Découvrez les joyaux de la gastronomie dans le Val-d'Oise : les trois adresses incontournables à ne pas manquer
Trois tables du Val-d'Oise valent le déplacement depuis Paris, et le compte est vite fait : entre 74 et 95 euros le menu aux tarifs affichés en 2024, à trente kilomètres au nord de la capitale, dans un département que personne ne cite jamais pour sa cuisine. Voici ce qu'on y mange et comment y aller.
Un département agricole que la banlieue a fait oublier
Le Val-d'Oise est un département d'Île-de-France, pas une région : la nuance compte, parce qu'elle explique sa géographie. Au sud, la continuité urbaine de l'agglomération parisienne. Au nord, le Vexin français et son parc naturel régional, où subsistent des cultures maraîchères et des vergers. C'est de cette moitié-là que viennent les produits repris sur les cartes.
Trois noms circulent encore chez les cuisiniers du coin. Les asperges d'Argenteuil, variété qui a fait la réputation de la ville au XIXe siècle avant que le pavillon ne remplace les planches de sable, et que quelques producteurs cultivent à nouveau. Le chou de Pontoise, un chou pommé rustique inscrit au catalogue depuis des décennies. Et les champignons de Méry-sur-Oise, poussés dans d'anciennes carrières de calcaire creusées sous le plateau, comme à Saint-Ouen-l'Aumône et dans plusieurs communes de la vallée.
L'Or Q'idée, la seule étoile du département
Naoëlle d'Hainaut a gagné la quatrième saison de Top Chef, diffusée en 2013, puis a ouvert sa maison à Pontoise en 2017. Le Michelin lui a donné une étoile deux ans plus tard. Elle la conserve depuis, ce qui, dans un département sans tradition gastronomique installée, n'allait pas de soi.
La cuisine reste classique dans sa structure, française, appuyée sur des produits de saison et sur les maraîchers du Vexin. Le menu dégustation déroule deux entrées, un poisson, une viande, un fromage cuisiné et un dessert. La salle est petite, une trentaine de couverts, et se réserve plusieurs semaines à l'avance pour un samedi soir.
- L'Or Q'idée, 14 rue Marcel Rousier, 95300 Pontoise
- Téléphone : 01 34 35 47 10
- Depuis Paris : ligne J au départ de Saint-Lazare ou ligne H au départ du Nord, environ 45 minutes, puis dix minutes à pied depuis la gare de Pontoise
Le Chiquito, la table de tradition de la vallée de l'Oise
Installé à Méry-sur-Oise, à sept kilomètres au nord de Pontoise, le Chiquito appartient à une génération de maisons qui ont fait le prestige de la vallée. Décor cossu, service à l'ancienne, cave sérieuse. La cuisine ne cherche pas la rupture : elle travaille le produit et le laisse reconnaissable.
Deux formules structurent la carte, un menu classique et un menu du marché plus court. Parmi les entrées revenant régulièrement, l'œuf bio mollet, l'araignée de mer servie au naturel et les raviolis d'escargot. Côté desserts, le Paris-Brest fait partie des valeurs sûres de la maison. On y vient en famille pour un déjeuner qui dure, pas pour un dîner expédié.
- Le Chiquito, 3 rue de l'Oise, 95540 Méry-sur-Oise
- Téléphone : 01 30 36 40 23
- Accès : ligne H jusqu'à Méry-sur-Oise, puis un quart d'heure à pied, ou A15 puis N184
La Plume à Presles, la campagne à trente kilomètres de Paris
Presles se trouve au nord du département, à la lisière de la forêt de Carnelle, dans un paysage qui n'a plus grand-chose de francilien. La Plume occupe un ensemble hôtelier posé au bord d'un golf, route du Golf des Vanneaux, et la table est référencée au Gault et Millau.
La carte joue les produits locaux et les cuissons longues : poule grillée, poitrine de cochon confite, associations plus inattendues comme la rhubarbe avec du tourteau et du fromage de chèvre frais. On peut y dormir, ce qui règle la question du retour si l'on a goûté la cave.
- La Plume, 1 route du Golf des Vanneaux, 95590 Presles
- Téléphone : 01 34 08 40 79
- Accès : ligne H jusqu'à Presles-Courcelles, environ 35 minutes depuis Paris Nord, puis un court trajet en voiture
Faut-il vraiment traverser Paris pour ces trois tables
Soyons honnêtes : à ces prix, on trouve à Paris intra-muros une densité d'options sans comparaison. L'intérêt du Val-d'Oise est ailleurs. On mange dans des salles de vingt-cinq à quarante couverts, on gare sa voiture devant la porte, on peut marcher une heure dans le Vexin ou le long de l'Oise avant de passer à table, et l'addition ne comprend pas le supplément d'adresse.
Le meilleur usage reste la sortie d'une journée. Le matin, les ruelles médiévales de Pontoise et le musée Camille-Pissarro, qui a peint la ville pendant des années. Le déjeuner dans l'une des trois maisons. L'après-midi, l'abbaye de Royaumont ou les bords de l'Oise à vélo. Le trajet en RER ou en train de banlieue coûte le prix d'un ticket de transport francilien, ce qui rend le calcul nettement plus tenable qu'il n'en a l'air.
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