Les étapes à suivre pour choisir une croisière en Méditerranée

Comment choisir une croisière en Méditerranée

La Méditerranée n'est pas une destination, c'est trois bassins qui ne se ressemblent pas : l'ouest latin, l'Adriatique, et l'est grec et turc. Choisir son bassin avant de comparer les prix évite l'erreur la plus fréquente, celle de réserver un itinéraire qui ne correspond pas du tout à l'envie de départ.

Sept nuits ne suffisent pas à faire le tour de cette mer. Elles suffisent à en voir un quart, correctement, si on a choisi le bon quart. C'est la première décision, et elle commande tout le reste : le port d'embarquement, la compagnie, le budget, la saison.

Ce que l'itinéraire dit vraiment

Un même prix affiché peut cacher deux voyages opposés. Le bassin occidental enchaîne des escales rapprochées, souvent une par jour, avec peu de navigation de nuit longue. On dort peu, on marche beaucoup, on visite des villes. Le bassin oriental impose davantage de mer entre les îles, ce qui donne des journées entières à bord et un rythme plus lent.

Cette différence de rythme compte plus que le nombre d'escales. Une croisière à huit ports en sept jours ressemble à un marathon, surtout avec des enfants. Une croisière à cinq ports laisse le temps de traîner sur le pont, et c'est parfois ce qu'on est venu chercher.

Il faut aussi regarder les horaires d'escale, ligne par ligne. Un navire qui accoste à Naples de 8 h à 18 h permet Pompéi. Un navire qui y reste de 13 h à 19 h ne le permet pas. Ce détail ne figure jamais dans le prix, et c'est pourtant lui qui décide de ce que vous verrez.

Les ports, sans les confusions habituelles

Une bonne partie des listes de destinations qui circulent en ligne mélange les mers. Remettons de l'ordre, parce que réserver sur une confusion coûte cher.

Dubaï, Abu Dhabi, Doha, Bahreïn et Oman ne sont pas en Méditerranée. Ces ports se trouvent dans le golfe Persique et sur la mer d'Oman, à plus de 5 000 kilomètres de là, et les croisières qui les desservent partent en hiver, quand la Méditerranée est au repos. Hurghada est sur la mer Rouge. Casablanca, Rabat et Agadir donnent sur l'Atlantique : les ports méditerranéens du Maroc s'appellent Tanger et Nador.

Florence n'est pas un port non plus. Les navires accostent à Livourne, à 90 minutes de bus, et l'excursion coûte entre 70 et 110 euros. Même chose pour Rome, desservie depuis Civitavecchia, à une heure et quart de train. Ceux qui veulent voir l'Italie sur un circuit de quinze jours auront toujours plus de temps sur place qu'en croisière, où chaque ville se visite en six heures.

La Méditerranée est bordée par une vingtaine d'États : Espagne, France, Monaco, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Albanie, Grèce, Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël, Égypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc. La Serbie, le Kosovo et la Macédoine du Nord n'ont pas de côte. Cette mer intérieure, dont les côtes n'ont rien à voir avec celles du Finistère sud, communique avec l'Atlantique par le détroit de Gibraltar, large de quatorze kilomètres à son point le plus étroit.

Paquebot à quai dans un port méditerranéen sous un ciel dégagé

Le budget, poste par poste

Le prix d'appel d'une croisière de sept nuits en Méditerranée occidentale démarre autour de 450 à 700 euros par personne en cabine intérieure, hors saison. Une cabine avec balcon monte à 900 ou 1 400 euros sur la même période. En juillet et août, ces montants augmentent de 40 à 70 %.

Ce n'est pas le tarif final. S'ajoutent les taxes portuaires, 100 à 180 euros par personne selon l'itinéraire, et les pourboires de service, entre 10 et 14 euros par jour et par passager chez la plupart des compagnies, prélevés automatiquement sur le compte de bord.

  1. Le forfait boissons : 30 à 55 euros par jour et par personne. Rentable si vous buvez trois verres quotidiens, sinon non.
  2. Les excursions organisées : 50 à 120 euros par personne et par escale. Beaucoup de ports méditerranéens se visitent à pied depuis le quai, ce qui rend l'excursion superflue à Palma, Cagliari, Kotor ou Dubrovnik.
  3. Le wifi : 10 à 25 euros par jour, débit variable.
  4. Le transport jusqu'au port : un aller-retour en train vers Marseille ou Gênes coûte moins qu'un vol vers Athènes, et cette ligne du budget est celle qu'on oublie le plus.

Sur ce dernier point, les Français ont un avantage géographique évident : Marseille, Gênes, Savone et Barcelone sont accessibles en train ou en voiture. Le stationnement longue durée au port de Marseille tourne autour de 60 à 90 euros la semaine. Pour payer moins cher sa croisière en Méditerranée, le port de départ pèse souvent autant que la cabine.

