Saut en parachute : Où en faire autour de La Baule ?

Saut en parachute avec instructeur
Sommaire15 sections
  1. 01La Baule-Escoublac ou Montoir-de-Bretagne : deux terrains, deux ambiances
  2. 02Tandem ou saut découverte : deux façons de commencer
  3. 03Qui peut sauter autour de La Baule
  4. 04Le déroulé complet, du parking à l'atterrissage
  5. 05Mon saut à La Baule, ce que j'en ai retenu
  6. 06Ce qui rend le secteur intéressant pour un premier saut
  7. 07Les précautions à prendre, sans dramatiser ni minimiser
  8. 08Sauter à plusieurs : groupes, anniversaires et comités d'entreprise
  9. 09Après le premier saut : continuer ou en rester là
  10. 10Les questions qui reviennent avant un premier saut
  11. 11Le prix d'un saut en parachute en tandem
  12. 12Comprendre la météo d'un terrain de saut
  13. 13Filmer son saut
  14. 14Les coffrets cadeaux de saut en parachute dans la région
  15. 15L'histoire du parachute commence au-dessus de Paris

Deux zones de saut se partagent le secteur de La Baule, à vingt kilomètres l'une de l'autre, et aucune des deux n'ouvre toute l'année. Savoir laquelle vole quel jour évite de faire la route pour rien.

C'est la question que personne ne pose avant de réserver un baptême de chute libre, et c'est pourtant celle qui décide de tout. Un centre de parachutisme n'est pas une salle de sport : il fonctionne par saison, par créneaux, avec un avion, deux ou trois moniteurs et un ciel qui décide en dernier ressort. Cet article prend le problème par la logistique plutôt que par les frissons, parce que les frissons, eux, sont garantis une fois qu'on est dans l'avion.

La Baule-Escoublac ou Montoir-de-Bretagne : deux terrains, deux ambiances

Le premier terrain est l'aérodrome de La Baule-Escoublac, installé entre Escoublac et Le Pouliguen, à une heure de route de Nantes. C'est le plus connu et le mieux placé pour un premier saut : la montée en avion se fait au-dessus de la baie, avec l'estuaire de la Loire d'un côté et les marais salants de Guérande de l'autre. Le terrain accueille aussi de l'aviation de tourisme, des baptêmes de l'air en avion, de l'hélicoptère et de l'ULM, ce qui fait qu'un jour de belle météo, le ciel y est fréquenté.

Le second est le terrain de Montoir-de-Bretagne, juste à côté de Saint-Nazaire, entre Loire et océan. Moins touristique, plus proche des chantiers navals et de l'estuaire, il attire davantage de parachutistes réguliers. Pour un baptême, l'expérience est la même, le paysage change : plus d'estuaire, moins de plage.

Les jours d'ouverture, saison par saison

À Montoir-de-Bretagne, la zone de saut fonctionne de mai à octobre les samedis, dimanches et jours fériés. En juin, juillet, août et septembre, l'ouverture s'étend aux vendredis et aux lundis. À La Baule, les sauts ont lieu tous les week-ends au sens large, du jeudi au lundi inclus, plus les jours fériés, de mai à fin octobre.

Ces plages d'ouverture bougent d'une saison à l'autre, elles dépendent des moniteurs disponibles et de l'état de l'avion. Elles donnent surtout une règle simple à retenir : entre novembre et avril, il ne se passe rien. Un cadeau offert à Noël attendra le printemps, et c'est la première chose à dire à celui qui déballe la boîte.

Aérodrome de La Baule

Le terrain propose plus que le parachutisme : baptêmes de l'air, cours de pilotage, vols d'initiation et de perfectionnement, hélicoptère et ULM avec transport de passagers, aviation de tourisme et d'affaires. Le saut en tandem s'y intègre au milieu du reste du trafic, ce qui explique les attentes en pleine saison.

