Yuan Meng, le premier panda né en France, quitte le Zoo de Beauval pour la Chine

le premier panda né en France, quitte le Zoo de Beauval pour la Chine

Le 25 juillet 2023, le ZooParc de Beauval a rendu à la Chine un animal qui ne lui a jamais appartenu. Yuan Meng, premier panda géant né en France, est reparti parce que le contrat de prêt signé en 2012 le prévoyait avant même sa conception.

Un prêt, pas une acquisition

Aucun zoo au monde ne possède de panda géant. Pékin les prête, par paires, pour des durées de dix ans généralement renouvelables, contre une contribution annuelle versée au programme chinois de conservation. Le contrat comporte une clause invariable : tout petit né pendant le prêt reste propriété chinoise et rejoint le pays d'origine, en principe avant ses quatre ans.

Huan Huan et Yuan Zi sont arrivés au ZooParc de Beauval, à Saint-Aignan-sur-Cher, en janvier 2012. Cinq ans plus tard, le 4 août 2017, Huan Huan met bas deux petits, dont un seul survit : Yuan Meng, « accomplissement d'un rêve » en chinois. C'est la première naissance de panda géant en France, et l'une des rares réussites européennes en reproduction assistée.

Une matinée de convoi et un vol cargo

Le transfert a été organisé comme un transport de valeurs. Camion climatisé, escorte de motards et de véhicules de gendarmerie, soigneuse et vétérinaire à bord, pour rejoindre l'aéroport de Roissy depuis le Loir-et-Cher. Le parcours dépasse 200 kilomètres et le convoi a roulé lentement, la caisse de transport supportant mal les à-coups. Ce genre de transfert se prépare des mois à l'avance : l'animal doit apprendre à entrer seul dans sa caisse, sans sédation, faute de quoi le stress du voyage devient un vrai risque sanitaire.

Sur le tarmac, sous la pluie, l'ambassadeur de Chine en France, Sarah El Haïry, alors secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, et Brigitte Macron, marraine de l'animal, ont assisté au chargement. La Première dame a tendu une dernière tige de bambou avant que les agents ne retirent les panneaux occultants de la caisse, le temps d'une image pour la presse. Le vol Air China a décollé à 17h30.

Ce qui l'attend à Chengdu

Direction le centre de recherche et de reproduction du panda géant, dans le Sichuan. Le motif officiel est génétique : un mâle né en Europe apporte une lignée peu représentée dans le cheptel captif chinois, qui compte quelques centaines d'individus. Ses petits, s'il en a, pourront intégrer le programme de réintroduction en milieu naturel, dont les résultats restent modestes et discutés dans la communauté scientifique.

Le statut de l'espèce s'est amélioré : l'UICN a fait passer le panda géant de « en danger » à « vulnérable » en 2016, après une hausse de la population sauvage estimée à environ 1 860 individus. Cette progression tient surtout à l'extension des réserves dans le Sichuan et le Shaanxi, pas aux animaux nés en captivité, dont quelques dizaines seulement ont été relâchés.

L'effet sur le parc

Beauval a bâti une part de son image sur cet animal, avec un enclos dédié de 1 000 mètres carrés inauguré en 2012 et une boutique entière consacrée aux peluches. Le départ n'a pourtant pas vidé l'enclos : les parents étaient toujours là, sous un prêt prolongé, et les jumelles nées en 2021 aussi. C'est plutôt le symbole qui a été touché, celui du premier panda français.

Pour un visiteur, la différence était mince. Pour le parc, elle rappelait une réalité que la communication tait volontiers : un zoo qui expose des pandas loue une vitrine, sur un bail dont il ne fixe ni la durée ni les conditions de sortie.

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