Découverte des vins d'Italie : voyage au coeur du vin italien
Devant un rayon italien, trois sigles décident de presque tout : DOC, DOCG et IGT. Savoir ce qu'ils garantissent réellement évite de payer 18 euros une bouteille qui en vaut 7, et de passer à côté de celle qui en vaut 25 pour 12.
L'Italie compte plus de trois cents appellations et plusieurs centaines de cépages recensés, dont beaucoup ne poussent nulle part ailleurs. Cette abondance est sa force et le piège du consommateur français, habitué à des étiquettes qui nomment un lieu et laissent le cépage implicite. Ici, c'est souvent l'inverse. Un peu de méthode suffit pour s'y retrouver.
Lire l'étiquette dans le bon ordre
Commencez par le nom de l'appellation, ensuite seulement le domaine. Barolo, Chianti Classico, Soave, Amarone della Valpolicella : ce sont des lieux, pas des marques. Le cépage, lui, n'apparaît pas toujours, et quand il apparaît sans indication de zone, méfiance : un Pinot Grigio sans mention d'origine plus précise que le nom du pays sort en général d'une cuve géante du nord du pays.
Deuxième réflexe, la mention Classico. Elle désigne le coeur historique d'une appellation, la partie qui existait avant les élargissements administratifs. Chianti Classico et Chianti ne se ressemblent pas beaucoup, et l'écart de prix se justifie. Riserva, de son côté, impose un vieillissement plus long avant commercialisation, la durée variant d'une appellation à l'autre.

Les régions qu'on croise le plus en France
Sur le papier, les vingt régions italiennes produisent toutes du vin. Dans les rayons français, trois dominent nettement, et le classement par volume produit est tout autre : la Vénétie, les Pouilles et la Sicile fournissent l'essentiel de la production nationale, mais ce ne sont pas elles qui font la réputation du pays.
Le Piémont
Au nord-ouest, sur les collines des Langhe. Le cépage roi est le nebbiolo, qui donne le Barolo et le Barbaresco : tanins présents, acidité vive, arômes de rose fanée et de goudron qui déroutent souvent à la première gorgée. Ces bouteilles demandent du temps, sept à dix ans minimum pour un Barolo de bon millésime. Pour un budget contenu, le Langhe Nebbiolo et le Nebbiolo d'Alba jouent la même partition en plus accessible.
La Vénétie
Au nord-est. On y trouve le Soave, blanc sec à base de garganega, et surtout l'Amarone della Valpolicella, obtenu par appassimento : les raisins sèchent trois à quatre mois sur claies avant pressurage, ce qui concentre les sucres et pousse le degré au-delà de 15 %. Le Recioto della Valpolicella suit le même procédé mais s'arrête avant la fin de la fermentation, d'où son côté moelleux. Le Valpolicella Ripasso, lui, est un intermédiaire malin et souvent bien tarifé.
La Toscane
Le sangiovese y règne, du Chianti au Brunello di Montalcino en passant par le Vino Nobile di Montepulciano. Attention au piège de vocabulaire : le Vino Nobile di Montepulciano vient de la ville de Montepulciano, en Toscane, et se fait avec du sangiovese. Le Montepulciano d'Abruzzo, lui, est un cépage, cultivé à 300 kilomètres de là. Deux vins sans rapport, un même mot sur l'étiquette.
Quatre cépages qui couvrent l'essentiel
- Sangiovese : cerise acidulée, tabac, acidité franche. Le compagnon des plats à la tomate.
- Nebbiolo : peu coloré, très tannique, garde longue. Rien à voir avec sa couleur pâle.
- Garganega : blanc, amande fraîche, finale légèrement amère. C'est le Soave.
- Primitivo : le méridional des Pouilles, mûr, rond, souvent au-dessus de 14 %. C'est le même raisin que le zinfandel californien.
Les blancs, angle mort du rayon italien
La réputation du pays s'est construite sur ses rouges, et ses blancs paient encore les excès des années 1980, quand des océans de vin neutre partaient à l'export. Le paysage a changé. Le Verdicchio des Marches vieillit remarquablement bien pour un prix modeste, le Fiano di Avellino et le Greco di Tufo, en Campanie, offrent une tension et une texture qu'on chercherait ailleurs à deux fois le tarif, et le Vermentino de Sardaigne ou de Ligurie tient tête aux blancs de Provence sur les mêmes tables. Si vous ne devez essayer qu'une bouteille cette année, prenez-la dans cette catégorie.
Accorder sans se compliquer la vie
La règle italienne tient en une phrase : le vin d'une région va avec la cuisine de cette région. Elle marche presque toujours. Un Valpolicella léger sur une pizza aux légumes, un Chianti sur des pâtes à la sauce tomate, un Barolo sur un osso buco mijoté, un Vermentino sur des fruits de mer. Pour le dessert au chocolat, le Recioto della Valpolicella. Le sujet mérite d'ailleurs qu'on s'attarde sur les plats eux-mêmes, à commencer par la margherita et ce qui fait une vraie pâte napolitaine.
Où chercher, et à quel budget
Les cavistes en ligne classent leur offre par pays, ce qui rend la comparaison facile : chez un spécialiste comme celui-ci, le rayon vins italie se parcourt par région et par appellation, et les fiches indiquent le cépage même quand l'étiquette reste muette. Cette entrée par la sélection de vins disponible en catalogue évite de tourner en rond devant un linéaire de supermarché.
Deux domaines pour situer le haut du panier. Valentini, dans les Abruzzes, travaille le trebbiano et le montepulciano avec une approche minimaliste et sort peu de bouteilles : elles se trouvent rarement sous 100 euros. Tenuta San Guido, en Toscane, produit le Sassicaia, assemblage de cabernet sauvignon et de cabernet franc à Bolgheri, sur la côte. Ce vin fut longtemps vendu en simple vin de table faute de correspondre aux règles locales, avant que l'appellation ne soit créée autour de lui.
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