Aérodrome de La Baule - Le Pouliguen
BP 30112 - 44510 LE POULIGUEN
Tél. 02 40 23 46 00
www.baule-aeroport.com

Les horaires et les coordonnées des clubs changent au fil des saisons, un appel avant de prendre la route reste la meilleure des vérifications.

Tandem ou saut découverte : deux façons de commencer

Le saut en tandem représente l'immense majorité des premiers sauts. Un harnais bi place relie le passager à un moniteur professionnel qui gère la sortie, la position en chute, l'ouverture de la voile et l'atterrissage. Le passager n'a rien à savoir faire, et c'est précisément l'intérêt : vingt minutes de briefing suffisent, contre une demi-journée de formation pour les autres formules.

Le saut découverte, parfois appelé saut à ouverture automatique, fonctionne autrement. Le pratiquant saute seul, avec son propre parachute, encadré par deux moniteurs de chute libre qui volent à côté de lui. Il ouvre lui même sa voile et la pilote jusqu'au sol, guidé à la radio. La sensation d'autonomie est sans comparaison, la préparation aussi : formation au sol obligatoire, matinée entière, et un vrai engagement physique.

Un mot de vocabulaire au passage, parce que les termes circulent mal. Le parachutisme consiste à sauter d'un aéronef en vol. Quand on s'élance d'un point fixe, falaise, pont ou immeuble, il s'agit de saut de base, une discipline sans rapport en termes de risque et de niveau requis. Et quand on est tracté par un bateau sous une voile ouverte, on parle de parachute ascensionnel au-dessus de la baie de La Baule, une activité de plage qui n'implique aucun saut. Les trois se retrouvent régulièrement mélangés dans les brochures.

Le briefing du tandem dure entre dix et vingt minutes, généralement quinze. Il tient en trois positions : le dos cambré et le menton relevé à la sortie, les jambes repliées vers l'arrière pendant la chute, les jambes tendues vers l'avant à l'atterrissage. Écoutez vraiment cette partie. C'est court, c'est concret, et c'est ce qui distingue un tandem agréable d'un tandem où le moniteur passe son temps à corriger la position de son passager. Ce genre d'apprentissage express fonctionne comme celui de la conduite d'un van, on retient trois gestes et le reste vient tout seul, ce que confirmeront ceux qui ont testé les vans aménagés pour partir à l'aventure.

Moniteur et passager en tandem sous voile ouverte au-dessus de la côte

Qui peut sauter autour de La Baule

Les conditions varient d'un club à l'autre, ce qui explique les chiffres contradictoires qu'on lit en ligne. Celles pratiquées sur ces terrains donnent un bon ordre d'idée.

  • À prévoir
    • Des vêtements confortables, dans lesquels on peut s'accroupir sans réfléchir
    • Des chaussures de sport fermées, sans crochets ni lacets qui dépassent
  • Conditions particulières
    • Âge minimum de 14 ans, avec autorisation parentale écrite pour les mineurs
    • Taille maximale de 1,95 m
    • Poids maximum de 85 kg, une limite liée à la surface de voile et à la vitesse d'arrivée au sol, pas à l'esthétique
    • Certificat médical demandé au-delà de 60 ans
    • Un minimum de tonicité musculaire : l'atterrissage se réceptionne, et une articulation fragile se rappelle à vous
  • Informations pratiques
    • La caméra personnelle est interdite, y compris fixée au poignet. À 200 km/h, un objet qui se détache devient dangereux pour tout le monde
    • L'activité dépend de la météo, et le club décide seul

Le déroulé complet, du parking à l'atterrissage

Votre aventure commence par un briefing d'environ quinze minutes dans les locaux du club, à l'aérodrome. L'instructeur montre comment se placer en chute libre et à l'atterrissage, puis donne les consignes de sécurité. Vient ensuite l'équipement : combinaison, lunettes de protection, harnais bi place que le moniteur ajustera une dernière fois au pied de l'avion.

