Liste des aliments dangereux pour le chat

Liste des aliments dangereux pour chat

Toutes les listes d'aliments interdits au chat se valent sur le papier, et c'est bien le problème : elles mettent le lys mortel et le fromage indigeste sur la même ligne. Voici les mêmes dangers, mais classés par ce qu'ils font réellement à un chat de quatre kilos.

Un chat adulte pèse entre trois et cinq kilos, dix à vingt fois moins qu'un adulte humain, et son foie ne métabolise pas les mêmes molécules que le nôtre : il lui manque une partie des enzymes de glucuronoconjugaison, ce qui le rend plus sensible que le chien à certains composés végétaux et médicamenteux. Une bouchée sans effet chez nous peut représenter chez lui une dose toxique. C'est ce qui sépare le danger réel du désagrément passager, avec les conséquences que cela a sur la santé générale de votre chat.

Niveau 1 : ce qui peut tuer un chat

Le lys, danger numéro un et le moins connu

Le classement des dangers chez le chat commence par une plante, pas par un aliment. Les lys du genre Lilium et les hémérocalles provoquent chez lui une insuffisance rénale aiguë, avec une particularité qui explique tant d'accidents : toute la plante est en cause, feuilles, tige, pétales, mais aussi le pollen et l'eau du vase. Un chat qui frôle un bouquet, reçoit du pollen sur le pelage et fait sa toilette a ingéré une dose suffisante. Les premiers signes, vomissements et abattement, apparaissent dans les deux à six heures, puis semblent s'améliorer, ce qui trompe les propriétaires. La destruction rénale, elle, continue. Le mécanisme reste mal identifié, et le chien n'est pas concerné : c'est une toxicité propre au chat.

L'oignon, l'ail, l'échalote et la ciboulette

Les composés soufrés de la famille des alliums oxydent l'hémoglobine des globules rouges et déclenchent une anémie hémolytique. La forme n'y change rien : cru, cuit, séché, lyophilisé, en poudre. C'est précisément la poudre qui pose problème, parce qu'elle est concentrée et qu'elle se cache dans des produits qu'on donne sans y penser, un fond de sauce, un bouillon cube, un reste de quiche. L'ail est plus concentré que l'oignon à poids égal.

Le tableau met souvent trois à cinq jours à s'installer, bien après que le repas soit oublié. Une urine foncée, presque orangée, une gencive pâle, une fatigue inhabituelle : ce trio doit faire penser aux alliums avant toute autre chose.

Le chocolat et les autres méthylxanthines

La théobromine et la caféine sont éliminées très lentement par le chat. Ce sont des stimulants cardiaques et nerveux : rythme cardiaque emballé, tremblements, hyperthermie, convulsions dans les cas sévères. La concentration varie énormément selon le produit. Le chocolat noir de pâtisserie et le cacao en poudre sont les plus chargés, le chocolat blanc pratiquement pas. Le chat étant insensible au goût sucré, il est moins tenté qu'un chien, ce qui explique la rareté relative des intoxications félines. Rare ne veut pas dire bénin : les capsules de café usagées et le marc de café dans un composteur intérieur sont un piège classique.

Niveau 2 : les toxicités probables et les incertitudes assumées

Certaines entrées des listes en circulation sont recopiées du chien vers le chat sans que les données suivent, et autant le dire franchement.

  • Le raisin frais et le raisin sec. L'insuffisance rénale aiguë est bien documentée chez le chien, avec l'acide tartrique désormais suspecté comme responsable. Chez le chat, les cas rapportés sont trop peu nombreux pour établir une dose. On applique la prudence : on ne donne pas de raisin.
  • La noix de macadamia. Le syndrome de faiblesse des membres postérieurs qu'elle provoque est décrit chez le chien uniquement. Rien de comparable n'est établi chez le chat. Elle figure pourtant dans toutes les listes félines, recopiée telle quelle.
  • L'avocat. La persine est réellement dangereuse pour les oiseaux et les rongeurs. Chez le chat, la chair pose surtout un problème de gras et de calories, et le noyau un risque d'occlusion. La toxicité est très surestimée.
  • Les champignons. Un champignon de Paris cuit ne présente aucun danger, les espèces sauvages oui, mais c'est alors le même danger que pour nous.

L'alcool et la pâte crue, un cas à part

La pâte à pain non cuite est un danger sérieux et rarement mentionné correctement. Elle continue de lever dans l'estomac, provoque une dilatation douloureuse, et la fermentation de la levure produit de l'éthanol qui passe dans le sang. Le chat cumule donc une distension gastrique et une intoxication alcoolique. Quelques grammes suffisent à le mettre en difficulté.

Niveau 3 : ce qui abime la santé sans faire les gros titres

Ce niveau est celui qui fait le plus de dégâts sur une vie de chat, parce qu'il agit lentement et qu'aucun symptôme spectaculaire n'alerte le propriétaire.

Chat tigré penché sur sa gamelle en train de manger

Le sel d'abord. La charcuterie, le fromage à pâte pressée, les chips et les restes de plats salés surchargent des reins déjà très sollicités chez le chat, qui boit peu par nature et concentre beaucoup ses urines. L'insuffisance rénale chronique touche une part importante des chats de plus de dix ans, et l'alimentation y contribue. Si votre chat présente les symptômes rénaux classiques, soif augmentée et amaigrissement, l'ajustement du régime fait partie de la prise en charge.

Le gras ensuite. Les restes de friture et les sauces déclenchent des pancréatites, et l'accumulation de calories vides conduit au surpoids, premier facteur de diabète félin. Le chat de canapé nourri de bouchées de table est un profil de patient à lui seul.

Les os cuits enfin, qui se fendent en esquilles tranchantes. Les aliments crus posent une autre question, celle de la salmonellose et de la listériose. Le chat porte parfois ces bactéries sans être malade, mais il les excrète dans son environnement, litière comprise.

La salmonellose est le plus souvent décrite chez l'homme, mais elle circule aussi entre le chat et son foyer, dans les deux sens.

Les autres plantes d'intérieur à surveiller

Après les lys, la liste des plantes problématiques est longue mais la gravité chute nettement. Dieffenbachia, philodendron, monstera et arum contiennent des cristaux d'oxalate de calcium : la douleur buccale est immédiate et impressionnante, avec bave et coups de patte sur le museau, mais elle reste locale. Le cyclamen, le kalanchoé et le laurier rose agissent sur le coeur et méritent davantage d'attention. Le poinsettia, souvent présenté comme mortel au moment des fêtes, ne provoque en pratique qu'une irritation modérée : sa réputation dépasse largement sa toxicité réelle.

Les accidents se concentrent sur deux périodes très identifiables : les fêtes de fin d'année, avec les chocolats, les restes gras et les bouquets posés sur la table, et les apéritifs d'été.

Un dernier point sur la surveillance quotidienne. Les signes d'alerte chez le chat sont discrets par construction, l'animal masque la douleur. Un chat qui se cache, qui cesse de faire sa toilette ou qui reste immobile face au mur communique davantage qu'un chat qui miaule. Si le vôtre agit bizarrement ou présente des symptômes respiratoires, n'attendez pas le lendemain pour appeler.

Le reste de sa santé se joue sur des sujets plus banals que l'alimentation : les soins courants et la stérilisation, l'hygiène buccale, dont on parle trop peu alors que le tartre et la mauvaise haleine signalent souvent une gingivite, la surveillance des yeux quand une conjonctivite s'installe, et les précautions à prendre pour voyager avec un animal de compagnie. Une bonne gamelle ne dispense d'aucune de ces choses.

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