Quels aliments sont conseillés pour les chats ?
Le chat est un carnivore strict : il ne tire l'essentiel de son énergie que des protéines et des graisses animales, et son organisme ne sait pas fabriquer certains acides aminés qu'un chien produit sans problème. Cette particularité commande tout le reste, du choix des croquettes à la place, très réduite, que peuvent occuper les fruits et les légumes dans sa gamelle.
Avec près de 15 millions d'individus recensés dans les foyers français, le chat est passé devant le chien depuis une bonne dizaine d'années. Son alimentation reste pourtant le sujet sur lequel circulent le plus d'idées reçues, à commencer par la soucoupe de lait et par l'idée qu'un chat sait naturellement ce qui lui convient. Il ne le sait pas. Il mange ce qui sent bon et ce qui a la bonne texture, ce qui n'est pas la même chose. Les questions d'hygiène qui vont avec sa gamelle rejoignent d'ailleurs celles que se posent les parents quand un chat vit sous le même toit qu'un bébé. Avant d'entrer dans le détail des rations, un rappel utile : la santé digestive d'un chat dépend aussi de son suivi parasitaire, et notre article sur la vermifugation du chat explique à quel rythme le faire. Pour la liste complète de ce qui est interdit, voyez notre inventaire des aliments dangereux pour le chat.
Ce que réclame vraiment l'organisme d'un chat
Un chat adulte a besoin d'une ration nettement plus riche en protéines que celle d'un chien de même poids, autour de 40 pour cent de la matière sèche pour un aliment de bonne facture. Il lui faut aussi de la vitamine A sous forme préformée : le bêta-carotène des carottes, que d'autres espèces convertissent, ne lui sert à rien. Le rapport entre calcium et phosphore compte également, surtout chez le chaton.
La viande de volaille, le bœuf, le poisson blanc constituent donc la base logique. Les légumes, eux, jouent un rôle marginal : quelques fibres, un peu de volume, rien de plus. Un peu de courgette cuite ne fait pas de mal à un chat qui en réclame, mais rien ne justifie d'en ajouter par principe. Les légumineuses, elles, servent surtout de protéines végétales bon marché dans les croquettes d'entrée de gamme.
Les rayons animaliers déclinent tout cela sous quatre formes principales.
- Les croquettes, ou aliment sec, avec 6 à 10 pour cent d'humidité seulement ;
- Les pâtées et sachets fraîcheur, entre 75 et 82 pour cent d'eau, en morceaux, en mousse ou en gelée ;
- Les friandises en lamelles ou en bâtonnets, qui doivent rester sous les 10 pour cent de la ration quotidienne ;
- Les compléments, à ne donner que sur indication vétérinaire : un aliment complet couvre déjà les besoins.
Combien de repas, et pourquoi le distributeur change la donne
Un chat qui a accès à sa gamelle librement se sert entre dix et vingt fois par jour, par toutes petites quantités. Ce comportement vient du chat sauvage, qui chasse de petites proies et mange à mesure. C'est ce qui rend les croquettes commodes : elles supportent d'être laissées à disposition sans s'altérer, ce qu'une pâtée ne fait pas au-delà de quelques heures.
Le revers est connu. En libre-service, un chat d'appartement stérilisé grossit, et la surcharge pondérale touche aujourd'hui près d'un chat sur trois en France. La réponse n'est pas de supprimer le grignotage, mais de peser la ration du matin et de ne rien ajouter ensuite. Une balance de cuisine fait le travail mieux que la mesurette fournie avec le sac. Le même bon sens vaut d'ailleurs pour un chien vivant dans une famille, dont les portions dérivent vite quand plusieurs personnes le nourrissent.

Croquettes ou pâtée : le vrai critère est l'eau
Un chat nourri exclusivement au sec boit rarement assez pour compenser. Ses reins, hérités d'un ancêtre du désert, produisent une urine très concentrée, et cette concentration favorise les cristaux et les bouchons urétraux, en particulier chez le mâle stérilisé. C'est là que la pâtée reprend l'avantage : elle apporte l'eau en même temps que la nourriture, sans qu'on ait à convaincre l'animal de boire.
L'alimentation humide réduit le risque d'affections urinaires basses chez les chats qui ne mangent que du sec.
Le compromis le plus courant consiste à donner une pâtée le matin et le soir et à laisser une petite quantité de croquettes en libre accès, l'ensemble étant compté dans la ration. Multiplier les points d'eau aide aussi : plusieurs bols éloignés de la gamelle, changés tous les jours, plutôt qu'un récipient unique posé juste à côté de la nourriture, disposition que beaucoup de chats évitent instinctivement.
L'argument du détartrage par les croquettes est faible : seules les croquettes de grande taille, conçues pour obliger le chat à mordre, ont un effet mesurable. Les autres, avalées presque entières, n'y changent rien. Un chat qui mâche d'un seul côté ou laisse tomber ses croquettes souffre probablement des dents, et cela le rend nerveux ; notre article pour calmer un chat agité détaille les autres causes.
Les fruits : anecdotiques et parfois dangereux
Un chat peut goûter un morceau de melon, de pastèque, de fraise ou de banane sans que cela pose problème. Beaucoup n'y touchent pas : le chat est dépourvu de récepteurs au goût sucré, ce qui explique son indifférence devant un fruit. Considérez donc les fruits comme un jeu occasionnel, jamais comme un apport nutritionnel.
Certains, en revanche, sont à écarter fermement.
- Le raisin, frais ou sec, dont la toxicité rénale est documentée chez le chien et suspectée chez le chat ;
- L'ail, l'oignon, l'échalote et le poireau, y compris cuits ou en poudre dans un reste de plat, qui détruisent les globules rouges ;
- L'avocat, dont la persine irrite le tube digestif ;
- Les agrumes, mal tolérés et de toute façon repoussés par la plupart des chats ;
- Les tomates vertes et les feuilles du plant, riches en solanine.
Les erreurs qui reviennent le plus souvent
Le lait de vache arrive en tête. Passé le sevrage, la plupart des chats perdent la lactase qui leur permettait de le digérer, et le résultat est une diarrhée, pas un plaisir. Viennent ensuite les restes de table salés, la charcuterie, les os de volaille cuits qui se fendent en esquilles, et le poisson cru donné régulièrement, dont la thiaminase détruit la vitamine B1.
Le changement brutal d'aliment fait aussi des dégâts. Comptez une semaine de transition, en augmentant la part du nouveau produit d'un quart tous les deux jours. La précaution vaut surtout avant un départ en vacances, situation détaillée dans notre guide pour voyager avec son animal de compagnie.
Une dernière remarque sur les étiquettes. La mention viandes et sous-produits animaux ne dit rien de la qualité réelle, et le pourcentage affiché en gros sur le paquet porte souvent sur l'ingrédient mis en avant, pas sur la teneur totale en protéines animales. Le tableau analytique au dos, lui, ne ment pas : protéines brutes, matières grasses, cendres brutes, humidité. C'est là qu'il faut regarder.
Résumer cet article avec :
Partager :