On ne décolle que si les conditions le permettent, et cette phrase recouvre beaucoup d'attente. Une fois à bord, la montée dure une vingtaine de minutes. C'est le moment le plus long et, curieusement, le plus détendu : par le hublot défilent la baie de La Baule, l'estuaire de la Loire, les marais salants de Guérande, et tout le monde bavarde. La tension revient d'un coup à 3000 ou 4000 mètres, quand la porte s'ouvre.

La chute libre dure entre 40 et 50 secondes, à une vitesse qui atteint 200 km/h. Ce n'est pas une sensation de chute mais de portance : l'air soutient le corps et le vent occupe toute l'attention. Les moniteurs déploient la voile vers 1500 mètres, altitude qu'ils lisent sur un altimètre porté au poignet. Le vol sous voile dure ensuite de cinq à huit minutes, avec la possibilité, si la météo est calme, de prendre les commandes quelques instants pour sentir la voile tourner.

L'atterrissage est géré par le moniteur, qui vise la zone de largage et pose l'ensemble en glissant, jambes tendues vers l'avant. Une fois au sol, il plie sa voilure pendant que vous rejoignez le groupe, et il faut souvent quelques minutes avant de retrouver des jambes normales.

Mon saut à La Baule, ce que j'en ai retenu

J'ai fait ce saut il y a quelques années, un jour d'été parfaitement dégagé, sur un coup de tête préparé depuis des mois. Inscription en tandem, rendez vous en début d'après midi, un moniteur qui m'a demandé mon poids avant de me demander mon prénom.

Ce dont je me souviens le mieux n'est pas la chute. C'est l'attente : deux heures à regarder les rotations de l'avion, à voir revenir les groupes précédents avec des sourires idiots, et à essayer de deviner ce que ça fait. La montée m'a paru courte. L'ouverture de la porte, elle, m'a paru durer une minute alors qu'elle a duré trois secondes.

Une minute au-dessus de la baie

La chute libre s'est jouée en une petite minute, à 200 km/h, et c'est la partie dont on ne garde qu'un souvenir de sensations, pas d'images : le bruit, le vent, la joue qui se déforme. Puis la voile s'est ouverte et le silence est tombé d'un coup. Presque dix minutes de vol tranquille, à voir la plage, les marais salants et les bateaux d'assez haut pour tout embrasser d'un regard. C'est cette partie que je referais demain.

À l'atterrissage, j'étais euphorique et incapable d'aligner deux phrases. Le moniteur, lui, était déjà en train de plier. Je ne regrette rien de cette journée et je la recommande, avec une réserve honnête : si vous détestez attendre, prenez le premier créneau de la matinée.

Ce qui rend le secteur intéressant pour un premier saut

Sauter au-dessus d'un littoral n'améliore pas la chute libre, personne ne regarde le paysage à 200 km/h. Le bénéfice se joue ailleurs, sur deux points concrets.

Le premier tient au repère visuel. Le trait de côte, la baie, l'estuaire donnent au cerveau quelque chose à comprendre pendant le vol sous voile, ce qu'une plaine agricole n'offre pas. On sait où l'on est, on suit sa position, et cela calme mieux qu'un discours. C'est aussi ce qui fait de la région une destination de voyage de noces plutôt réussie pour ceux qui cherchent un souvenir marquant.

Le second tient à l'encadrement. Un club qui vit du baptême de chute libre pendant six mois de l'année a un intérêt direct à ce que les passagers ressortent contents, et ces structures disposent d'une assurance professionnelle obligatoire pour ce type d'activité. Demander à voir l'attestation n'a rien d'agressif, c'est une question qui se pose sans gêne à l'inscription.

Les précautions à prendre, sans dramatiser ni minimiser

Le parachutisme est encadré, mais ce n'est pas une attraction de fête foraine. Quatre précautions valent d'être rappelées, et la quatrième contredit ce qu'on lit souvent.

La première : sauter avec un moniteur qualifié, dans un club affilié, sur un terrain déclaré. Cela paraît évident, cela reste la seule garantie sérieuse.

