et les sentiers moins boueux.
  • Visiter la Vallée de Mai à Praslin, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, pour son coco de mer et ses perroquets noirs : toute l'année, mais tôt le matin pour éviter les groupes de croisiéristes.
  • Observer les tortues géantes d'Aldabra sur Curieuse et les tortues marines qui viennent pondre : les pontes se concentrent d'octobre à février sur les plages de Mahé et de Praslin.
  • Faire du kayak ou du paddle dans les baies abritées : la mer est la plus calme en avril et en novembre. Un kayak gonflable passe sans problème en soute et évite les locations à 40 euros la demi-journée.
  • Goûter la cuisine créole, le poisson au lait de coco, le chatini de requin, le ladob : le marché de Victoria est ouvert du lundi au samedi, et le samedi matin est le meilleur moment.

Victoria, soit dit en passant, est une ville et non une île : c'est la capitale du pays, posée sur la côte nord-est de Mahé, et l'une des plus petites capitales du monde avec moins de 30 000 habitants. On en fait le tour à pied en une matinée. Le pays entier compte environ 100 000 habitants, ce qui en fait le plus petit État souverain d'Afrique par la population.

Combien de temps rester

Le vol depuis Paris dure une dizaine d'heures en direct, davantage avec une escale. Descendre pour une semaine reste jouable, mais l'archipel se prête mal à la course : deux nuits par île suffisent rarement, parce que chaque changement d'île mange une demi-journée de transfert.

Le format qui fonctionne le mieux tient en dix à douze nuits, réparties entre trois nuits à Mahé, quatre à Praslin et trois à La Digue, avec le retour à Mahé la veille du vol. Ceux qui disposent de deux semaines peuvent ajouter Silhouette ou Bird Island, plus sauvages et bien moins fréquentées. La Digue mérite un mot à part : quatre kilomètres sur trois, une route principale, des vélos partout et une seule plage vraiment courue, Anse Source d'Argent, à voir avant neuf heures ou après seize heures si l'on veut la photo sans la foule.

Si vous voulez pousser plus loin la préparation, notre article sur les raisons de partir en séjour linguistique aborde la question de la langue : aux Seychelles, le créole seychellois cohabite avec le français et l'anglais, tous trois langues officielles, et l'on se débrouille sans difficulté en français.

Pour les couples et les voyages de noces, la combinaison Praslin et La Digue reste le choix le plus sûr. Ceux qui cherchent un décor plus spectaculaire encore trouveront des idées dans nos articles sur le survol de New York en hélicoptère ou sur les applications de rencontre sérieuse, deux sujets sans rapport avec l'océan Indien mais qui reviennent souvent dans les recherches de nos lecteurs.

Où loger, île par île

Le parc hôtelier seychellois s'est diversifié depuis que le gouvernement a autorisé les petites structures familiales, au début des années 2000. On trouve donc trois familles d'hébergement qui n'ont rien à voir entre elles. Les resorts de luxe, souvent sur une île privée, facturent de 800 à 3 000 euros la nuit et fonctionnent en vase clos. Les hôtels de taille moyenne de Beau Vallon ou de la Côte d'Or tournent entre 200 et 400 euros. Les guesthouses, tenues par des familles seychelloises, démarrent autour de 90 euros avec cuisine équipée.

Le choix de l'île compte autant que celui de la catégorie. Mahé concentre les commerces, les bus publics à 12 roupies le trajet et la vie locale ; c'est la seule île où l'on peut se passer de voiture sans se compliquer l'existence. Praslin demande une location de véhicule si l'on veut sortir de sa baie, faute de réseau de transport dense. La Digue se fait au vélo, loué 10 euros la journée, ce qui est à la fois charmant et limitant les jours de pluie.

Un mot sur la voiture de location, poste souvent sous-estimé. Comptez 45 à 70 euros par jour selon la saison, une conduite à gauche héritée de la période britannique et des routes étroites où l'on croise des bus à toute allure. La limitation est fixée à 40 kilomètres-heure en agglomération, 65 hors agglomération, et les contrôles sont fréquents à l'entrée de Victoria. Les agences locales pratiquent des tarifs sensiblement inférieurs aux enseignes internationales, moyennant un état des lieux à faire sérieusement.

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La croisière, une réponse partielle au problème des transferts

Passer par un bateau résout d'un coup la question la plus pénible du séjour, celle des ferries et des changements d'hôtel. On dort une fois, on se réveille ailleurs. C'est aussi le seul moyen raisonnable d'approcher certains îlots où aucun hébergement n'existe. Il est par exemple possible de faire une croisiere aux seychelles avec la compagnie costa, sur des itinéraires qui combinent généralement l'archipel avec Madagascar ou La Réunion.

La contrepartie mérite d'être posée franchement : une escale dure six à huit heures, ce qui suffit pour une plage et un déjeuner, pas pour une randonnée dans le Morne Seychellois ni pour voir la Vallée de Mai hors des heures de pointe. Les navires arrivent tous au même moment, et les sites les plus connus s'en ressentent entre 10 heures et 15 heures.

Le calcul dépendra donc de ce que vous cherchez. Pour une première approche de l'océan Indien, avec des enfants ou des parents âgés, le confort d'une cabine unique et de la restauration à bord pèse lourd. Pour un voyage centré sur la plongée ou la randonnée, la formule terrestre en guesthouse reste plus pertinente, moins chère sur dix jours, et laisse la liberté de décaler une sortie quand le vent tourne. Ce qui nous ramène au point de départ : aux Seychelles, tout se décide sur l'alizé.

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