Actualités Crypto : Tout ce qu'il faut savoir

Actualités Crypto : Tout ce qu'il faut savoir

Les cours bougent tous les jours, les mécanismes non. Lire une actualité crypto sans se faire avoir demande surtout de repérer trois abus de vocabulaire qui reviennent dans presque tous les articles du secteur.

Cet article a été écrit en 2023, après la pire année qu'ait connue le secteur. Il ne prétend pas vous donner le cours du jour: à l'heure où vous le lisez, il aura changé. Ce qui n'a pas changé, en revanche, c'est la façon dont l'information circule dans ce marché, et les raccourcis qui transforment une rumeur en certitude en quarante-huit heures.

Trois mots qui devraient vous alerter

« Partenariat » vient en tête. Dans la presse crypto, un partenariat désigne aussi bien un contrat commercial signé qu'un simple message de félicitations échangé entre deux comptes sur un réseau social. Cherchez le communiqué de l'autre partie: s'il n'existe pas, il n'y a pas de partenariat.

« Adoption » ensuite. Un commerçant qui accepte le bitcoin via un prestataire qui convertit immédiatement en euros n'adopte rien du tout, il encaisse des euros. Le nombre d'adresses actives sur un réseau, lui, se vérifie publiquement, et il raconte souvent une histoire plus terne que les titres.

« Record » enfin, presque toujours employé sans préciser sur quelle durée ni dans quelle devise. Un record en volume quotidien sur une plateforme donnée ne dit rien de la tendance du marché. Ces trois mots ne signalent pas un mensonge, ils signalent une phrase qu'il faut aller vérifier avant de la croire.

Ce qu'est une cryptomonnaie, en une définition qui tient

Une cryptomonnaie est une unité de compte inscrite dans un registre partagé, la blockchain, que des milliers d'ordinateurs tiennent simultanément et vérifient les uns après les autres. Il n'y a pas d'établissement central qui valide les écritures, ni de service client à appeler quand une opération part de travers. Personne ne « surveille le réseau » au sens où on l'entend pour une banque: ce sont des mineurs ou des validateurs, rémunérés en jetons, qui inscrivent les transactions selon des règles écrites dans le logiciel.

Le bitcoin est le premier du genre. Le document qui le décrit paraît en octobre 2008 sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, et le réseau démarre en janvier 2009. L'identité derrière le pseudonyme n'a jamais été établie, malgré une bonne dizaine d'enquêtes journalistiques. Ce mystère fait partie de la légende du secteur, et il sert aussi d'argument commercial: un fondateur absent ne peut pas décevoir.

Écran de cotation affichant les cours du bitcoin et de plusieurs autres cryptomonnaies

Comment se forme réellement un prix

L'offre et la demande, oui, mais cette réponse n'apprend rien. Le point qui compte est ailleurs: la profondeur du marché. Sur les grandes paires comme bitcoin contre dollar, des milliards de dollars s'échangent chaque jour et un ordre isolé ne déplace pas le cours. Sur un jeton confidentiel, quelques dizaines de milliers d'euros suffisent à faire bouger le prix de 20 %, ce qui explique les graphiques spectaculaires que l'on vous montre pour vous convaincre.

Le second facteur, ce sont les effets de levier. Une partie des mouvements violents ne vient pas de vendeurs qui décident de vendre, mais de positions à effet de levier liquidées automatiquement en cascade. Le marché a déjà connu une chute de 180 milliards de dollars en vingt-quatre heures, et ce genre d'épisode doit beaucoup plus à la mécanique des liquidations qu'à une nouvelle économique.

La chronologie qu'il faut avoir en tête

Le bitcoin atteint son sommet historique autour de 69 000 dollars en novembre 2021. L'année suivante inverse la tendance: remontée des taux américains, effondrement de l'écosystème Terra et de son jeton Luna au printemps 2022, faillites en chaîne de prêteurs comme Celsius, puis dépôt de bilan de la plateforme FTX le 11 novembre 2022. Le cours termine 2022 autour de 16 000 à 17 000 dollars.

Cette séquence a une conséquence pratique: méfiez-vous des listes de plateformes recommandées dans des articles anciens. FTX figurait encore dans beaucoup d'entre elles des mois après sa faillite. Une plateforme n'est pas une institution éternelle, c'est une entreprise, et elle peut fermer avec vos fonds dedans.

Acheter, vendre, conserver: trois opérations, trois risques

Acheter passe le plus souvent par une plateforme d'échange: Coinbase, Kraken, Binance, Bitstamp figurent parmi les plus connues. Comparez les frais réels, qui se cachent dans l'écart entre le prix affiché et le prix d'exécution bien plus que dans la commission annoncée.

Conserver est l'opération que les débutants négligent. Laisser ses jetons sur la plateforme revient à faire confiance à l'entreprise; les transférer sur un portefeuille personnel revient à assumer seul la garde d'une phrase de récupération de douze ou vingt-quatre mots. Perdue, elle ne se récupère pas. Volée, elle vide le portefeuille en une transaction irréversible.

Un détail technique mérite d'être connu avant le premier transfert: une adresse de destination erronée envoie les fonds dans le vide, sans recours ni annulation possible. Les habitués envoient toujours un petit montant test avant de transférer une somme importante, et ils vérifient les quatre premiers et les quatre derniers caractères de l'adresse collée.

Vendre, enfin, déclenche la fiscalité. En France, la plus-value réalisée lors d'une conversion en euros par un particulier relève du prélèvement forfaitaire unique, et les comptes ouverts sur des plateformes étrangères doivent être déclarés. L'oubli de cette déclaration est l'erreur la plus fréquente, et elle est facile à éviter.

Le mot « innovation » mérite qu'on s'y arrête

La blockchain est une technique de registre distribué. Elle résout un problème précis, la synchronisation d'un livre de comptes entre des acteurs qui ne se font pas confiance, et elle le résout au prix d'une lourdeur considérable. Le terme est employé à toutes les sauces, exactement comme il l'est pour des objets bien plus prosaïques, de la valise de classe mobile qui range trente tablettes dans une école aux contrats d'épargne. Demandez toujours quel problème concret est résolu, et à quel coût.

Comparer les projets entre eux relève du même exercice. Le débat entre bitcoin et altcoins revient chaque cycle, avec les mêmes arguments. Bitcoin est plus liquide, plus ancien, plus lent. Les alternatives promettent davantage de fonctionnalités et présentent un risque de disparition pure et simple que le bitcoin n'a plus.

Où suivre l'actualité sans se noyer

Il existe des sites spécialisés qui compilent les dernières informations sur les cryptomonnaies et les NFT, et croiser plusieurs sources reste la meilleure protection contre les annonces reprises sans vérification. Pour un suivi quotidien de l'actu crypto, ce type de site fait le travail de veille à votre place, à condition de garder en tête que l'urgence est presque toujours fabriquée.

Un mot pour finir sur la place de tout ça dans un patrimoine. Un investissement crypto n'est pas comparable à un placement adossé à un contrat, avec ses clauses écrites et ses protections, comme peut l'être la garantie décès d'une assurance de prêt immobilier. C'est un actif volatil, sans rendement propre, dont la valeur repose entièrement sur ce qu'un autre acheteur acceptera de payer demain. On peut en détenir. On y met la somme qu'on est prêt à voir divisée par trois sans changer quoi que ce soit à sa vie.

Résumer cet article avec :

Partager :

Bitcoin