La deuxième : être honnête sur son état de santé. Un problème cardiaque, une épaule qui se déboîte, une opération récente, une grossesse, cela se signale à l'inscription et non dans l'avion. Le moniteur n'est pas médecin, il ne devine rien.

La troisième : arriver reposé et avoir mangé. Un passager à jeun qui a mal dormi supporte mal la montée en altitude, et les malaises constatés le sont presque toujours avant le saut, pas pendant.

La quatrième corrige une consigne dangereuse qui traîne sur beaucoup de pages consacrées au sujet : on n'atterrit jamais la tête la première. En tandem, l'arrivée se fait assis, jambes tendues vers l'avant et relevées, le moniteur derrière vous absorbant le contact. La position se répète pendant le briefing pour une raison simple : c'est le seul moment du saut où le passager peut se blesser tout seul.

Restent quelques conseils de bon sens que l'on retrouve dans toutes les activités à sensations, du même ordre que les conseils pour attirer l'attention de quelqu'un ou les méthodes pour atténuer la cellulite : la préparation compte plus que le moment lui même, et les promesses spectaculaires méritent toujours d'être lues deux fois. Vêtements adaptés, lunettes attachées ou laissées à terre, bijoux et téléphone au vestiaire, et l'assurance que quelqu'un pourra conduire au retour si vous êtes trop secoué.

Sauter à plusieurs : groupes, anniversaires et comités d'entreprise

Une bonne partie des baptêmes se fait en groupe, et cela change l'organisation. Enterrement de vie de garçon ou de jeune fille, anniversaire, sortie de comité d'entreprise, cadeau collectif de départ à la retraite : les clubs ont l'habitude, mais ils raisonnent en places dans l'avion.

Un avion de club emporte quelques tandems par rotation, moniteurs compris. Six personnes qui veulent sauter le même jour occupent donc deux ou trois rotations, ce qui suppose une réservation groupée annoncée à l'avance, souvent plusieurs semaines. Débarquer à huit un dimanche de juillet en espérant sauter dans la journée relève de l'optimisme.

Deux points valent d'être réglés avant de lancer une cagnotte. Le premier : vérifier les poids et les âges de tout le monde, parce qu'une personne refoulée le jour J au motif d'une limite de poids gâche la journée entière. Le second : décider qui filme. Dans un groupe, un seul forfait vidéo bien placé donne des images de tout le monde à l'atterrissage, ce qui coûte moins cher que six forfaits individuels.

Les accompagnateurs qui ne sautent pas ne s'ennuient pas forcément : on suit les rotations depuis le bord de piste, on voit les voiles s'ouvrir, et les atterrissages se regardent très bien de loin. Prévoyez de quoi vous asseoir, il n'y a pas de tribune sur un terrain de parachutisme.

Après le premier saut : continuer ou en rester là

Une partie de ceux qui font un tandem redescendent en demandant le prix du suivant. C'est le moment de savoir ce qui existe au-delà du baptême, parce que la suite n'est pas un deuxième tandem.

La progression accompagnée en chute, souvent appelée PAC, constitue le vrai premier niveau de formation. L'élève saute avec son propre équipement, encadré en l'air par deux moniteurs qui le tiennent puis le lâchent, et il ouvre lui même sa voile. Le cursus se compte en sauts, avec une progression codifiée par la fédération, et il aboutit à l'autonomie sous voile. Le coût du cycle complet représente plusieurs fois celui d'un tandem, mais le calcul change dès qu'on additionne trois ou quatre baptêmes payés au tarif touriste.

Reste la question du temps. Un parachutiste autonome saute sur des week-ends entiers, à des heures dictées par la météo, et le matériel personnel finit par s'acheter. Ce n'est pas une activité qu'on pratique une fois par an, contrairement au tandem. Autant le savoir avant de se lancer, comme on se renseigne avant tout engagement technique un peu lourd, du choix d'un club à celui d'un artisan pour des travaux : la même méthode s'applique pour choisir un installateur de panneau photovoltaïque, comparer les structures, regarder l'ancienneté, poser les questions gênantes.

