Découvrez la gastronomie qui est considérée comme la meilleure au monde !
Aucune institution ne décerne le titre de meilleure gastronomie du monde. Ce qui existe, ce sont des inscriptions à l'UNESCO, des palmarès de voyagistes et des sondages, et ils ne désignent pas le même vainqueur.
Autant le dire tout de suite, parce que la promesse du titre ne tiendra pas : la question n'a pas de réponse unique. Elle en a plusieurs, selon le critère qu'on retient. Le patrimoine reconnu par l'UNESCO ne récompense pas les mêmes pays que les classements de destinations touristiques, et ni l'un ni l'autre ne dit ce qu'on mange réellement au quotidien dans un pays. Passons en revue les quatre candidats sérieux, et ce que chacun peut légitimement revendiquer.
L'Italie, championne de la diffusion mondiale
Si le critère est le nombre de personnes qui mangent votre cuisine hors de vos frontières, l'Italie gagne sans discussion. La pizza napolitaine s'est répandue sur les cinq continents et l'art du pizzaïolo napolitain est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2017. Aucune autre cuisine n'a exporté un plat aussi universel.
Sa force tient à sa structure régionale. Les agnolotti du Piémont, ces petits raviolis pincés à la main, n'ont rien à voir avec les orecchiette des Pouilles. Le brasato al Barolo, ce boeuf braisé pendant des heures dans un vin rouge de Langhe, est un plat piémontais et non bolognais, comme on le lit souvent : il porte le nom de son vin, et le Barolo pousse dans les collines au sud de Turin. La cuisine italienne est en réalité une vingtaine de cuisines qui partagent un alphabet commun.
La Grèce, ou le régime méditerranéen incarné
Si le critère devient la santé, la Grèce prend la tête. Le régime méditerranéen inscrit à l'UNESCO en 2010 la cite au premier rang de ses pays porteurs, avec l'Italie, l'Espagne et le Maroc. Huile d'olive, légumineuses, légumes, poisson, peu de viande rouge : c'est le modèle alimentaire le plus étudié par les épidémiologistes depuis l'enquête des sept pays lancée dans les années 1950.
Le tzatziki et la moussaka servent de carte de visite, mais la cuisine grecque quotidienne se joue ailleurs. Dans la spanakopita, ce feuilleté aux épinards et à la féta qu'on achète au kilo dans les boulangeries d'Athènes. Dans le poulpe séché au soleil puis grillé sur les côtes égéennes. Dans le galaktoboureko, un gâteau à la crème de semoule enfermée dans la pâte filo et arrosée d'un sirop parfumé au citron, qu'on mange tiède.
Le Pérou, le seul pays avec un titre officiel
Le Pérou est le seul de la liste à pouvoir brandir une récompense datée et vérifiable : les World Travel Awards l'ont désigné meilleure destination culinaire du monde chaque année depuis 2012. Le jury est composé de professionnels du tourisme, ce qui relativise la portée du prix, mais le résultat reste un fait.
Sa cuisine doit beaucoup au métissage. Les vagues d'immigration japonaise et chinoise de la fin du XIXe siècle ont donné le nikkei et le chifa, deux traditions à part entière. Le ceviche, poisson cru mariné dans le jus de citron vert avec de l'oignon rouge et du piment, se prépare en dix minutes et ne pardonne aucune approximation sur la fraîcheur. À côté, l'aji de gallina, poule effilochée dans une sauce au piment jaune et aux noix, et le chupe de camarones, une soupe d'écrevisses de rivière, tiennent le rôle de plats du dimanche.
La France, primée pour la table plus que pour les plats
L'inscription française de 2010 est souvent mal citée. Ce n'est pas la cuisine française qui est au patrimoine de l'UNESCO, c'est le repas gastronomique des Français : la pratique sociale du repas, avec son ordre des plats, son accord avec les vins, son art de dresser la table et de rester assis longtemps. La nuance compte, et elle est plutôt à l'honneur du dossier français.
Le reste tient dans les terroirs. Le magret du Sud-Ouest, la bouillabaisse marseillaise avec sa rouille et ses croûtons frottés d'ail, la choucroute alsacienne, les crêpes de sarrasin bretonnes : chaque plat renvoie à une agriculture et à un climat. C'est aussi ce qui rend la comparaison entre pays à peu près impossible.
Alors, laquelle est la meilleure ?
Mon avis, puisque le titre le réclame : la question est mal posée. On peut comparer deux restaurants, deux recettes, deux vins. Comparer deux cuisines nationales revient à comparer deux langues. Le seul palmarès qui vaille est celui de ce que vous avez envie de manger ce soir, et là, la réponse change toutes les semaines.
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