Les nombreux bénéfices d'une plaque de cuisson à induction
Passer à l'induction coûte rarement le prix affiché sur l'étiquette de la table. Entre le circuit électrique à reprendre et les casseroles à remplacer, la facture réelle grimpe vite, et c'est ce calcul-là qui manque à la plupart des comparatifs.
Ce qui se passe sous la vitre
Sous la surface vitrocéramique, une bobine de cuivre parcourue par un courant alternatif à haute fréquence génère un champ magnétique variable. Ce champ induit des courants de Foucault dans le fond du récipient, à condition que ce fond soit ferromagnétique. Ce sont ces courants, plus l'hystérésis du métal, qui produisent la chaleur. La casserole chauffe donc elle-même, la plaque ne chauffe pas.
Une nuance que les fiches produit répètent de travers : la vitre ne reste pas froide. Elle ne produit pas de chaleur, mais elle en reçoit par contact avec le fond de la casserole, et elle peut monter à plus de 100 degrés. C'est pour cela que tous les modèles affichent un témoin de chaleur résiduelle. On ne pose pas la main dessus juste après avoir retiré une poêle.
L'installation électrique, le vrai point de blocage
Une table à quatre zones réclame une puissance de 6 à 7,4 kW en pointe. La norme NF C 15-100 impose pour ce type d'appareil un circuit dédié, protégé par un disjoncteur 32 A, câblé en 6 mm². Beaucoup de cuisines d'appartements anciens sont équipées d'une simple prise 16 A ou d'un ancien circuit gaz sans arrivée de courant adaptée. La reprise par un électricien se chiffre alors entre 150 et 400 euros selon la longueur à tirer.
Le rendement, sans exagération
On lit un peu partout que l'induction consomme vingt pour cent de moins que les plaques traditionnelles. La formule est floue et elle mélange tout. Les mesures publiées donnent un rendement de l'ordre de 80 à 90 % pour l'induction, contre environ 60 à 70 % pour une vitrocéramique radiante et 40 à 55 % pour le gaz, une bonne part de la flamme passant à côté de la casserole.
En pratique, sur une cuisine familiale, remplacer une vitrocéramique par une induction fait gagner entre 15 et 25 % sur le poste cuisson. Ce poste représente une part limitée de la facture d'un logement, quelques dizaines d'euros par an. L'induction s'achète pour le confort et la rapidité, pas pour l'économie : un litre et demi d'eau bout en trois à quatre minutes contre sept à huit sur une plaque radiante, et ce gain-là se sent tous les soirs.
Quel budget, pour quel usage
L'entrée de gamme commence autour de 100 à 150 euros pour deux zones, ce qui convient à un studio ou à une résidence secondaire. Une table encastrable quatre zones correcte se situe entre 300 et 600 euros. Au-delà de 1 000 euros, on paie des zones flexibles qui reconnaissent le récipient où qu'il soit posé, une sonde de température, une hotte intégrée ou une connexion à une application, fonctions dont l'intérêt dépend beaucoup de la façon dont on cuisine.
Pour qui ça vaut le coup, pour qui ça n'en vaut pas
Si vous cuisinez tous les jours, que vous faites des sauces, des caramels, des réductions, la précision de réglage change vraiment le travail. Si votre circuit électrique est déjà aux normes et que vos casseroles sont en inox magnétique, le passage est simple.
À l'inverse, dans un logement au gaz avec un tableau électrique ancien, une batterie de cuivre et une cuisine utilisée trois fois par semaine, l'addition complète dépasse facilement 800 euros pour un bénéfice modeste. Dans ce cas, une bonne vitrocéramique ou le maintien du gaz reste un choix défendable, et personne ne devrait vous faire croire le contraire.
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