Fleurs saint valentin : comment choisir ?
Le bouquet du 14 février se décide en réalité vers le 5. Passé cette date, les prix montent, les belles tiges partent en priorité aux commandes anticipées, et il ne reste souvent que des roses fatiguées vendues au prix fort. Choisir ses fleurs, c'est d'abord une question de calendrier avant d'être une question de couleur.
Le reste se joue sur trois décisions : la couleur et ce qu'elle raconte, l'espèce, et la provenance. Ces trois choix comptent davantage que le nombre de tiges ou l'épaisseur du papier cristal. Voici comment les prendre sans se laisser porter par la vitrine.
La couleur : un langage qui a ses conventions
Les significations attachées aux couleurs viennent du langage des fleurs codifié au XIXe siècle. Ce ne sont pas des lois, ce sont des conventions largement partagées, ce qui suffit à en faire un message lisible.
Le rouge domine, et de très loin. Le 14 février, il envahit les vitrines au point d'effacer tout le reste, parce qu'il dit la passion sans ambiguïté. C'est aussi la teinte la plus chère de la semaine, précisément parce que tout le monde la demande en même temps. Si vous tenez au rouge, réservez tôt : c'est la couleur qui manque en premier.
Le rose porte un message plus doux, celui de la tendresse et de la séduction naissante. Il convient bien à une relation récente, là où le rouge sonnerait comme une déclaration trop appuyée. Le blanc parle de sincérité et d'engagement durable, ce qui en fait un choix étrange pour un premier rendez-vous et un choix juste pour un anniversaire de couple.
Le vert, enfin, sort du répertoire amoureux classique. Il évoque l'harmonie et l'équilibre, et il se prête surtout à un rôle de feuillage structurant dans un bouquet plutôt qu'à un bouquet entier. Voir l'histoire de cette fête et de ses usages sur notre page consacrée à l'origine de la Saint-Valentin.
Ce qui pousse vraiment en février
La saison offre pourtant de quoi faire, et souvent pour moins cher. La tulipe est à son meilleur en février, avec une gamme de teintes qui couvre tout le spectre du rouge au blanc. La renoncule, très fournie en pétales, tient huit à dix jours en vase et fait beaucoup d'effet pour un prix modéré. L'anémone apporte du noir au coeur de la fleur, ce qui donne des bouquets graphiques qui ne ressemblent à aucun autre.
Le mimosa, lui, fleurit sur le littoral méditerranéen à cette période exacte. Il ne dit rien d'amoureux dans le langage des fleurs, il sent fort et il ne tient que quatre ou cinq jours, mais il apporte une couleur et une odeur que personne n'attend le 14 février. C'est souvent ce qui marque le plus.
Un bouquet composé de fleurs de saison coûte en général 20 à 40 pour cent de moins qu'une douzaine de roses à la même date, à volume comparable. L'écart tient au transport et à la tension sur l'offre, pas à la qualité.
Le type de fleur et ce qu'il signifie
La couleur n'est qu'une partie du message. L'espèce en porte une autre, et quelques repères suffisent pour composer un bouquet qui dise quelque chose de précis.
Le camélia évoque l'admiration, et il a l'avantage de fleurir en hiver. Le cyclamen parle de sentiments durables et se vend en pot, donc il survit à la semaine. Le dahlia porte l'idée d'abondance et de générosité, même s'il faut le chercher hors saison. Le gerbera transmet la joie, sans arrière-pensée romantique, ce qui en fait un bon choix quand on n'est pas encore sûr du terrain. Le glaïeul, plus rare aujourd'hui, dit la fierté et la conquête.
La rose, elle, module son sens selon la teinte : sincérité et raffinement en blanc, séduction en rose, passion en rouge. C'est la seule fleur dont le vocabulaire soit aussi riche, et c'est une des raisons de sa domination. Pour accompagner le bouquet d'un mot, notre sélection de citations d'amour à recopier sur une carte évite la formule toute faite du site marchand.
Le bouquet ou la plante en pot
La question se pose rarement et elle mérite mieux. Un bouquet coupé est un cadeau qui s'assume comme éphémère : il est beau une semaine, puis il disparaît. Une plante en pot, orchidée, cyclamen, jacinthe forcée, reste plusieurs mois et parfois plusieurs années.
Le choix dépend surtout de la personne. Quelqu'un qui n'a jamais réussi à garder une plante vivante recevra le pot comme une corvée déguisée. À l'inverse, la personne qui remplit ses fenêtres de verdure préférera de loin une orchidée à douze roses qui finiront à la poubelle. Regardez son appartement avant de décider, c'est un meilleur indicateur que n'importe quel guide.
Une solution intermédiaire existe et fonctionne bien : quelques tiges coupées, en petit nombre, dans un vase choisi qui reste après. On offre alors deux choses, le geste du jour et l'objet qui le prolonge. Le budget se répartit différemment, mais il ne monte pas forcément.
Acheter en boutique ou en ligne
Chez un fleuriste, vous voyez la marchandise, vous jugez l'ouverture des boutons, et vous pouvez faire modifier la composition sur place. C'est le meilleur choix quand vous offrez le bouquet en main propre le jour même.
En ligne, l'intérêt se situe ailleurs : la livraison directe au domicile ou au bureau du destinataire, la possibilité d'y joindre une carte, une photo ou un message. Le revers est connu : vous ne voyez pas le produit, et les photos de catalogue montrent des bouquets plus fournis que ceux qui arrivent. Lisez le nombre de tiges annoncé, pas l'image.
Dans les deux cas, une question à poser avant de payer : d'où viennent les fleurs. Les fleuristes engagés dans la filière française l'affichent volontiers, et le label Fleurs de France existe pour ça. Ceux qui esquivent la réponse vous vendent presque toujours de l'importation. Pour comprendre pourquoi cette fête est devenue un tel rendez-vous commercial, voir notre article sur ce que représente la Saint-Valentin aujourd'hui.
Un mot sur les grandes surfaces. Les bouquets vendus en rayon sont souvent honnêtes en rapport qualité prix, mais ils arrivent en camion réfrigéré et ont déjà passé quelques jours en chambre froide. Ils ouvrent vite. Si vous prenez cette option, achetez le matin même et recoupez les tiges dès le retour à la maison.
Faire durer le bouquet une fois offert
Un bouquet bien traité tient une semaine, mal traité trois jours. Recoupez les tiges en biseau d'un centimètre tous les deux jours, changez l'eau à chaque fois, retirez les feuilles immergées qui pourrissent et troublent l'eau. Éloignez le vase du radiateur et de la corbeille à fruits : l'éthylène dégagé par les pommes accélère le flétrissement.
Le sachet de conservateur fourni sert à quelque chose, il acidifie l'eau et nourrit la tige. À défaut, une cuillère de sucre et quelques gouttes de vinaigre blanc font un substitut acceptable. Ce sont ces gestes minuscules qui font la différence entre un cadeau qui dure jusqu'au week-end suivant et un cadeau qui finit à la poubelle le 17.
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