Les questions qui reviennent avant un premier saut

Est ce qu'on a le vertige en chute libre ?

Non, et c'est le point le plus contre intuitif de l'affaire. Le vertige se déclenche quand le regard dispose de repères verticaux proches, un balcon, une échelle, une falaise. À 4000 mètres, aucun repère de ce genre n'existe, le sol ressemble à une carte, et la plupart des gens qui ne supportent pas de monter sur un toit sautent sans difficulté particulière.

Est ce que l'estomac remonte comme dans les montagnes russes ?

Presque jamais. La sensation de chute au ventre vient de l'accélération soudaine par rapport à un siège que l'on quitte. En sortant d'un avion qui vole déjà à 150 km/h horizontalement, la bascule se fait en douceur et le corps atteint sa vitesse de chute en quelques secondes, sans à coup.

Que se passe t il si la voile ne s'ouvre pas ?

Chaque équipement de tandem embarque une voile principale, une voile de secours pliée par un professionnel agréé, et un déclencheur de sécurité électronique qui ouvre le secours si l'ensemble descend encore trop vite à une altitude donnée. Le moniteur s'entraîne aux procédures de secours et effectue plusieurs centaines de sauts par saison. Le risque n'est pas nul, aucun sport aérien n'a un risque nul, mais il est encadré par un empilement de dispositifs.

Peut on porter des lunettes ou des lentilles ?

Les lunettes de vue se portent sous les lunettes de protection fournies, à condition qu'elles tiennent. Les lentilles ne posent pas de problème, le masque protège du vent. Les objectifs qui glissent, les boucles d'oreilles pendantes et les élastiques à cheveux mal serrés se retirent avant l'embarquement.

Combien de temps faut il pour réserver ?

De quelques jours en mai à plusieurs semaines en août. Les clubs ouvrent leurs plannings au printemps et les créneaux de haute saison partent vite. Une réservation prise en février pour un week-end de juin coûte le même prix qu'une réservation prise en catastrophe, avec beaucoup moins de stress.

Le prix d'un saut en parachute en tandem

Le parachutisme coûte cher, et il y a une raison mécanique à cela : chaque saut suppose un avion qui monte à 4000 mètres, du carburant, un pilote, un moniteur, du matériel contrôlé et une voilure remplacée régulièrement. Le prix moyen d'un tandem se situe entre 200 et 400 euros selon les centres et la période, avec une majorité d'offres autour de 250 euros.

Ce prix comprend en général la location du matériel, la licence de la journée, la montée en avion et les honoraires du moniteur. Il ne comprend presque jamais le reportage photo et vidéo, facturé à part. La hausse du prix du carburant aviation a poussé les tarifs vers le haut depuis 2022, ce que les centres expliquent volontiers si on leur pose la question.

Comparer a du sens, à condition de comparer la même chose : altitude de largage, durée de chute libre annoncée, présence ou non de la vidéo, et distance à parcourir. Un saut à 220 euros à trois heures de route revient plus cher qu'un saut à 260 euros à quarante minutes, essence et journée perdue comprises.

Comprendre la météo d'un terrain de saut

Un club qui annule n'a rien à y gagner : il perd une rotation, du carburant déjà payé et une journée de moniteur. Comprendre ses critères évite de le prendre pour de la mauvaise volonté.

Le vent au sol commande tout. Au-delà d'une certaine vitesse, variable selon les voiles et le niveau des pratiquants, l'atterrissage devient hasardeux, surtout avec un passager qui ne sait rien faire. Les rafales comptent autant que la moyenne : un vent régulier de vingt kilomètres heure gêne moins qu'un vent irrégulier qui monte à quarante par intermittence. Sur un terrain côtier, la brise thermique se lève en milieu de journée et retombe en fin d'après midi, ce qui explique les créneaux du matin et ceux de dix-huit heures.