Choisir sa compagnie sans se fier aux étoiles

Les grandes compagnies présentes en Méditerranée ne visent pas le même public. MSC et Costa remplissent de gros navires familiaux à prix serrés, avec beaucoup de passagers italiens, allemands et espagnols, et une ambiance de village. Royal Caribbean et Norwegian mettent l'accent sur les équipements de bord, toboggans, patinoires, murs d'escalade. Celebrity et Cunard visent une clientèle plus âgée et plus calme.

Les compagnies d'expédition, elles, jouent une autre partition : petits navires, ports que les gros ne peuvent pas atteindre, tarifs trois à cinq fois supérieurs. On en parle plus longuement au sujet de l'expédition maritime chez Ponant, et la logique se rapproche davantage de celle des expéditions polaires en Antarctique que de celle des paquebots de masse.

Le critère qui départage vraiment, c'est la taille. Un navire de 5 000 passagers met deux heures à débarquer tout le monde à Palerme. Un navire de 1 200 passagers y arrive en quarante minutes. Sur une escale de huit heures, l'écart change la journée. Les plus grands paquebots du monde impressionnent en photo et coûtent du temps à quai.

La cabine : ce qui vaut le supplément et ce qui ne le vaut pas

Quatre catégories existent partout : intérieure, extérieure à hublot, balcon, suite. L'écart entre intérieure et balcon représente en général 60 à 100 % du prix de base.

Le balcon se justifie sur les itinéraires à longue navigation, dans l'est, où l'on passe des journées entières en mer. Il se justifie beaucoup moins sur un circuit occidental à une escale par jour, où la cabine ne sert qu'à dormir. La cabine intérieure a un avantage que personne ne vend : l'obscurité totale, appréciable quand on se lève à 6 h 30 pour une escale.

Regardez surtout la position. Une cabine sous le pont piscine subit le raclage des transats à 6 h. Une cabine à l'arrière encaisse les vibrations d'hélice. Le milieu du navire, sur un pont médian, reste le meilleur compromis contre le roulis. Ces détails valent davantage que la catégorie affichée, et comparer les prix avant de réserver, comme on compare les tarifs de pellets d'une enseigne à l'autre, prend une demi-heure et fait gagner plusieurs centaines d'euros. Une valise cabine à petit prix suffit largement, les rangements sont plus généreux qu'on ne le croit.

Si votre calendrier dépend des dates des vacances scolaires, vérifiez-les avant même de regarder les offres : c'est ce qui détermine votre fourchette de prix, plus que le choix de la compagnie.

Quand partir, et ce que la saison change à bord

La haute saison va de juin à début septembre. Mer chaude, tout est ouvert, tout est plein. Les épaules de saison, avril-mai et fin septembre-octobre, offrent le meilleur rapport entre confort climatique et prix. L'hiver reste possible sur le bassin occidental, où MSC et Costa font naviguer quelques navires toute l'année, avec des tarifs bas, une mer parfois agitée dans le golfe du Lion et des escales tronquées par la météo.

Les mois de mai et septembre sont les plus agréables pour partir, en croisière comme sur la route. Un détail à connaître : les températures à Athènes ou à Rhodes en juillet dépassent régulièrement 35 degrés, et les sites archéologiques n'ont pas d'ombre.

Ce qu'on fait à bord, et ce qui se paie en plus

Les navires modernes proposent piscines, salle de sport, spectacles, cinéma, casino, bibliothèque, cours de cuisine et dégustations. Les activités sportives varient : certaines compagnies ont des murs d'escalade et des simulateurs de surf, d'autres proposent des sorties en kayak gonflable lors des escales balnéaires.

La ligne de partage est simple à retenir : tout ce qui se passe dans les espaces communs est inclus, tout ce qui s'apporte à votre table ou se réserve individuellement se paie. Les restaurants de spécialité coûtent 25 à 60 euros par personne. Le spa facture au soin. Les photos officielles se vendent 15 à 25 euros l'unité.

Le vrai luxe à bord, ce n'est ni le buffet ni les spectacles : c'est l'espace par passager. Sur ce point, les navires les plus luxueux du monde se distinguent moins par leurs équipements que par le nombre de passagers rapporté au tonnage.

Préparer les escales avant de partir

Deux heures de préparation par escale valent mieux que toutes les excursions du bord. Repérez la distance entre le terminal et le centre-ville : à Barcelone, elle atteint trois kilomètres depuis certains quais, à Dubrovnik, il faut un bus. Vérifiez les jours de fermeture des musées. Réservez à l'avance les sites à quota, l'Alhambra ou les Offices, qui affichent complet plusieurs semaines à l'avance en été.

