Découvrez le fonctionnement fascinant du récupérateur d'eau de pluie !
Un récupérateur d'eau de pluie n'a rien de mystérieux : une gouttière, une cuve, un filtre, un robinet. Ce qui se comprend mal, en revanche, c'est ce que la loi vous autorise à faire de cette eau, et au bout de combien d'années l'installation se rembourse.
Le trajet de la goutte, du toit au robinet
Tout part de la toiture. La pluie ruisselle sur les tuiles, rejoint le chéneau, descend dans la gouttière. Au bas de cette descente, un collecteur détourne l'eau vers la cuve au lieu de l'envoyer à l'égout. Sur les modèles aériens, ce collecteur est une pièce en plastique qu'on emboîte après avoir scié quinze centimètres de tuyau : une demi-heure de travail, tournevis et scie à métaux.
Avant d'entrer dans la cuve, l'eau traverse une crapaudine puis un filtre à mailles fines qui retient feuilles, mousses, graviers et insectes. Sur les installations enterrées, un filtre autonettoyant fait ce travail en continu et évacue les déchets vers le trop-plein.
La cuve, elle, est en polyéthylène le plus souvent, parfois en béton pour les modèles enterrés de grande capacité. Le béton présente un avantage discret : il neutralise l'acidité naturelle de l'eau de pluie, ce qui limite la corrosion des équipements en aval.
Quand la cuve est pleine, un trop-plein renvoie l'excédent vers le réseau d'eaux pluviales ou vers un puits d'infiltration. À la sortie, un simple robinet suffit pour l'arrosage ; pour alimenter des points d'eau dans la maison, il faut une pompe, de surface ou immergée, et un réseau de canalisations séparé.
Ce que vous avez le droit d'en faire, et ce qui est interdit
C'est le point que les guides survolent, et il n'est pas anodin. L'arrêté du 21 août 2008 fixe le cadre en France pour l'eau de pluie récupérée en aval d'une toiture non accessible.
Sont autorisés : tous les usages extérieurs (arrosage, lavage de la voiture, nettoyage de la terrasse), l'alimentation des chasses d'eau des toilettes, le lavage des sols, et le lavage du linge à condition d'installer un traitement adapté.
Sont interdits : la boisson, la préparation des aliments, la vaisselle et l'hygiène corporelle. L'eau qui arrive dans la cuve a lessivé un toit couvert de fientes, de poussières et de mousses. Aucun filtre grand public ne la rend potable.
Deux obligations techniques s'ajoutent. Le réseau d'eau de pluie ne doit jamais être relié au réseau d'eau potable, même par une vanne : le risque de retour d'eau contaminée dans le réseau public est pris très au sérieux. Et chaque canalisation, chaque robinet concerné doit porter une signalisation visible « eau non potable ». Si vous alimentez des équipements à l'intérieur du logement, une déclaration en mairie est à déposer.
Le calcul de rentabilité, sans arrondir en votre faveur
Le mètre cube d'eau facturé tourne autour de 4,30 euros en moyenne en France, assainissement compris, avec de gros écarts d'une commune à l'autre.
Une cuve aérienne de 300 litres coûte entre 60 et 150 euros, se pose seule, et couvre l'arrosage d'un potager et de quelques massifs. Sur un jardin ordinaire, elle évite peut-être 15 à 25 mètres cubes par an, soit 65 à 110 euros. Amortie en deux saisons, donc. Sur ce segment, le calcul est imparable.
Une cuve enterrée de 5 000 litres avec pompe, filtration et raccordement des WC, c'est une autre échelle : entre 3 000 et 8 000 euros installée. Elle couvre l'arrosage et les chasses d'eau, ce qui représente environ un tiers de la consommation d'un ménage. L'économie annuelle plafonne souvent autour de 150 à 250 euros. Le retour sur investissement dépasse alors quinze ans, parfois davantage. Le chiffre de 300 euros par an qu'on lit partout suppose un grand jardin arrosé et une famille nombreuse.
Si vous hésitez, commencez petit. Une cuve de 500 litres posée un samedi matin vous dira en une saison si l'eau récupérée trouve preneur chez vous. L'enterré viendra ensuite, ou pas.
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