Le plafond nuageux vient ensuite. La réglementation impose de larguer en vue du sol, avec des distances minimales par rapport aux nuages. Une couche à 1200 mètres suffit à bloquer une journée entière alors que le ciel paraît praticable depuis le parking. Un ciel gris uniforme et haut peut au contraire laisser voler sans problème.

La visibilité horizontale complète le tableau. Brume de mer, brouillard d'estuaire, fumée : le moniteur doit repérer sa zone d'atterrissage pendant la descente. Les matinées de septembre commencent souvent dans la brume et se dégagent vers onze heures, ce qui donne des journées très productives une fois lancées.

S'habiller selon la saison

À 4000 mètres, il fait entre quinze et vingt degrés de moins qu'au sol. Un jour d'août à vingt-huit degrés, la température de largage tourne autour de dix degrés, et le vent relatif à 200 km/h fait le reste. La combinaison fournie par le club fait une bonne partie du travail, mais ce qui compte se joue en dessous.

  • En mai ou en octobre, un tee-shirt à manches longues et un pantalon fin sous la combinaison. Le froid en chute ne dure qu'une minute, celui du vol sous voile dure huit minutes.
  • En plein été, des vêtements légers suffisent, mais évitez le short : les sangles du harnais serrent sur les cuisses et la peau nue marque.
  • Des chaussettes montantes et des baskets fermées, toute l'année. Les sandales sont refusées partout.
  • Les cheveux longs attachés bas, jamais en chignon haut qui gêne le casque du moniteur juste derrière votre tête.

Un détail que personne ne mentionne : prévoyez de quoi vous changer et de l'eau. Entre le stress, l'attente au soleil et la combinaison, on ressort d'un tandem plus fatigué qu'on ne l'imaginait, et la route du retour se fait mieux après une pause.

Filmer son saut

Se filmer soi même est interdit, pour la raison déjà évoquée : un objet mal fixé à 200 km/h est un projectile, et une caméra tenue à bout de bras déséquilibre la position en chute. L'option existe donc uniquement sous forme de forfait, avec une caméra portée par le moniteur ou par un cameraman volant à côté du tandem.

Le rendu n'a rien à voir. Un cameraman dédié filme de face, pendant toute la chute, et livre une vidéo montée de quelques minutes avec les images du sol au décollage. Le forfait poignet coûte moins cher et donne un plan fixe où l'on voit surtout un visage déformé par le vent, ce qui a son charme. Dans les deux cas, la décision se prend à l'inscription, pas au pied de l'avion.

Voir la video sur YouTube

Vidéo de mon saut en parachute à La Baule.

Les coffrets cadeaux de saut en parachute dans la région

Certaines box sont dédiées au saut en parachute dans une zone géographique précise, ce qui règle la question de la distance. En cherchant du côté des coffrets disponibles en ligne, on trouve une Wonderbox Aventure consacrée au saut en parachute autour de Nantes, affichée à euros au moment où ces lignes ont été écrites.

Coffret cadeau Wonderbox pour un saut en parachute autour de Nantes
Wonderbox - Coffret Cadeau - Aventure - Saut en Parachute - Autour De Nantes - 1 Saut en Parachute en Tandem Autour De Nantes

Le descriptif promet un saut en tandem depuis l'un des deux sites retenus en Pays de la Loire, chute libre à 200 km/h puis vol sous voile au-dessus de la côte. La formule vaut ce que vaut le réseau de partenaires : deux sites, c'est peu si l'un des deux ferme, c'est suffisant quand on habite le secteur.

