Les meilleurs endroits pour pratiquer le camping sauvage en France

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Le camping sauvage n'est pas interdit en France, mais le bivouac obéit à des horaires précis et à des distances de marche imposées, surtout dans les parcs nationaux. Voici où planter la tente sans risquer l'amende.

La confusion vient de deux mots qu'on emploie l'un pour l'autre. Le camping sauvage, au sens strict, c'est s'installer plusieurs jours au même endroit, souvent avec un véhicule à côté. Le bivouac, lui, tient en une nuit : on arrive au coucher du soleil, on repart au lever, on ne laisse rien. Les textes ne traitent pas ces deux pratiques de la même façon, et c'est le bivouac qui reste possible presque partout en montagne, y compris là où les panneaux semblent dire le contraire.

Ce que la loi autorise réellement

Tente légère plantée sur un plateau d'herbe rase en fin de journée

Le principe de base est libéral : hors des cas listés par le code de l'urbanisme, camper sur un terrain privé avec l'accord du propriétaire ou sur un terrain public non réglementé n'est pas illégal. Les interdictions sont des exceptions, et elles sont nombreuses : rivages de la mer, sites classés et inscrits, abords des monuments historiques, périmètres de protection des captages d'eau potable, bois classés au plan local d'urbanisme. À cela s'ajoute le pouvoir du maire, qui peut interdire le camping sur tout ou partie de sa commune par arrêté. Un arrêté municipal ne se devine pas depuis le sentier : il se consulte en mairie ou sur le site de la commune avant de partir.

Les Écrins et la Vanoise : le bivouac encadré par la montre

Dans les parcs nationaux de montagne, le camping est interdit et le bivouac autorisé. La nuance est de taille. Aux Écrins, on peut monter une tente à plus d'une heure de marche des limites du parc ou d'un accès routier, entre 19 heures et 9 heures. En Vanoise, la règle est la même à une heure près : démontage à 7 heures. Une heure de marche, dans les faits, ce sont trois à quatre kilomètres avec du dénivelé, ce qui exclut d'emblée les bords de route où tout le monde s'arrête.

Ces deux parcs ne se ressemblent pas. La Vanoise, créée en 1963, est le premier parc national français ; son cœur couvre environ 53 000 hectares entre la Tarentaise et la Maurienne, et il abrite la plus grosse population de bouquetins des Alpes. Les Écrins jouent la carte de la haute montagne : la Barre des Écrins dépasse 4 100 mètres, et une bonne partie des itinéraires demande de savoir marcher sur glacier. Ce n'est pas un terrain d'apprentissage, contrairement à ce qu'on lit souvent.

Le Vercors, la meilleure entrée en matière

Parc naturel régional et non parc national, le Vercors relève d'un régime plus souple : la charte du parc n'a pas la force réglementaire d'un décret de parc national. Avec environ 206 000 hectares sur la Drôme et l'Isère, il offre des hauts plateaux calcaires où l'on marche des heures sans croiser de route, et la réserve naturelle des Hauts Plateaux, la plus vaste réserve terrestre de France métropolitaine, y applique ses propres règles : bivouac toléré, feu proscrit, chien interdit même tenu en laisse.

Pour une première nuit dehors, c'est le terrain le plus honnête. L'eau y est le vrai sujet : le calcaire boit tout, les sources sont rares et parfois taries en août. On part avec trois litres par personne, ou on cale son itinéraire sur les citernes des cabanes.

Les volcans d'Auvergne, du bivouac accessible en famille

Le parc naturel régional des volcans d'Auvergne est le plus grand parc naturel régional de France métropolitaine, avec près de 395 000 hectares. Les chaînes des Puys, du Cantal et du Cézallier y proposent des dénivelés courts et des points d'eau fréquents, ce qui change tout quand on marche avec des enfants. Attention toutefois à la chaîne des Puys, classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2018 : la fréquentation y est encadrée de près, et le puy de Dôme n'est pas un lieu de bivouac.

Le Cézallier, plus au sud, est nettement plus discret. De vastes estives, quelques burons, un horizon qui ne s'arrête nulle part. On y dort au calme sans avoir marché huit heures.

L'Armorique, la contrainte du littoral

En Bretagne, le parc naturel régional d'Armorique couvre les monts d'Arrée, la presqu'île de Crozon et une partie de la mer d'Iroise. Les phoques gris s'observent surtout autour de l'archipel de Molène et d'Ouessant, en sortie encadrée. Mais l'idée de planter la tente dans une crique se heurte au droit : le rivage de la mer est fermé au camping, et les dunes du Finistère sont pour beaucoup des sites classés. Les monts d'Arrée, à l'intérieur des terres, laissent bien plus de latitude.

Landes et crêtes rocheuses bretonnes sous un ciel bas de fin d'après-midi

Les règles qui ne se négocient pas

  • Pas de feu, nulle part, même dans un foyer déjà noirci. En zone méditerranéenne et dans les massifs forestiers, l'interdiction est permanente une bonne partie de l'année.
  • Une tente, une nuit, un emplacement. On ne creuse pas de rigole, on ne déplace pas de pierres.
  • Tout redescend, y compris le papier hygiénique. Les déjections s'enterrent à 20 centimètres, à plus de 50 mètres d'un cours d'eau.
  • Chien tenu ou resté à la maison : dans le cœur des parcs nationaux, il est interdit, laisse comprise.

Reste une question que personne ne pose : faut-il le faire ? Une nuit dehors bien préparée vaut trois nuits de camping municipal. Une nuit dehors improvisée sur un parking, avec un arrêté municipal qu'on n'a pas lu et une bouteille d'eau pour deux, se termine mal. La différence tient à une demi-heure de préparation avant de partir.

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