Quelle isolation est la plus efficiente pour cet hiver ?

Quelle isolation est la plus efficiente pour cet hiver ?

Entre isoler par l’extérieur et isoler par l’intérieur, l’écart de performance est réel, mais l’écart de prix l’est tout autant : voici de quoi trancher avant les premiers froids.

Une précision d’abord : une isolation n’est ni un chauffage ni un climatiseur, elle ne produit aucune chaleur, elle ralentit celle qui s’échappe. Sur une maison des années 1970 jamais retouchée, les murs pèsent 20 à 25 % des déperditions, derrière la toiture. La question n’est pas « intérieur ou extérieur » dans l’absolu, mais sur cette maison-ci.

Ce que l’extérieur fait mieux

L’ITE enveloppe la maison sans interruption et couvre les jonctions plancher-mur, les angles, le nez de dalle, là où la chaleur file en priorité. L’isolation par l’intérieur s’arrête à chaque refend : les retours d’isolant atténuent ces ponts thermiques, ils ne les suppriment jamais. Second avantage, moins cité : le mur reste du côté chaud, il stocke la chaleur l’hiver et amortit les pics l’été. Sur le déroulé du chantier, la pose d’une isolation extérieure en polystyrène donne un bon aperçu.

Ce que l’intérieur garde pour lui

Le prix, d’abord. Le chantier ensuite, qui se mène pièce par pièce, en hiver, sans échafaudage ni autorisation d’urbanisme. Et la façade, qui ne bouge pas : en pierre apparente ou en secteur protégé, c’est parfois la seule option acceptée. La contrepartie est spatiale : une contre-cloison isolée mange 10 à 15 cm par mur exposé, soit près d’un mètre carré dans une chambre de 11 m2.

Les isolants, et une idée fausse tenace

Laine de verre, laine de roche, fibre de bois, polystyrène, polyuréthane : les mêmes familles servent des deux côtés du mur, en panneaux rigides dehors, en rouleaux dedans. Aucune n’élimine les échanges thermiques, contrairement à ce qu’on lit partout : elle les freine. Pour atteindre 3,7 m2.K/W, comptez 14 cm de laine de verre ou 12 cm de polyuréthane.

Faut-il un professionnel ?

Pour l’ITE, oui : échafaudage, déclaration préalable en mairie, appuis de fenêtre et coffres de volets roulants, rien ne s’improvise, et comptez deux à quatre mois du premier devis à la fin de pose. Pour l’ITI, un bricoleur soigneux s’en sort sur une pièce, mais dès que vous visez les aides, l’artisan RGE devient obligatoire.

Reste l’arbitrage. Si vous ravalez, faites l’extérieur. Si le budget plafonne à 6 000 euros et que la façade est saine, isolez par l’intérieur les murs les plus exposés, correctement, plutôt que mal partout. Suivez la dépense avec une application de gestion de budget comme Linxo : ce qui ne part pas dans le chantier reste pour partir en vacances à petit prix l’été suivant.

Un ouvrier découpe un panneau isolant à la règle et au couteau
La découpe des panneaux, étape où se jouent les ponts thermiques.

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