D'autres enseignes proposent des baptêmes comparables. Deux exemples courants chez Smartbox :

  1. Le saut à ouverture automatique à 1100 mètres en solo. Le pratiquant saute seul, la voile s'ouvre automatiquement à la sortie de l'avion, et la descente se fait sous voile guidée à la radio. Aucune chute libre au programme, contrairement à ce que l'illustration de la boîte laisse parfois croire, mais une formation au sol le matin même.
  2. Le coffret cadeau de saut en parachute en tandem avec instructeur. Un saut pour une personne, une vingtaine de sites en France, briefing, équipement, montée à 4000 mètres, environ une minute de chute libre à 200 km/h et ouverture vers 1000 mètres. C'est la formule classique, celle qui correspond à ce que la plupart des gens ont en tête quand ils disent vouloir sauter en parachute.

Qu'appelle t on un baptême de parachute ? Un saut réalisé avec un instructeur qualifié, en tandem, qui se déroule en trois temps : la sortie de l'avion en vol, la chute libre, puis l'ouverture de la voile et la descente. Rien de plus, rien de moins, et surtout aucune formation préalable.

Un dernier point pratique, souvent oublié au moment de choisir entre les deux terrains du secteur : le stationnement et l'accès. Les aérodromes se rejoignent en voiture, pas en transport en commun, et le covoiturage avec un accompagnateur reste la solution la plus simple quand on redoute d'être secoué au retour. Le club indique en général un point de rendez vous précis sur le terrain, hangar ou bungalow, qui n'est pas l'entrée principale de l'aérodrome. Repérez le sur une carte avant de partir, cela évite vingt minutes de tour du grillage un dimanche matin.

L'histoire du parachute commence au-dessus de Paris

Le 22 octobre 1797, André-Jacques Garnerin, né en 1769, monte en ballon à hydrogène au-dessus du parc Monceau, à Paris, jusqu'à environ 1000 mètres. Il coupe la liaison avec le ballon et redescend sous une voilure de sept mètres de diamètre reliée à un panier par des suspentes. C'est le premier saut en parachute de l'histoire depuis un aéronef.

Léonard de Vinci avait dessiné l'idée trois siècles plus tôt. Le Français Louis-Sébastien Lenormand avait testé en 1783 un dispositif à mi chemin entre le parachute et deux parapluies, en sautant de la tour de l'observatoire de Montpellier. Mais c'est Garnerin qui, le premier, a conçu et testé un parachute capable de ralentir la chute d'un homme depuis une haute altitude.

Gravure du premier saut en parachute d'André-Jacques Garnerin en 1797

L'idée lui serait venue en captivité pendant la Révolution française, dans une prison hongroise où il a passé trois ans : comment utiliser la résistance de l'air pour descendre d'un rempart. Il n'a jamais mis ce plan d'évasion à exécution, mais il n'a pas lâché le sujet.

Le saut de 1797 s'est mal passé et bien terminé. Faute de cheminée d'air au sommet de la voilure, le parachute a oscillé violemment pendant toute la descente, et Garnerin s'est posé secoué mais indemne à quelques centaines de mètres du point de départ. Deux ans plus tard, en 1799, son élève et future épouse Jeanne-Geneviève Labrosse devient la première femme à sauter en parachute. En 1802, Garnerin recommence à Londres depuis environ 2400 mètres. Il meurt le 18 août 1823, tué par une poutre sur un chantier de construction de ballon.

Le doodle Google du 22 octobre 2013

Google a consacré le 22 octobre 2013 un doodle interactif à ce premier saut, pour son 216e anniversaire. Le jeu laissait diriger le parachute de Garnerin avec les flèches du clavier ou en inclinant le téléphone, et se terminait par un atterrissage plus ou moins réussi selon l'adresse du joueur.

Doodle Google interactif célébrant le premier saut en parachute

La comparaison des chiffres donne la mesure du chemin parcouru en deux siècles. Garnerin sautait de 1000 mètres sous une toile de soie sans cheminée d'air, avec un panier d'osier en guise de harnais. Un tandem contemporain part de 4000 mètres, sous une voile rectangulaire pilotable, avec un déclencheur de sécurité qui ouvre la voile de secours si rien ne s'est passé à une altitude donnée. La sensation, elle, n'a probablement pas beaucoup changé au moment de sauter dans le vide.

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