Grève SNCF : prévisions de trafic pour ce week-end
Un TGV sur deux seulement a circulé du vendredi 16 au dimanche 18 février 2024, en plein chassé-croisé des vacances d'hiver : environ un millier de trains supprimés sur les 2 000 prévus, avec une compensation de 50 % promise aux voyageurs touchés.
Ce que disait le plan de transport annoncé le mercredi
La SNCF a publié ses prévisions le mercredi 14 février, deux jours avant le début du mouvement. Sur les grandes lignes, la moitié des TGV, des Ouigo à grande vitesse et des Intercités seulement étaient assurés. Onze trains Eurostar sautaient également, principalement sur Paris-Bruxelles et, dans une moindre mesure, sur Paris-Amsterdam.
Les TER s'en sortaient mieux avec huit trains sur dix, mais Alain Krakovitch, alors directeur de Voyages SNCF, insistait sur les écarts d'une région à l'autre. Un voyageur en Auvergne-Rhône-Alpes et un voyageur en Bretagne ne vivaient pas le même week-end. Les Ouigo Train Classique, qui roulent sur lignes classiques et non sur LGV, circulaient normalement.
Le tri assumé entre les trains
Quand il faut supprimer la moitié d'un plan de transport, quelqu'un choisit. La SNCF a donné la priorité aux trains les plus remplis, donc aux axes vers les Alpes en pleine saison de ski. Le train de nuit Paris-Briançon, souvent le premier sacrifié dans ce genre d'épisode, a été maintenu.
La direction s'est défendue d'une logique de recette en parlant d'équilibre territorial. Le résultat, lui, se lisait sur la carte : les liaisons transversales et les dessertes de villes moyennes ont davantage trinqué que les grands axes radiaux. C'est mécanique, mais autant le dire clairement plutôt que de l'habiller.
Trois chefs de bord sur quatre en grève
Le mouvement venait des contrôleurs, ces agents que la SNCF appelle chefs de bord. Sans eux, un train ne part pas : la réglementation impose leur présence à bord pour l'ouverture des portes et la sécurité des voyageurs. Le taux de grève avancé par l'entreprise, environ trois sur quatre, explique à lui seul l'ampleur des suppressions.
Pour limiter la casse, la SNCF a mobilisé des cadres volontaires habilités à la fonction, une pratique qui permet de sauver quelques dizaines de circulations sans jamais compenser un tel taux de participation. Christophe Fanichet, patron de SNCF Voyageurs, jugeait la grève incompréhensible, formule habituelle qui n'a jamais fait revenir personne au travail.
Un collectif né hors des syndicats
La particularité de ce conflit tient à son origine. Il a été porté par le CNA, un collectif de contrôleurs constitué sur les réseaux sociaux fin 2022, en marge des organisations traditionnelles. Ce fonctionnement rend la négociation plus difficile : il n'y a pas d'appareil syndical avec qui conclure, et un accord signé au sommet ne suffit pas à faire redescendre la pression.
C'est le point que la direction a mis le plus de temps à intégrer. Négocier avec une profession organisée en collectif suppose de tenir les engagements dans le calendrier annoncé, faute de quoi le mouvement repart au premier week-end à fort enjeu. Février, avec les départs au ski, est précisément ce moment.
Le conseil qui vaut pour tous les épisodes de ce type : consulter le plan de transport la veille au soir plutôt que le matin même, car il est ajusté jusqu'au dernier moment, et privilégier un départ décalé au jeudi ou au lundi quand le calendrier le permet. Les trains encadrant le week-end de grève étaient ceux où il restait de la place.
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