Sur le choix des étapes, la logique reste la même que pour choisir une destination de voyage classique : mieux vaut trois villes vues correctement que sept aperçues depuis un bus. Et si l'idée est de découvrir plusieurs régions en un seul voyage, la croisière remplit cette fonction mieux que n'importe quel autre format, à condition d'accepter la superficialité qui va avec.

Les formalités, vite réglées

Pour un itinéraire qui reste dans l'Union européenne, une carte nationale d'identité en cours de validité suffit. Dès que l'escale touche la Turquie, le Maroc, la Tunisie ou l'Égypte, le passeport devient obligatoire, avec une validité de six mois après le retour dans la plupart des cas. Les compagnies contrôlent ces documents à l'embarquement et refusent le passager qui n'est pas en règle, sans remboursement.

Prévoyez aussi la carte européenne d'assurance maladie, gratuite et valable deux ans, et vérifiez ce que couvre votre carte bancaire : beaucoup de contrats haut de gamme incluent déjà l'annulation et le rapatriement, ce qui évite de payer deux fois la même garantie.

Les erreurs qui coûtent le plus

La première : réserver sans lire les conditions d'annulation. Chez la plupart des compagnies, la retenue passe de 25 % à 100 % dans les 30 derniers jours. Une assurance annulation coûte 4 à 7 % du prix du voyage et couvre les motifs médicaux et professionnels.

La deuxième : sous-estimer le transfert. Un vol qui atterrit le matin même du départ est un pari. La compagnie ne rembourse rien si vous ratez l'embarquement, et rejoindre le navire à l'escale suivante se fait à vos frais.

La troisième : croire que tout est inclus. Le forfait tout compris de la Méditerranée ne ressemble pas à celui d'un club de vacances. Comptez 25 à 40 % au-dessus du prix de la cabine pour un budget réaliste, boissons et excursions comprises.

Sur la question du choix, le principe vaut pour tout achat un peu technique, qu'il s'agisse de choisir un type de panneaux solaires, de sélectionner un accessoire de tuning pour sa voiture ou de connaître les normes à respecter pour installer un poêle à pellets : lire la fiche technique en entier avant de payer.

Croisière Méditerranée, MSC Preziosa : Marseille, Gênes, Rome, Palerme, Cagliari, Palma de Majorque.

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Les croisières Ponant, l'autre façon de naviguer

Une croisiere ponant ne joue pas dans la même catégorie. La compagnie française, fondée en 1988 et basée à Marseille, arme des navires de 92 à 184 passagers, capables d'entrer dans des ports fermés aux paquebots : Bonifacio, Portofino, les Cyclades secondaires, les îles dalmates. Le tarif inclut les boissons, les pourboires et la plupart des excursions, ce qui rend la comparaison avec les grandes compagnies moins brutale qu'elle n'en a l'air.

Ce format convient aux voyageurs qui veulent choisir une compagnie de croisière haut de gamme pour un anniversaire, un voyage de noces ou une grande destination européenne qu'ils ne referont pas. Il ne convient pas aux familles avec enfants en bas âge : il n'y a pas de club enfants, ni de toboggan.

Les réservations passent par les agences physiques, par les sites internet spécialisés que des agences web savent construire, ou en direct. Les comparateurs de bons plans méritent un coup d'oeil, même si les remises sur ce segment restent modestes, autour de 10 à 15 % en primo-réservation.

Alors, croisière ou pas

Sur ce point, un avis franc : la croisière méditerranéenne convient très bien à qui veut voir beaucoup en peu de temps, sans refaire ses valises, avec un budget prévisible. Elle convient mal à qui veut comprendre un pays. Six heures à Naples ne remplacent pas trois jours à Naples, et personne ne devrait prétendre le contraire.

Pour un premier essai, un sept nuits au départ de Marseille ou de Gênes, hors vacances scolaires, en cabine extérieure, reste le meilleur ticket d'entrée. Vous saurez au troisième jour si le format vous va. Que vous cherchiez des idées de voyage plus originales ou un simple séjour reposant, la Méditerranée offre les deux, à condition de choisir le bassin d'abord et le prix ensuite.

Le reste tient à la préparation, comme pour réserver un séjour au ski ou une location de bergerie en Corse : les bonnes dates se prennent tôt. Et si l'envie est ailleurs, sur une autre destination de voyage, sur un road trip d'été, sur une croisière en voilier à préparer soi-même ou vers les plus beaux endroits du Cameroun, la méthode reste identique : itinéraire d'abord, tarif ensuite.

Deux dernières lectures pour finir de préparer le départ : nos conseils pour réduire le coût d'un voyage en Méditerranée, et quelques conseils pour se faire remarquer ou travailler l'intensité de son regard, pour ceux qui embarquent seuls et n'ont pas prévu de le rester.

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